Fos-sur-Mer : le pétrolier Deliver, suspecté de contourner les sanctions russes, placé sous scellés
Intercepté en Méditerranée le 23 juin, le navire est arrivé vendredi 26 juin dans le golfe de Fos. Le procureur de Marseille a ouvert une enquête pour défaut de pavillon.
Le pétrolier-cargo Deliver, soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe, a été placé sous scellés judiciaires à Fos-sur-Mer. Une zone d'exclusion maritime et aérienne a été instaurée jusqu'au 30 juin pour sécuriser l'enquête ouverte par le parquet de Marseille.
L’essentiel
- Contrôle le 23 juin : le pétrolier-cargo Deliver a été intercepté en mer Méditerranée par la Marine nationale pour suspicion de faux pavillon camerounais.
- Arrivée à Fos le 26 juin : le navire a été mis au mouillage dans le golfe de Fos-sur-Mer et placé à la disposition du procureur de Marseille.
- Zone d’exclusion : un périmètre maritime de 500 mètres et une zone aérienne interdite sont en vigueur jusqu’au 30 juin.
- 5e interception : il s’agit du cinquième navire suspecté de contourner les sanctions contre la Russie arrêté par la France depuis septembre 2025.
Le pétrolier-cargo Deliver est arrivé vendredi 26 juin 2026 en fin de journée dans le golfe de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Le navire, intercepté trois jours plus tôt en Méditerranée centrale au large de la Sicile, a immédiatement été placé sous scellés judiciaires à la disposition du procureur de la République de Marseille. Une enquête de flagrance pour défaut de pavillon a été ouverte.
Une interception en mer sous l’article 110 de la Convention des Nations unies
Selon la Préfecture maritime de la Méditerranée, le contrôle du Deliver a été mené le 23 juin 2026 par la Marine nationale française, en coopération avec le Royaume-Uni et l’opération européenne EUNAVFOR MED IRINI. Les autorités soupçonnaient le navire d’utiliser un faux pavillon camerounais pour dissimuler ses liens avec la Russie et contourner les sanctions internationales liées à la guerre en Ukraine.
Le droit d’abordage s’est fondé sur l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui autorise un navire de guerre à contrôler un bâtiment en cas de suspicion de défaut de nationalité. Le parquet de Marseille a été saisi dès l’interception.
Arrivée à Fos et mesures de sécurité
Le Deliver, qui venait du port russe de Primorsk, a été escorté jusqu’au golfe de Fos. Une fois à quai, le procureur a ordonné sa mise sous scellés. Pour garantir la sécurité de l’enquête et interdire tout accès au navire, un arrêté préfectoral a institué une zone d’exclusion maritime de 500 mètres autour du pétrolier. La navigation, le mouillage et la baignade y sont prohibés.
Parallèlement, une zone interdite temporaire de survol aérien d’un rayon de 1,5 mille nautique a été instaurée par la préfecture des Bouches-du-Rhône. Cette restriction est en vigueur du 26 juin au 30 juin 2026. Les autorités appellent les usagers de la mer et les plaisanciers à respecter strictement ces périmètres.
Le contexte : la flotte fantôme russe dans le collimateur
Le Deliver est le cinquième navire suspecté d’appartenir à la « flotte fantôme » russe intercepté par la France depuis septembre 2025, selon la Présidence de la République. Ces navires, souvent mal entretenus et immatriculés sous des pavillons de complaisance, permettent à la Russie d’exporter son pétrole en contournant les plafonds de prix et les embargos décidés par l’Union européenne.
Les interceptions précédentes avaient eu lieu dans l’Atlantique et en Méditerranée, donnant lieu à des déroutements vers des ports français ou britanniques. L’enquête en cours vise à établir la chaîne de propriété du Deliver et les conditions de son exploitation.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Fos-sur-Mer est l’un des principaux terminaux pétroliers et gaziers de France métropolitaine, au cœur du grand port maritime de Marseille. Le site accueille régulièrement des navires de très grande taille, mais les opérations de police en mer et les saisies judiciaires y restent rares. La dernière affaire médiatisée remonte à 2024 avec la saisie d’une cargaison de cocaïne dans un conteneur. Le département des Bouches-du-Rhône, premier de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur par son trafic portuaire, est également un point d’entrée sensible pour les contrôles douaniers et les enquêtes internationales.
Les pompiers du département, habitués aux interventions complexes, sont régulièrement mobilisés pour des renforts extérieurs, comme lors de l’incendie de Nant dans l’Aveyron où quatre sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont été héliportés en renfort.
Prochaine étape : l’enquête du parquet de Marseille
Le navire reste sous scellés et à la disposition des enquêteurs. La durée de l’immobilisation n’a pas été précisée. L’enquête de flagrance doit déterminer si le pavillon camerounais est frauduleux et si l’équipage peut être mis en cause. Le procureur de Marseille n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles auditions ou gardes à vue. Les restrictions d’accès au navire prendront fin le 30 juin, mais le périmètre de sécurité pourrait être prolongé si nécessaire.