Folarin Balogun au cœur d’un bras de fer FIFA-Belgique avant le huitième

Polémique à la Coupe du monde après la levée de suspension de l'Américain par la FIFA, accusée d'avoir cédé aux pressions de Donald Trump. La Belgique et l'UEFA dénoncent un scandale.

Folarin Balogun au cœur d'un bras de fer FIFA-Belgique avant le huitième
Illustration Sandra Lemoine / info.fr

À la veille du huitième de finale États-Unis - Belgique, la FIFA a suspendu la sanction de Folarin Balogun, exclu en seizième. Une décision qualifiée d'inédite, que l'Union belge et l'UEFA jugent dictée par des pressions politiques venues de Washington.

L’essentiel

  • Carton rouge contesté : Folarin Balogun a reçu un carton rouge direct le 2 juillet contre la Bosnie-Herzégovine (victoire 2-0 des États-Unis), ce qui devait le suspendre pour le huitième de finale face à la Belgique.
  • Décision surprise de la FIFA : Le 5 juillet, la commission de discipline de la FIFA a suspendu la sanction pour une période probatoire d’un an, rendant Balogun éligible pour le match du 7 juillet.
  • Pressions politiques : Le président américain Donald Trump a téléphoné à Gianni Infantino pour réclamer une réévaluation, selon le Washington Post.
  • Colère belge : L’Union royale belge (RBFA) a dénoncé un « déni de fair-play » et l’UEFA parle d’une « ligne rouge franchie ». La Belgique a intenté un appel rejeté en urgence.

Ce qui s’est passé : une suspension levée en 48 heures

L’attaquant américain Folarin Balogun, meilleur buteur des États-Unis dans ce Mondial avec trois réalisations, avait écopé d’un carton rouge direct à la 73e minute du seizième de finale face à la Bosnie-Herzégovine, pour un tacle jugé dangereux sur Tarik Muharemovic. La sanction automatique : un match de suspension, qui l’aurait privé du choc contre la Belgique prévu ce 7 juillet.

Pourtant, le 5 juillet, la commission de discipline de la FIFA a annoncé avoir suspendu cette suspension pour une période probatoire d’un an, en vertu de l’article 27 de son code disciplinaire. Balogun est donc éligible pour affronter les Diables Rouges. La fédération internationale n’a pas communiqué les motifs écrits de sa décision, mais le Washington Post a révélé que Donald Trump a personnellement téléphoné à Gianni Infantino pour réclamer une « réévaluation » du carton.

La Belgique et l’UEFA crient au scandale

La nouvelle a provoqué une onde de choc à Bruxelles. Dans un communiqué, l’Union royale belge des sociétés de football-association (URBSFA) s’est dite « abasourdie » et a contesté l’éligibilité du joueur. Le sélectionneur Rudi Garcia a ironisé en conférence de presse : « Nous sommes le 5 juillet, pas le 1er avril. Je pensais avoir tout vu dans le football, mais là, la FIFA dépasse les bornes. »

L’UEFA n’a pas été en reste. Dans un communiqué cinglant, l’instance européenne a estimé que la FIFA avait « franchi une ligne rouge » et pris une décision « incompréhensible et injustifiable », mettant en péril l’intégrité du sport. D’autres sélectionneurs, comme l’Anglais Thomas Tuchel, ont également critiqué ce traitement de faveur, s’interrogeant sur les critères qui ont conduit à une telle clémence.

Un précédent qui interroge

Cette affaire ravive les débats sur l’indépendance de la FIFA face aux pressions politiques. En 2015, déjà, l’organisation avait été ébranlée par des accusations de corruption lors de l’attribution des Coupes du monde. Mais jamais, dans l’histoire récente, une suspension de match n’avait été levée après une intervention directe d’un chef d’État. L’ancien arbitre international Stéphane Lannoy, interrogé par L’Équipe, a jugé la décision « scandaleuse » : « Si chaque président peut appeler Infantino pour ses joueurs, le code disciplinaire ne sert plus à rien. »

La Belgique a tenté de faire appel en urgence, mais la FIFA a rejeté sa requête faute de temps, imposant à la fédération belge un délai de quelques heures sans lui transmettre les motifs écrits. Un « déni de procédure », selon l’avocat de l’URBSFA.

Contexte dans les Alpes-Maritimes

Folarin Balogun évolue à l’AS Monaco depuis l’été 2023. Dans le département des Alpes-Maritimes, où le club princier est une institution, cette polémique est suivie de près. L’attaquant de 25 ans (né le 3 juillet 2001 à New York) s’est imposé comme l’un des cadres de l’équipe américaine. Son club, par la voix de son directeur sportif, s’est refusé à tout commentaire, renvoyant vers la sélection américaine. Mais dans les travées du stade Louis-II, on s’interroge : cette affaire pourrait-elle avoir des répercussions sur le moral du joueur ? Et au-delà, sur l’image du football américain, déjà en pleine expansion depuis la Coupe du monde 2026 co-organisée par les États-Unis ?

Le football français, par l’intermédiaire de la FFF, n’a pas officiellement réagi, mais plusieurs clubs professionnels ont exprimé leur inquiétude via le syndicat des joueurs (UNFP), craignant un précédent fâcheux pour l’intégrité des compétitions.

Prochaine étape : le choc États-Unis - Belgique

Le huitième de finale de la Coupe du monde 2026 entre les États-Unis et la Belgique se jouera ce 7 juillet. Balogun est attendu titulaire. La Belgique, solide vainqueur du Sénégal en seizième (3-2) après avoir terminé première de son groupe (victoires contre la Nouvelle-Zélande, match nul contre l’Iran et l’Égypte), devra composer avec ce contexte brûlant. Rudi Garcia a prévenu : « Nous jouerons notre football, avec nos valeurs. Sur le terrain, il n’y aura pas de passe-droit. »

Sandra
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Sources

Sandra Lemoine

Sandra Lemoine

Sandra est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisée dans le tennis et les sports individuels (natation, judo, athlétisme). Elle lit chaque match au prisme des classements ATP/WTA, des chronos et des têtes de série, replace tout résultat dans le calendrier des Grands Chelems et des échéances olympiques, et bannit l'approximation statistique.

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