Fonction publique : le dialogue salarial rompu, grève le 29 septembre
Le rendez-vous salarial du 8 juillet 2026 s'est soldé par un départ collectif des syndicats, qui appellent à la grève nationale à la rentrée
Réunis le 8 juillet à Bercy pour le premier rendez-vous salarial depuis trois ans, le gouvernement et les syndicats de la fonction publique se sont quittés sans accord. Face au refus de dégeler le point d'indice, les huit organisations représentatives appellent à une grève nationale le 29 septembre 2026.
L’essentiel
- Fait 1 : le 8 juillet 2026 s’est tenu à Bercy le premier « rendez-vous salarial » de la fonction publique depuis 2023, présidé par le ministre des Comptes publics David Amiel.
- Fait 2 : le gouvernement a rejeté toute hausse générale du point d’indice, gelé à 4,92278 € depuis juillet 2023.
- Fait 3 : selon le cabinet du ministre, une revalorisation de seulement 1 % coûterait 2,4 milliards d’euros aux employeurs publics.
- Fait 4 : les huit syndicats représentatifs de la fonction publique ont quitté la table des négociations.
- Fait 5 : une journée nationale de grève et de mobilisation est appelée pour le 29 septembre 2026.
Un rendez-vous qui tourne court à Bercy
Le rendez-vous salarial de la fonction publique n’avait pas été organisé depuis trois ans. Le 8 juillet 2026, gouvernement et organisations syndicales se sont enfin retrouvés à Bercy, sous la présidence du ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel. L’attente était forte côté syndical, après des années de gel du point d’indice. Elle a été de courte durée. Dès l’ouverture de la réunion, le gouvernement a fait savoir qu’aucune revalorisation générale des salaires n’était envisagée pour 2026, invoquant l’état des finances publiques, selon l’AFP.
La CGT Fonction publique a réagi le même jour par un communiqué au ton sans détour, qualifiant la réunion de « mascarade » et dénonçant ce qu’elle décrit comme un mépris de l’exécutif pour le pouvoir d’achat des agents. Sur X, franceinfo a résumé la séquence en quelques mots.
2,4 milliards d’euros, le chiffre qui bloque tout
Le blocage tient à un chiffre. Selon le cabinet de David Amiel, cité par la Banque des Territoires, une hausse de seulement 1 % de la valeur du point d’indice représenterait un coût de 2,4 milliards d’euros pour l’ensemble des employeurs publics, État, collectivités locales et hôpitaux confondus. Dans un contexte de déficit public jugé préoccupant par l’exécutif, cette somme a suffi à fermer la porte à toute négociation collective. Le gouvernement met en avant des mesures ciblées : des promotions accordant entre 25 et 75 points d’indice supplémentaires, réservées à 30 000 agents de l’État chaque année. Un dispositif que les syndicats jugent dérisoire au regard du nombre total d’agents publics, largement au-delà des seuls bénéficiaires de ces promotions.
Le point d’indice gelé depuis trois ans
La valeur du point d’indice, qui sert de base au calcul du traitement de la quasi-totalité des agents publics, reste fixée à 4,92278 euros. Elle n’a pas bougé depuis juillet 2023, selon les données compilées par Naudrh. Ce gel prolongé a produit un effet mécanique connu sous le nom de tassement des grilles indiciaires : les bas de grille se rapprochent dangereusement du Smic, obligeant l’État à compenser. Depuis la revalorisation du salaire minimum au 1er juin 2026, le ministère de l’Économie et des Finances recense ainsi 862 000 agents publics bénéficiaires d’une indemnité différentielle, un mécanisme correctif plutôt qu’une véritable revalorisation salariale.
Huit syndicats, une seule sortie
Fait rare, les huit organisations syndicales représentatives de la fonction publique ont fait bloc. Face au refus gouvernemental, elles ont collectivement quitté la table des négociations, selon l’AFP. Solidaires a publié sur X un message sans ambiguïté sur la suite du mouvement.
Cette unité syndicale intervient après un autre échec, survenu la veille : le mardi 7 juillet 2026, l’ensemble des syndicats avait déjà rejeté à l’unanimité un projet de réforme des congés maladie dans la fonction publique. Deux revers en deux jours, qui expliquent la tonalité très dure des communiqués publiés le 8 juillet.
Contexte dans la fonction publique territoriale
Le point d’indice ne concerne pas que les agents de l’État. Il s’applique aux trois versants de la fonction publique : État, hospitalière et territoriale. Les collectivités locales, communes, départements et régions, en sont donc directement affectées, en tant qu’employeurs comme en tant que financeurs. L’indemnité différentielle liée au relèvement du Smic touche également des agents territoriaux, souvent en bas de grille dans les filières technique ou administrative des mairies et intercommunalités. Un gel prolongé du point d’indice pèse mécaniquement sur les budgets de personnel des collectivités, qui doivent par ailleurs composer avec leurs propres contraintes financières. Ce sujet, suivi de près par les associations d’élus locaux, s’inscrit dans un débat plus large sur le pouvoir d’achat des agents publics que nous continuerons de suivre.
Prochaine étape : le 29 septembre
Faute d’accord, l’intersyndicale a maintenu et renforcé son appel à une journée nationale de grève et de manifestations. La mobilisation est fixée au mardi 29 septembre 2026, selon la CGT. D’ici là, aucune nouvelle réunion salariale n’a été annoncée par le gouvernement.