Fraude aux examens : l’Université Côte d’Azur durcit le ton

L'établissement niçois a lancé une campagne de sensibilisation début avril, avec des sanctions pouvant aller jusqu'à cinq ans d'exclusion.

Fraude aux examens : l'Université Côte d'Azur durcit le ton
Illustration Laura Martinez / info.fr

L'Université Côte d'Azur a officialisé une politique de tolérance zéro contre la triche le 1er avril 2026. Face à une hausse des cas détectés, l'établissement liste cinq comportements ciblés et alourdit les sanctions. Le débat sur les méthodes de surveillance s'invite sur les campus.

La campagne est diffusée sur les écrans des campus niçois et sur les réseaux sociaux de l’université depuis le 1er avril 2026. L’Université Côte d’Azur (UCA) y rappelle les règles et, surtout, les conséquences d’une fraude avérée : exclusion ferme de six mois minimum, pouvant aller jusqu’à cinq ans, selon France 3 Côte d’Azur.

Cinq comportements dans le viseur

La campagne, relayée sur le newsroom officiel de l’UCA, cible cinq situations précises : l’utilisation non autorisée de l’intelligence artificielle, la substitution de personnes lors des épreuves, les antisèches numériques, le plagiat et les échanges entre candidats pendant les examens.

Le déclencheur est chiffré. Les directions des Portails Sciences, Ingénierie, Technologies, Environnement et Sciences de la Vie font état d’une très forte augmentation des cas de fraude, tous cycles confondus, par rapport aux sessions précédentes. En 2025, des cas d’usurpation d’identité, d’aide-mémoire et d’utilisation de téléphone avaient déjà été détectés, selon les données publiées par l’établissement sur Instagram.

L’IA, nouveau vecteur de triche

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L’essor des outils d’intelligence artificielle générative a amplifié le phénomène, comme le souligne The Conversation dans une analyse sur la fraude académique en France. L’UCA n’est pas isolée, mais elle est l’une des premières à formaliser une réponse aussi structurée dans la région.

Sur le terrain académique, le ton monte. Des voix s’élèvent pour alerter sur la dégradation du niveau d’intégrité dans les amphis.

Du côté des étudiants, la politique de surveillance renforcée suscite des questions. Certains s’interrogent sur les critères de détection de l’IA dans les copies, un sujet encore débattu dans la communauté universitaire nationale.

Prochaine étape

Les examens du semestre impair 2025-2026 se poursuivent jusqu’en juin 2026, selon le calendrier publié par l’université. C’est sur cette session que la politique de tolérance zéro sera appliquée pour la première fois dans sa version formalisée. L’UCA n’a pas précisé si des dispositifs de surveillance supplémentaires seraient déployés dans les salles d’examen.

Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Correspondante à Nice, elle traite l'urbanisme côtier, la pression touristique, les débats sur la ligne nouvelle PACA et la criminalité dans l'arrière-pays. Diplômée de Sciences Po Aix, elle enquête sur les promoteurs immobiliers, les collectivités et les associations de riverains. Méthode rigoureuse : multiplier les entretiens, recouper les budgets, publier seulement quand le dossier tient.

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