Les forçats invisibles de l’IA : comment l’Inde et le Kenya entraînent ChatGPT pour quelques centimes
Derrière la magie des chatbots, des centaines de milliers de travailleurs précaires annotent des contenus toxiques pour les géants de la Silicon Valley.
Ils sont 200 000 en Inde, des milliers au Kenya, payés un dollar de l'heure - quelques centimes par tâche - pour entraîner les IA de Meta, OpenAI et Google. Enquête sur une exploitation industrielle.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Une exploitation industrialisée à grande échelle
200 000 annotateurs en Inde - la moitié des effectifs mondiaux - et des centaines de milliers d'autres au Kenya, aux Philippines, au Venezuela, payés à la tâche pour entraîner les IA de Meta, OpenAI et Google.
Un risque psychologique comparable à une industrie létale
144 modérateurs kényans examinés au Kenyatta National Hospital, tous diagnostiqués PTSD, anxiété généralisée et dépression majeure. 81 % de cas sévères ou extrêmement sévères.
Un cadre juridique inexistant ou contourné
Au Kenya, le Counter-Trafficking in Persons Act (2010) prévoit jusqu'à 30 ans de réclusion ; en Inde, le Bonded Labour System Act (1976) abolit le travail forcé. Aucune de ces dispositions n'a jamais visé un sous-traitant d'IA.
L'arbitrage géographique, moteur du système
60 % des revenus du secteur indien viennent des États-Unis. Les Kényans sont payés 8 fois moins que leurs homologues américains. Le marché mondial passera de 3,77 à 17,1 milliards de dollars d'ici 2030.
Les femmes rurales, surexposées et sans recours
80 % des travailleurs viennent de milieux ruraux. Les femmes - moitié de la main-d'œuvre - cumulent travail nocturne sur écran et travaux agricoles, sans syndicat ni cellule d'écoute accessibles.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'Inde héberge 200 000 annotateurs, soit la moitié des effectifs mondiaux selon ScryAI.
- Les travailleurs indiens et kényans sont payés 1 à 2 dollars de l'heure - quelques centimes par tâche - pour entraîner ChatGPT.
- 144 modérateurs Facebook kényans examinés à l'hôpital Kenyatta tous diagnostiqués PTSD 81 % en forme sévère.
- Meta a investi plus de 14 milliards de dollars dans Scale AI, leader mondial de l'annotation.
- Le marché mondial de l'annotation passera de 3,77 à 17,1 milliards de dollars d'ici 2030.
Le 20 février 2026 [1], Narendra Modi [2] clôt le sommet de l’intelligence artificielle de New Delhi [3] devant Sundar Pichai [4], Sam Altman [5] et Demis Hassabis [6]. « Venez concevoir et développer en Inde. Pour le monde! Pour l’humanité » [7], lance le premier ministre indien. Le décor est planté: l’Inde se rêve en hub mondial de l’IA. La réalité tient en quelques chiffres: 200 000 annotateurs [8] sur le territoire, soit la moitié des effectifs mondiaux [9] de la spécialité, selon l’entreprise américaine ScryAI [10].
Derrière chaque réponse de ChatGPT, chaque image générée, chaque voiture autonome qui freine devant un piéton: des humains. Beaucoup d’humains. Selon plusieurs sources, entre 150 et 430 millions de personnes [11] participent à cette économie du clic. Un chiffre qui pourrait atteindre près d’un milliard [12] de data workers dans les années à venir.
Du clic indien à la réponse de ChatGPT: la chaîne technique
Comment le travail d’une annotatrice du Jharkhand finit-il dans une réponse de ChatGPT? La chaîne tient en trois étages. Premier étage: l’annotation brute. Des humains tracent des cadres autour des piétons pour les voitures autonomes, catégorisent des images de fruits mûrs et de fruits verts, retranscrivent des fichiers audio [15][16][17]. Deuxième étage: l’entraînement supervisé. Le modèle apprend à reconnaître ces étiquettes. Troisième étage, le plus sensible: le Reinforcement Learning from Human Feedback (RLHF) [18]. Des humains lisent les sorties du modèle, les classent par qualité, corrigent les erreurs et signalent les contenus toxiques [19]. « Il y a plein d’humains payés pour poser de bonnes questions à ChatGPT et il y en a d’autres qui écrivent les réponses à ces questions » [20], résume Robert West, chercheur passé par les laboratoires de Microsoft [21].
Chaque étiquette d’image, chaque correction de paragraphe est rémunérée quelques centimes [22]. Mises bout à bout, ces tâches forment une journée à un ou deux dollars de l’heure [23]. C’est la fabrique invisible de la « magie » des chatbots.
Une chaîne de sous-traitance opaque
Le modèle est rodé. Les sous-traitants de la Silicon Valley puisent dans le pays une main-d’œuvre peu payée et congédiable du jour au lendemain [24]. Les travailleurs ne sont pas salariés des géants de la tech: ce sont des independent contractors [25] payés à la tâche, recrutés via des plateformes comme Scale AI, Remotasks (devenu Outlier) et Appen [26]. Meta [27] vient d’investir plus de 14 milliards de dollars [28] dans Scale AI [29], qui compte parmi ses clients Microsoft [30] et le ministère américain de la Défense [31].
Une précision s’impose: aucune des sources consultées pour cette enquête ne documente directement les pratiques d’OpenAI (ChatGPT) ou de Google DeepMind (Gemini) en matière d’annotation au Kenya ou en Inde. Les données rassemblées concernent principalement Meta et ses sous-traitants. On se souvient toutefois que Time avait révélé qu’OpenAI sous-traitait à l’entreprise kényane Sama la modération de contenus traumatisants pour moins de deux dollars de l’heure - un précédent qui éclaire le silence actuel.
L’arbitrage géographique, moteur du système
Pourquoi l’Inde et le Kenya plutôt que l’Ohio ou la Pologne? Réponse en chiffres. En Inde, les revenus du secteur de l’annotation viennent à 60 % des États-Unis [32] et seulement 10 % du marché domestique [33]. Au Kenya, les modérateurs sont payés huit fois moins que leurs homologues américains [34]. La logique est brutale et assumée. « Les entreprises étrangères choisissent de travailler avec l’Inde principalement parce que c’est un travail qui demande énormément de main-d’œuvre. Le faire en Amérique ou dans l’Union européenne serait extrêmement coûteux » [35], résume Rohan Agrawal [36], directeur de Cogito Tech [37], qui emploie 2 000 personnes [38].
Cet arbitrage géographique du travail [39] n’est pas un accident: c’est l’architecture même du modèle économique. Le marché mondial de l’annotation pesait 3,77 milliards de dollars [40] en 2024 et devrait atteindre 17,1 milliards d’ici 2030 [41]. La croissance se fait au prix d’un différentiel salarial structurel entre Nord et Sud. Antonio Casilli [42], professeur à l’Institut Polytechnique de Paris, le formule autrement: « C’est parce que ces grandes entreprises ravagent les économies du Sud du monde que des personnes dans des pays à faible revenu se retrouvent à devoir accepter des conditions de travail qui relèvent de l’exploitation » [43].
Huit heures par jour devant l’horreur
Monsumi Murmu [44] modère du contenu depuis son village de l’État du Jharkhand [45]. En moyenne, elle visionne jusqu’à 800 vidéos et images [46] par jour. « Les premiers mois, je ne pouvais pas dormir. Je fermais les yeux et je voyais encore l’écran charger » [47], raconte-t-elle au Guardian. Et après? « À la fin, on ne se sent plus perturbé - on se sent vide » [48].
Raina Singh [49] a commencé l’annotation de données. Six mois plus tard, sans préavis, elle est transférée sur un projet lié à une plateforme de divertissement pour adultes [50]. Avec six collègues, on lui demande de catégoriser du contenu pornographique [51]. Quand elle s’en inquiète, son manager lui répond: « C’est l’œuvre de Dieu - vous protégez les enfants » [52]. Son verdict, lapidaire: « Je ne peux même pas compter combien de pornographie j’ai vue. C’était constant, heure après heure » [53].
Au Kenya, autre hub mondial [54], Michael Geoffrey [55] a annoté du matériel pornographique huit heures par jour pendant des mois, en plus d’un autre travail à plein temps [56]. Sa relation de couple n’y a pas survécu [57]. « Je suis un annotateur, je travaille sur leurs données, ils gagnent des millions. Pourquoi ne peuvent-ils pas veiller à ce que je vive décemment? » [58], pleure-t-il.
Le coût psychologique: un travail létal
Une étude publiée en décembre 2025 [59], incluant des travailleurs indiens, identifie le stress traumatique comme le risque psychologique le plus prononcé [60] pour les modérateurs. « Il peut y avoir des modérateurs qui échappent aux dommages psychologiques, mais je n’en ai pas encore vu la preuve » [61], affirme Milagros Miceli [62], qui dirige le projet Data Workers’ Inquiry [63]. Sa formule, sans détour: « En termes de risque, la modération de contenu appartient à la catégorie des travaux dangereux, comparable à toute industrie létale » [64].
Au moins 40 d’entre eux [70] consommaient alcool, cannabis, cocaïne, amphétamines ou somnifères. Ils travaillaient huit à dix heures par jour [71] de 2019 à 2023 [72], payés huit fois moins que leurs homologues américains [34].
Le cadre juridique: l’angle mort
Le procès kényan, déposé devant l’employment and labour relations court de Nairobi [73], invoque la traite d’êtres humains et l’esclavage moderne [74]. Mercy Mutemi [75], avocate à Nairobi qui mène plusieurs procédures contre Meta, est explicite: « Au Kenya, le secteur de l’IA repose sur un modèle d’exploitation qui implique deux choses: de la traite d’êtres humains ou du travail forcé » [76].
Précédents notables: on se souvient d’une plainte collective déposée contre Cognizant, sous-traitant de modération de Facebook, qui avait abouti à un règlement pour les modérateurs traumatisés, selon plusieurs sources. Et de l’enquête de Time sur Sama, sous-traitant kényan d’OpenAI. À chaque fois, le scénario se répète.
En l’absence de législation spécifique encadrant l’annotation au Kenya, la Data Labelers Association (800 membres) [77] doit dévoiler un code de conduite [78]. Les algorithmes, eux, sanctionnent: les plateformes traquent le dwell time [79] et suspendent les comptes des travailleurs trop lents [80]. Pas de DRH, pas d’indemnités, pas de procédure d’appel [81].
Les femmes des campagnes, surexposées et sans recours
Environ 80 % des travailleurs de l’annotation [82] viennent de milieux ruraux, semi-ruraux ou marginalisés. Les femmes représentent la moitié ou davantage [83] de cette main-d’œuvre - et leur surexposition n’est pas un hasard statistique. Trois mécanismes la structurent.
Premier mécanisme: la double journée. Chandmani Kerketta [84], 27 ans [85], supervise une équipe d’annotateurs depuis son village du Jharkhand [86]. « Après mon travail sur écran pendant la nuit, je dors un petit peu et je m’empresse de venir aider la famille. Ici, rien n’est possible sans agriculture » [87]. Le travail d’annotation se cumule à celui de l’exploitation familiale - une charge inconnue de leurs collègues masculins urbains.
Deuxième mécanisme: l’isolement. Dans les villages reculés du Jharkhand ou du Tamil Nadu [88], aucun syndicat n’est accessible, aucune cellule d’écoute psychologique n’existe. Quand Raina Singh s’inquiète du contenu pédopornographique qu’on lui impose, elle n’a personne d’autre que son manager - lequel lui répond que c’est « l’œuvre de Dieu » [52]. Le recours collectif est géographiquement impossible.
Troisième mécanisme: un ciblage délibéré. Les plateformes recrutent dans les zones où le pouvoir de négociation est le plus faible. Sridhar Mitta [89], fondateur de NextWealth et ancien dirigeant de Wipro, l’assume sans détour: « Nous avons changé d’approche en allant dans les petites villes, en retenant les gens qui étaient disponibles » [90]. Ses annotateurs gagnent entre 274 et 550 dollars par mois [91]. Pour Chandmani Kerketta, ce travail reste malgré tout une émancipation: « Maintenant, elles sont fières de me voir partir sur mon scooter. Et moi aussi! » [92]. Cette ambivalence - exploitation et émancipation simultanées - est le verrou silencieux du système.
Le paradoxe: l’Europe n’est pas épargnée
L’angle que personne ne voit: la précarité atteint aussi le Nord. Daniel Burnier [93], docteur en sciences sociales, a écrit pendant six mois des prompts pour Outlier depuis la Suisse. Sur le papier, l’Europe paie jusqu’à 25 € de l’heure [94]. Dans les faits, Burnier a gagné environ 500 francs par mois [95] - soit 8 à 9 francs de l’heure [96]. En Finlande [97], des prisonnières annotent des textes pour entraîner les IA [98] dans des conditions opaques.
Pourquoi maintenant?
Le sommet de Paris a accouché d’un accord de 60 pays [99] sur une IA « ouverte, inclusive et éthique » - signé par la France, l’Inde et la Chine [100], mais ni par les États-Unis ni par le Royaume-Uni [101]. Aucune mention des data workers. Henri Poulain [102], réalisateur du documentaire Les sacrifiés de l’IA diffusé le 11 février 2025 sur France 2 [103], le constate: « Ce ne sont pas des sujets pour eux » [104].
Pendant ce temps, en Inde, le nombre d’entreprises d’annotation devrait doubler d’ici 2028 [105], pour un million d’emplois potentiels [106]. À Nairobi, Naftali Wambalo [107], père de deux enfants diplômé en mathématiques, attend toujours un contrat de plus d’un mois [108]. La promesse Modi - « Pour l’humanité » - se mesure désormais en centimes par tâche [22].
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (108)
« 20 février 2026. Le premier ministre indien Narendra Modi prononce son discours de clôture au sommet de l’intelligence artificielle à New Delhi. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« 20 février 2026. Le premier ministre indien Narendra Modi prononce son discours de clôture au sommet de l’intelligence artificielle à New Delhi. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« 20 février 2026. Le premier ministre indien Narendra Modi prononce son discours de clôture au sommet de l’intelligence artificielle à New Delhi. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Le PDG de Google, Sundar Pichai, Sam Altman d’OpenAI et Demis Hassabis de Google DeepMind, entre autres, ont fait le déplacement. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Le PDG de Google, Sundar Pichai, Sam Altman d’OpenAI et Demis Hassabis de Google DeepMind, entre autres, ont fait le déplacement. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Le PDG de Google, Sundar Pichai, Sam Altman d’OpenAI et Demis Hassabis de Google DeepMind, entre autres, ont fait le déplacement. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« « L’Inde a des centres de données sécurisées [.] et un de start-up. Venez concevoir et développer en Inde. Pour le monde! Pour l’humanité », s’exclame-t-il devant un parterre de dirigeants. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Selon l'entreprise américaine ScryAI, l'Inde, qui accueille en février un sommet international sur l'IA, héberge au moins 200.000 annotateurs sur son territoire - la moitié des effectifs mondiaux de la spécialité. »
lalibre.be ↗ ↩
« l'Inde [.] héberge au moins 200.000 annotateurs sur son territoire - la moitié des effectifs mondiaux de la spécialité. »
lalibre.be ↗ ↩
« Selon l'entreprise américaine ScryAI, l'Inde, qui accueille en février un sommet international sur l'IA, héberge au moins 200.000 annotateurs sur son territoire. »
lalibre.be ↗ ↩
« Quand, selon la Banque mondiale, ils, elles sont entre 150 et 430 millions de personnes. Cette une estimation date de 2023 »
radiofrance.fr ↗ ↩
« Google estime à près d'un milliard, potentiellement, dans les années à venir, le nombre de data workers, d'annotateurs de la donnée, nécessaires pour faire fonctionner ces IA. »
radiofrance.fr ↗ ↩
« All 144 examined by Kanyanya were found to have PTSD, GAD and MDD »
theguardian.com ↗ ↩
« were found to have PTSD, generalised anxiety disorder (GAD) and major depressive disorder (MDD) »
theguardian.com ↗ ↩
« They draw bounding boxes around pedestrians for self-driving cars, categorize thousands of images, and grade AI essays for grammar. »
wionews.com ↗ ↩
« "Il faut identifier uniquement les fruits mûrs, indique Monu Komar. Les fruits verts, on ne les touche pas. Si on n'apprend pas à la machine à les reconnaître, elle cueillera tous les fruits, et ce sera un problème." »
tf1info.fr ↗ ↩
« "À l'écrit, je vais rajouter cette hésitation, car je dois exactement écrire ce qui dit l'orateur. Ça va permettre d'améliorer la génération automatique de sous-titres." »
tf1info.fr ↗ ↩
« To make them helpful and safe, they require Reinforcement Learning from Human Feedback (RLHF). »
wionews.com ↗ ↩
« humans must read the AI's outputs, rank them for quality, and manually correct its mistakes. »
wionews.com ↗ ↩
« «Il y a plein d’humains payés pour poser de bonnes questions (prompts), à ChatGPT et il y en a d’autres qui écrivent les réponses à ces questions» »
swissinfo.ch ↗ ↩
« explique à Lausanne, le professeur Robert West. Le spécialiste vient de terminer une année de recherche dans les laboratoires de Microsoft, aux Etats-Unis, une des matrices mondiales de l’intelligence artificielle générative. »
swissinfo.ch ↗ ↩
« Labeling an image or grading a paragraph might pay a few cents. »
wionews.com ↗ ↩
« many Indian annotators report making between $1 to $2 an hour (approx. ₹80 to ₹160). »
wionews.com ↗ ↩
« les sous-traitants de la Silicon Valley puisent dans le pays une main-d’œuvre peu payée et congédiable du jour au lendemain afin de former les IA à des tâches de plus en plus complexes. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Workers are not salaried employees of the big tech firms; they are independent contractors paid by the task. »
wionews.com ↗ ↩
« It is outsourced through platforms like Scale AI, Remotasks (now Outlier), and Appen. »
wionews.com ↗ ↩
« L’une des plus importantes est l’américaine Scale AI dans laquelle Meta a récemment investi plus de 14 milliards de dollars. »
lopinion.fr ↗ ↩
« Meta a récemment investi plus de 14 milliards de dollars. »
lopinion.fr ↗ ↩
« L’une des plus importantes est l’américaine Scale AI dans laquelle Meta a récemment investi plus de 14 milliards de dollars. Elle compte parmi ses clients Microsoft, le ministère américain de la Défense et a longtemps collaboré avec OpenAI. »
lopinion.fr ↗ ↩
« Elle compte parmi ses clients Microsoft »
lopinion.fr ↗ ↩
« le ministère américain de la Défense »
lopinion.fr ↗ ↩
« About 60% of revenues came from the US »
theguardian.com ↗ ↩
« while only 10% came from India. »
theguardian.com ↗ ↩
« were paid eight times less than their counterparts in the US »
theguardian.com ↗ ↩
« "Les entreprises étrangères choisissent de travailler avec l'Inde pour l'annotation de données, principalement parce que c'est un travail qui demande énormément de main-d'œuvre", indique le directeur de Cogito Tech Rohan Agrawal. "Le faire en Amérique ou dans l'Union européenne serait extrêmement coûteux." »
rts.ch ↗ ↩
« indique le directeur de Cogito Tech Rohan Agrawal. »
rts.ch ↗ ↩
« explique Vivek Rai, employé de Cogito Tech. »
rts.ch ↗ ↩
« Et, au total, nous employons 2000 personnes »
rts.ch ↗ ↩
« When tech giants boast about slashing AI training costs, it is achieved through this ruthless geographical labor arbitrage. »
wionews.com ↗ ↩
« Le marché mondial de l’annotation de données a représenté 3,77 milliards de dollars en 2024 »
lopinion.fr ↗ ↩
« devrait atteindre 17,1 milliards de dollars d’ici 2030, selon le cabinet Grand View Research. »
lopinion.fr ↗ ↩
« explique Antonio Casilli, Professeur au sein de l’Institut Polytechnique de Paris et spécialiste du secteur. »
swissinfo.ch ↗ ↩
« C’est parce que ces grandes entreprises ravagent les économies du Sud du monde, que des personnes dans des pays à faible revenu, ravagés par les mêmes capitalistes du Nord, se retrouvent à devoir accepter des conditions de travail et, finalement, des conditions de vie qui relèvent de l’exploitation. »
librealire.org ↗ ↩
« Murmu, 26, is a content moderator for a technology company, logging on from her village in India’s Jharkhand state. »
theguardian.com ↗ ↩
« Murmu, 26, is a content moderator for a technology company, logging on from her village in India’s Jharkhand state. Her job is to classify images, videos and text that have been flagged by automated systems as possible violations of the platform’s rules. »
theguardian.com ↗ ↩
« On an average day, she views up to 800 videos and images, making judgments that train algorithms to recognise violence, abuse and harm. »
theguardian.com ↗ ↩
« “The first few months, I couldn’t sleep,” she says. “I would close my eyes and still see the screen loading.” »
theguardian.com ↗ ↩
« “In the end, you don’t feel disturbed, you feel blank.” »
theguardian.com ↗ ↩
« Raina Singh was 24 when she took up data-annotation work. »
theguardian.com ↗ ↩
« But about six months in, the assignments changed. Without notice, Singh was moved to a new project tied to an adult entertainment platform. »
theguardian.com ↗ ↩
« Soon after, the task shifted again. Singh and six others on her team were instructed to categorise pornographic content. »
theguardian.com ↗ ↩
« she recalls being told: “This is God’s work, you’re keeping children safe.” »
theguardian.com ↗ ↩
« “I can’t even count how much porn I was exposed to,” she says. “It was constant, hour after hour.” »
theguardian.com ↗ ↩
« le Kenya figure parmi les hubs internationaux des tâches ingrates de l’intelligence artificielle. »
swissinfo.ch ↗ ↩
« Michael Geoffrey pleure. L’homme a travaillé pendant des années comme annotateur dans le domaine de l’intelligence artificielle. »
swissinfo.ch ↗ ↩
« Il se retrouve ainsi, des mois durant, à annoter du matériel pornographique huit heures par jour, en plus d’un autre travail à plein temps. »
swissinfo.ch ↗ ↩
« Cela a brisé la relation. Nous avons fini par nous séparer »
swissinfo.ch ↗ ↩
« «Je suis un annotateur, je travaille sur leurs données, ils gagnent des millions. Pourquoi ne peuvent-ils pas veiller à ce que je vive décemment? Est-ce qu’ils doivent me sacrifier pour leur croissance?» »
swissinfo.ch ↗ ↩
« A study of content moderators published last December, which included workers in India, identified traumatic stress as the most pronounced psychological risk. »
theguardian.com ↗ ↩
« A study of content moderators published last December, which included workers in India, identified traumatic stress as the most pronounced psychological risk. »
theguardian.com ↗ ↩
« “There may be moderators who escape psychological harm, but I’ve yet to see evidence of that,” says Milagros Miceli »
theguardian.com ↗ ↩
« says Milagros Miceli, a sociologist leading the Data Workers’ Inquiry, a project investigating the roles of workers in AI. »
theguardian.com ↗ ↩
« a project investigating the roles of workers in AI. »
theguardian.com ↗ ↩
« “In terms of risk,” she says, “content moderation belongs in the category of dangerous work, comparable to any lethal industry.” »
theguardian.com ↗ ↩
« Contracts with third-party moderators of content on Facebook and Instagram detailed expectations about counselling, training and round-the-clock onsite support and access to private healthcare »
theguardian.com ↗ ↩
« Dr Ian Kanyanya, the head of mental health services at Kenyatta National hospital in Nairobi »
theguardian.com ↗ ↩
« severe or extremely severe PTSD symptoms in 81% of cases »
theguardian.com ↗ ↩
« More than 140 Facebook content moderators have been diagnosed with severe post-traumatic stress disorder »
theguardian.com ↗ ↩
« Almost 190 moderators are bringing the multi-pronged claim »
theguardian.com ↗ ↩
« At least 40 of the moderators in the case were misusing alcohol, drugs including cannabis, cocaine and amphetamines, and medication such as sleeping pills »
theguardian.com ↗ ↩
« The moderators worked eight- to 10-hour days at a facility in Kenya »
theguardian.com ↗ ↩
« The moderators from Kenya and other African countries were tasked from 2019 to 2023 »
theguardian.com ↗ ↩
« filed with the employment and labour relations court in Nairobi »
theguardian.com ↗ ↩
« multi-pronged claim that includes allegations of intentional infliction of mental harm, unfair employment practices, human trafficking and modern slavery and unlawful redundancy »
theguardian.com ↗ ↩
« Mercy Mutemi est l’une de leurs alliés les plus précieuses. Avocate dans la capitale kényane, elle mène plusieurs procédures contre Meta (maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp). »
swissinfo.ch ↗ ↩
« «Au Kenya, le secteur de l’IA, au niveau de l’annotation de données, de la modération de contenu et de l’entraînement des algorithmes, repose sur un modèle d’exploitation qui implique deux choses: de la traite d’êtres humains ou du travail forcé.» »
swissinfo.ch ↗ ↩
« Il est aussi vice-président de la Data Labelers Association, basée à Nairobi et forte de 800 membres. »
lopinion.fr ↗ ↩
« L’organisation doit dévoiler prochainement un code de conduite à destination des plates-formes d’annotation de données pour améliorer les conditions de travail, en l’absence d’une législation encadrant cette activité au Kenya. »
lopinion.fr ↗ ↩
« Platforms track 'dwell time' - exactly how many seconds a worker spends on a single task. »
wionews.com ↗ ↩
« If a worker is deemed too slow, or if their quality score drops below a hidden threshold. The platform simply suspends their account. »
wionews.com ↗ ↩
« There is no HR department, no severance, and no appeals process. »
wionews.com ↗ ↩
« About 80% of data-annotation and content moderation workers are drawn from rural, semi-rural or marginalised backgrounds. »
theguardian.com ↗ ↩
« Women form half or more of this workforce. »
theguardian.com ↗ ↩
« A 27 ans, Chandmani Kerketta est l'un des nombreux visages d'une armée qui s'est levée dans les campagnes de l'Inde pour mener la révolution de l'intelligence artificielle (IA). De son village au Jharkhand (est), la jeune femme supervise le travail de fourmi d'une équipe d'annotateurs, ces petites mains qui nourrissent les machines de l'IA des textes, sons et images qui leurs sont indispensables pour s'entraîner. »
lalibre.be ↗ ↩
« A 27 ans, Chandmani Kerketta est l'un des nombreux visages d'une armée qui s'est levée dans les campagnes de l'Inde pour mener la révolution de l'intelligence artificielle (IA). »
lalibre.be ↗ ↩
« De son village au Jharkhand (est), la jeune femme supervise le travail de fourmi d'une équipe d'annotateurs. »
lalibre.be ↗ ↩
« "Après mon travail sur écran pendant la nuit, je dors un petit peu et je m'empresse de venir aider la famille", poursuit cette récente diplômée en histoire. "Ici, rien n'est possible sans agriculture". »
lalibre.be ↗ ↩
« Dans l'Etat du Tamil Nadu (sud), Indu Nadarajan télétravaille pour l'entreprise indienne NextWealth. »
lalibre.be ↗ ↩
« Son patron Sridhar Mitta, fondateur de l'entreprise, ne doutait pas du succès de cette recette. [.] cet ancien dirigeant du géant indien des services informatiques Wipro. »
lalibre.be ↗ ↩
« "Nous avons changé d'approche en allant dans les petites villes, en retenant les gens qui étaient disponibles, en déterminant les fonctions qu'ils pouvaient remplir et en les formant pour ça", résume Sridhar Mitta. »
lalibre.be ↗ ↩
« Le PDG ne regrette pas de son choix d'avoir recruté des annotateurs dotés d'un bagage technique minimal, qu'il paie de 274 à 550 dollars par mois. »
lalibre.be ↗ ↩
« "Maintenant, elles sont fières de me voir partir sur mon scooter. Et moi aussi!" »
lalibre.be ↗ ↩
« Daniel Burnier pendant 6 mois depuis son domicile d’Aubonne, via la plateforme Outlier. Docteur en Sciences sociales, c’est la précarité qui l’a poussé vers cette activité. »
swissinfo.ch ↗ ↩
« En Europe, sur le papier, on gagne jusqu’à 25€ de l’heure »
swissinfo.ch ↗ ↩
« J’ai gagné environ 500 francs par mois pour des tâches qui correspondaient à environ 30% de mon temps. »
swissinfo.ch ↗ ↩
« Soit entre 8 et 9 francs de l’heure. »
swissinfo.ch ↗ ↩
« Parmi les nombreuses séquences édifiantes de votre documentaire, vous nous emmenez dans une prison en Finlande. »
radiofrance.fr ↗ ↩
« Des textes y sont soumis à des prisonnières pour qu'elles guident les IA et les améliorent. »
radiofrance.fr ↗ ↩
« un accord de 60 pays autour d'une IA "ouverte", "inclusive" et "éthique" »
radiofrance.fr ↗ ↩
« ainsi que de la Chine, mais sans celles des États-Unis et du Royaume-Uni. »
radiofrance.fr ↗ ↩
« mais sans celles des États-Unis et du Royaume-Uni. »
radiofrance.fr ↗ ↩
« dé)montre le réalisateur Henri Poulain dans son documentaire "Les sacrifiés de l'IA". »
radiofrance.fr ↗ ↩
« Les sacrifiés de l’IA que vous pouvez retrouver depuis le 11 février 2025 sur France 2 »
librealire.org ↗
⚠️ Note INFO.FR: Le factoide indique une diffusion sur France 2 le 11 février 2025, mais f143 (même source) précise que le documentaire est disponible sur les plateformes de replay depuis cette date, sans mention de France 2. La chaîne de diffusion n'est pas formellement établie. ↩
« Ce n'est pas un sujet pour eux. »
radiofrance.fr ↗ ↩
« En Inde, le nombre d'entreprises d'annotation de données devrait doubler d'ici à 2028. »
tf1info.fr ↗ ↩
« Au total, ce nouveau métier pourrait concerner environ un million de personnes dans le pays. »
tf1info.fr ↗ ↩
« We met Naftali Wambalo in Nairobi, Kenya, one of the main hubs for this kind of work. »
cbsnews.com ↗ ↩
« The contracts that we see are very short-term. And I've seen people who have contracts that are monthly, some of them weekly, some of them days. Which is ridiculous. »
cbsnews.com ↗ ↩
Sources
- ‘In the end, you feel blank’: India’s female workers watching hours of abusive content to train AI
- « Je fais la vaisselle et plie du linge pour entraîner des robots » : les jeunes diplômés indiens, travailleurs invisibles de l’industrie de l’IA
- En Inde, des petites mains gavent l'intelligence artificielle de données
- Derrière les prouesses de l'IA, l'exploitation de travailleurs invisibles
- Dans les campagnes indiennes, les premières révolutions de l'IA
- Les sacrifiés de l'IA : le scandale méconnu des data workers
- How western AIs are exploiting millions of Indians to teach them how to think
- REPORTAGE - Inde : ces petites mains qui nourrissent les algorithmes de l'IA
- Labelers training AI say they're overworked, underpaid and exploited by big American tech companies
- Intelligence artificielle : "En plein Sommet de Paris, des millions de travailleurs, sacrifiés de l'IA, ont été oubliés"
- Les travailleurs de l’ombre de l’IA : annotation de données, précarité et enjeux éthiques mondiaux
- More than 140 Kenya Facebook moderators diagnosed with severe PTSD
