Fort-de-France : le syndicat STTM-FA-FPT reconduit la grève dans les services municipaux et crèches
Le mouvement paralyse 80 % des sites municipaux. Les perturbations persistent dans les écoles et les cantines. Les négociations butent sur deux revendications salariales et managériales.
Le syndicat majoritaire STTM-FA-FPT a reconduit la grève à Fort-de-France ce vendredi 19 juin 2026. Le conflit, qui perturbe fortement les crèches et la cuisine centrale, se bloque sur deux points non résolus malgré une réunion de conciliation.
L’essentiel
- Date de déclenchement : jeudi 18 juin 2026, mouvement lancé par le STTM-FA-FPT.
- Impact : 80 % des sites municipaux paralysés, notamment crèches et cuisine centrale.
- Revendications en suspens : santé mentale des agents et management de la Direction générale adjointe des ressources humaines (DGARH).
- Négociations : réunion le 19 juin, sans accord. Proposition de recrutement d’un chargé de mission par la mairie.
- Prochaine étape : poursuite du mouvement dans l’attente d’une nouvelle réunion.
Ce qui s’est passé
Le syndicat STTM-FA-FPT a signé un protocole d’accord le 22 avril 2026, portant sur douze points. Dix d’entre eux ont été résolus par un protocole d’accord signé avec la direction générale des services de Fort-de-France. Mais deux revendications majeures subsistent.
Jeudi 18 juin, le mouvement a été lancé, paralysant environ 80 % des services municipaux. Les crèches et la cuisine centrale sont les services les plus touchés, selon les informations recueillies par France-Antilles Martinique. Les écoles ont également été perturbées.
Le secrétaire général du syndicat, Daniel Gromat, a annoncé la reconduction de la grève le vendredi 19 juin par voie de communiqué. Il invoque l’absence d’avancées suffisantes lors des discussions.
Les revendications persistantes
Selon les sources syndicales (RCI Martinique), les deux points bloquants concernent la santé mentale des agents et le management de la Direction générale adjointe des ressources humaines (DGARH).
Mickael Nagou, secrétaire général adjoint du STTM-FA-FPT, dénonce l’inadéquation du profil du responsable actuel des ressources humaines. « Nous réclamons le recrutement d’un DRH qualifié, et non d’un comptable », a-t-il déclaré à RCI. Il pointe également des méthodes de management qui fragilisent les équipes.
Le syndicat majoritaire, qui a changé de nom le 1er janvier 2026 en succédant à la CGTM-SOEM-FSM-FA-FPT, insiste sur l’urgence de traiter ces deux dossiers. « La santé mentale des agents n’est pas une option, c’est une exigence légale et humaine », a ajouté Daniel Gromat.
Des négociations infructueuses
Une réunion de conciliation s’est tenue le vendredi 19 juin entre le syndicat et la direction générale des services de la ville, conduite par Maurice Ferné, directeur général des services. Selon RCI, cette réunion n’a pas abouti à un accord définitif.
Maurice Ferné a proposé le recrutement d’un chargé de mission pour apaiser les tensions au sein de la DGARH. Une offre jugée insuffisante par le STTM-FA-FPT, qui exige un remplacement du responsable actuel.
Le maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, n’a pas réagi publiquement à ce stade. La mairie n’a pas détaillé le calendrier des prochaines discussions.
Par ailleurs, d’autres perturbations liées à des mouvements sociaux ou des conditions climatiques ont récemment touché des établissements scolaires dans l’hexagone. Dans la Nièvre, la vigilance rouge canicule a entraîné la fermeture d’écoles. En Guyane, le collège Concorde à Matoury a vu sa grève suspendue après des engagements écrits.
Contexte dans la Martinique
Fort-de-France, commune-centre de l’agglomération la plus peuplée de Martinique (environ 75 500 habitants selon l’Insee), connaît régulièrement des tensions sociales dans ses services publics. Le syndicat STTM-FA-FPT y est majoritaire au sein du personnel municipal.
Ce mouvement de grève est le plus important depuis le conflit de 2024 sur les primes et les horaires. Il intervient alors que le département fait face à une inflation persistante et à des difficultés de recrutement dans la fonction publique territoriale.
La cuisine municipale, qui fournit environ 7 000 repas par jour aux écoles et aux personnes âgées, est particulièrement impactée. Plusieurs parents d’élèves interrogés par France-Antilles déplorent l’absence de solution de remplacement.
Des perturbations concrètes
Les crèches municipales fonctionnent au ralenti. De nombreuses familles ont dû trouver des solutions de garde d’urgence. La mairie a mis en place un accueil minimum dans certaines structures, mais sans pouvoir garantir l’accueil de tous les enfants.
La cuisine centrale a interrompu ses livraisons, obligeant certaines écoles à fermer leur cantine et à renvoyer les élèves chez eux le midi. Les activités périscolaires sont également suspendues dans plusieurs quartiers.
Prochaine étape
Le syndicat n’a pas fixé de date pour une nouvelle réunion. Daniel Gromat indique que le mouvement se poursuivra « tant que les deux revendications ne seront pas traitées de manière satisfaisante ». La mairie, de son côté, espère une reprise du dialogue dans les prochains jours. Aucune date de reprise n’a été annoncée.
Sources
- X (France-Antilles Martinique) : France-Antilles Martinique sur X : 'Le syndicat acte une nouvelle grève à compter de jeudi'
- France-Antilles Martinique : France-Antilles : grève du STTM-FA-FPT à Fort-de-France, 80% des services perturbés
- RCI Martinique : RCI Martinique : grève reconduite, deux revendications bloquent