Fontainebleau : 800 ha brûlés, Nuñez évoque une origine volontaire
Le ministre de l'Intérieur privilégie la piste criminelle après la découverte de dix départs de feu simultanés dans le massif de Seine-et-Marne
Un incendie d'une ampleur inédite a ravagé 800 hectares de la forêt de Fontainebleau depuis le 12 juillet. Laurent Nuñez a déclaré ce lundi que l'origine pourrait être volontaire. Plus de 500 pompiers et deux Canadair sont mobilisés.
L’essentiel
- Surface brûlée : 800 hectares, soit 5 % du massif de Fontainebleau
- Moyens déployés : plus de 500 sapeurs-pompiers, 130 engins, 2 Canadair (première en Île-de-France)
- Évacuations : environ 900 personnes
- Piste privilégiée : origine volontaire (10 départs de feu simultanés dans un rayon d’1 km)
- Enquête : procédure judiciaire ouverte, confiée à la gendarmerie nationale
Dix départs de feu dans un périmètre restreint
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est rendu ce lundi 13 juillet dans la forêt de Fontainebleau pour un point de situation avec les secours. Selon le ministre, l’incendie pourrait être d’origine volontaire. « Une dizaine de points de départ simultanés ont été détectés dans un périmètre d’environ mille mètres », a-t-il déclaré. Cette configuration inhabituelle oriente fortement l’enquête vers la piste criminelle.
Une enquête judiciaire a été ouverte et confiée à la gendarmerie nationale. Les investigations visent à identifier l’origine exacte des foyers d’incendie et à déterminer les responsabilités. Aucune interpellation n’a été annoncée à ce stade.
Un brasier d’une ampleur exceptionnelle
Le feu s’est déclaré dimanche 12 juillet vers 17h sur la commune de Noisy-sur-École, dans le sud du massif forestier de Fontainebleau. Au lundi 13 juillet, selon Le Monde, les flammes avaient parcouru environ 800 hectares, soit près de 5 % de la surface totale de la forêt. L’incendie s’est développé dans un contexte de vigilance rouge canicule, avec des températures dépassant les 40°C dans la région.
Plus de 500 sapeurs-pompiers et 130 engins de secours ont été mobilisés au sol pour lutter contre l’avancée du brasier, selon la préfecture de Seine-et-Marne. Le dispositif aérien déployé est sans précédent pour la région : deux avions Canadair, deux avions Dash et trois hélicoptères bombardiers d’eau ont été engagés. C’est la première fois que des Canadair interviennent en Île-de-France. Selon RTS, les deux appareils ont puisé l’eau directement dans la Seine pour effectuer leurs largages.
Neuf cents personnes évacuées
Face à la menace, environ 900 personnes résidant dans les zones menacées ont dû être évacuées par mesure de sécurité, selon l’agence Anadolu. La préfecture de Seine-et-Marne a pris des arrêtés pour interdire l’accès à certaines zones du massif et réglementer temporairement les moissons agricoles dans le secteur. Les autorités ont appelé les habitants à suivre les consignes et à ne pas s’approcher du périmètre de l’incendie.
Les secours poursuivaient ce lundi leurs efforts pour circonscrire le sinistre. Les conditions météorologiques restent défavorables, avec des températures élevées et un vent soutenu qui compliquent la lutte contre le feu. La canicule qui frappe actuellement la France a créé des conditions propices aux départs de feu dans plusieurs régions.
Contexte dans la Seine-et-Marne
La forêt de Fontainebleau, classée réserve de biosphère par l’UNESCO, s’étend sur environ 17 000 hectares. Le massif est l’un des principaux poumons verts de l’Île-de-France et accueille chaque année des millions de visiteurs. Noisy-sur-École, commune de 1 797 habitants selon l’INSEE, est située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Paris.
Le département de Seine-et-Marne compte 1,4 million d’habitants. Il s’agit du plus vaste département francilien, avec une forte présence agricole et forestière. Les incendies de forêt y restent rares en raison du climat océanique, ce qui rend l’ampleur du sinistre actuel particulièrement exceptionnelle. Selon TV5Monde, cet incendie constitue le plus important jamais enregistré dans l’histoire moderne du massif de Fontainebleau.
Prochaines étapes de l’enquête
La gendarmerie nationale poursuit ses investigations pour établir les circonstances exactes du départ de feu. Les enquêteurs procèdent à des constatations sur le terrain et recueillent les témoignages d’éventuels témoins. La configuration inhabituelle des foyers d’incendie, avec dix départs simultanés dans un périmètre restreint, constitue un élément central de l’instruction.
Les autorités n’ont pas communiqué de calendrier précis pour la suite de l’enquête. Les résultats des premières analyses pourraient orienter les investigations vers des suspects identifiés. En parallèle, les services de l’État préparent un bilan environnemental du sinistre pour évaluer les dommages causés à la faune et à la flore du massif.