François Villeroy de Galhau quitte la Banque de France après 10 ans et 8 mois
Le gouverneur démissionne 18 mois avant la fin de son mandat pour présider la Fondation Apprentis d'Auteuil
Lundi 9 février 2026, François Villeroy de Galhau a annoncé son départ surprise de la Banque de France pour début juin, soit 18 mois avant l'échéance de son second mandat prévu fin 2027. Une décision prise "en toute indépendance personnelle" qui clôt près de 11 années à la tête de l'institution monétaire française. Le polytechnicien de 66 ans prendra la présidence de la Fondation Apprentis d'Auteuil, succédant à Jean-Marc Sauvé.
- François Villeroy de Galhau démissionne 18 mois avant la fin de son second mandat, prévu fin 2027, pour quitter ses fonctions début juin 2026
- Le gouverneur de 66 ans prendra la présidence de la Fondation Apprentis d'Auteuil, succédant à Jean-Marc Sauvé dont le mandat se termine fin mai
- En 10 ans et 8 mois à la tête de la Banque de France, il a réduit les effectifs de près de 30% et modernisé l'institution
- Le Conseil général de la Banque de France a validé cette future activité lors de sa séance du 6 février 2026
- Son mandat aura été marqué par la gestion de crises majeures: premier mandat Trump, Covid-19 et guerre en Ukraine
Selon le communiqué officiel de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a fait part ce lundi 9 février de sa décision personnelle de quitter ses fonctions début juin prochain. Une annonce qui a créé la surprise dans les couloirs de l’Hôtel de Toulouse comme dans les cercles économiques français. Le gouverneur, nommé en novembre 2015 puis reconduit en 2021 pour un second mandat de six ans, devait théoriquement rester en poste jusqu’à fin 2027. Cette démission anticipée de 18 mois marque la fin d’une décennie tumultueuse à la barre de la banque centrale française.
Une décision mûrement réfléchie pour un nouveau défi
Dans une lettre adressée aux agents de l’institution, consultée par TF1 Info, François Villeroy de Galhau justifie son choix par une sollicitation de la Fondation Apprentis d’Auteuil. « J’ai été sollicité par la Fondation Apprentis d’Auteuil pour prendre la succession de son président actuel, Jean-Marc Sauvé, dont le mandat se termine fin mai prochain. Après mûre réflexion, j’ai décidé d’accepter cette nouvelle mission », écrit-il. Le Conseil général de la Banque de France a donné son accord à cette future activité lors de sa séance du 6 février.
Comme le rapporte l’Opinion, le gouverneur estime qu' »après près de onze ans, j’aurai accompli l’essentiel de ma mission, et qu’il est possible désormais d’en transmettre la responsabilité ». À 66 ans, cet énarque et polytechnicien, ancien banquier de BNP Paribas, tourne une page majeure de son parcours public pour se consacrer à la protection de l’enfance. Succéder à Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d’État, représente selon ses propres mots « une vraie valeur » à ses yeux.
Dix années sur une mer économique agitée
Le mandat de François Villeroy de Galhau aura été marqué par une succession de crises sans précédent. Arrivé à la tête de la Banque de France en novembre 2015, il a dû naviguer à travers le premier mandat de Donald Trump, la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine. Selon Le Dauphiné Libéré, il a mené une vaste réorganisation de l’institution, réduisant ses effectifs de près de 30% tout en lançant le chantier d’une nouvelle imprimerie pour les billets de banque.
« Nous avons transformé cette grande institution publique », s’est félicité le gouverneur dans son message d’adieu. « J’ai avec vous, grâce à vous, la fierté de ce qui a été accompli depuis 2015, même si j’en mesure bien sûr des limites ». Tout en prônant constamment la maîtrise des dépenses publiques, François Villeroy de Galhau a modernisé une institution aux missions aussi diverses que la lutte contre le surendettement, la fixation du taux du Livret A ou la fabrication des billets.
Un défenseur intransigeant de la rigueur monétaire
Encore récemment, le gouverneur sortant multipliait les prises de position fermes sur les sujets économiques sensibles. Comme le relate Sud Ouest, il avait déclaré sur BFM Business à propos de la chute du bitcoin: « Sur le bitcoin, les risques sont en train de se matérialiser, heureusement, ça n’est pas systémique ». Une position qui illustre sa ligne constante de prudence face aux actifs spéculatifs.
« Mes près de onze années à la tête de la Banque de France et au service de l’euro sont et resteront l’honneur de mon parcours public », selon François Villeroy de Galhau.
Sa vigilance sur les finances publiques lui avait également valu de lancer récemment un avertissement sur « un étouffement progressif » des comptes de l’État. Cette rigueur, alliée à une vision européenne affirmée, caractérise un mandat où l’indépendance de la banque centrale est restée une boussole intangible.
Des hommages unanimes du monde politique et financier
Les réactions n’ont pas tardé à saluer le parcours du gouverneur démissionnaire. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a déclaré sur le réseau Bluesky, selon TF1 Info: « Je salue l’engagement et le sens du service de François Villeroy de Galhau, qui a accompagné notre économie dans des années de profondes transformations. Son action a toujours été guidée par la rigueur, l’indépendance et le souci de l’intérêt général ».
La présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde, informée en amont de cette décision, a loué le « réalisme » allié à la « vision européenne » du gouverneur français. Selon Le Dauphiné Libéré, elle a ajouté: « Ses interventions amicales, ouvertes, orientées vers l’équipe, pleines d’humour et toujours bien argumentées ont grandement enrichi nos débats ».
« Le délai d’ici début juin est suffisant pour organiser paisiblement ma succession, selon les règles prévues par la loi de la République », assure François Villeroy de Galhau dans sa lettre aux agents.
La course à la succession s’ouvre
François Villeroy de Galhau a partagé sa décision il y a quelques jours avec le président Emmanuel Macron, le gouvernement et Christine Lagarde. « Je mesure que cette décision peut constituer une surprise pour vous », écrit-il aux salariés de la Banque de France. Le gouverneur sortant assure néanmoins que « le délai d’ici début juin est suffisant pour organiser paisiblement ma succession » et promet de rester « engagé sans relâche au seul service de ma mission de gouverneur » jusqu’à son départ effectif.
La nomination d’un nouveau gouverneur de la Banque de France intervient dans un contexte économique toujours incertain, marqué par les tensions géopolitiques et les défis de la transition écologique. Le successeur ou la successeure devra poursuivre la modernisation de l’institution tout en maintenant son indépendance face aux pressions politiques. Une mission d’autant plus délicate que la France fait face à des défis budgétaires considérables et que la zone euro navigue dans des eaux économiques complexes. Qui l’Élysée choisira-t-il pour piloter cette institution bicentenaire dans les turbulences à venir?
Sources
- Banque de France (9 février 2026)
- TF1 Info (9 février 2026)
- L'Opinion (9 février 2026)
- Le Dauphiné Libéré (9 février 2026)
- Sud Ouest (6 février 2026)