Le FSB déjoue un projet d’attaque de drones IA contre deux bases aériennes russes
24 drones équipés d'intelligence artificielle et de composants occidentaux saisis avant leur lancement contre les bases d'Ukrainka et Shagol
Le Service fédéral de sécurité russe a annoncé avoir déjoué une opération d'envergure visant deux bases aériennes stratégiques en Extrême-Orient et dans l'Oural. Les auteurs, liés selon Moscou aux services ukrainiens, comptaient utiliser des drones équipés de modules d'IA pour contourner les défenses russes.
L’essentiel
- 24 drones saisis : équipés de modules d’intelligence artificielle pour contourner la guerre électronique
- 2 bases ciblées : Ukrainka (Extrême-Orient) et Shagol (Oural), installations stratégiques de l’aviation militaire russe
- Composants occidentaux : pièces fabriquées au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada et en Suède
- 1 kg d’explosifs : par drone, devant être lancés depuis des garages loués près des aérodromes
Une opération déjouée en Extrême-Orient et dans l’Oural
Le FSB a révélé ce 13 juillet avoir intercepté une série d’attaques de drones planifiées contre les bases aériennes d’Ukrainka, dans l’Extrême-Orient russe, et de Shagol, dans l’Oural. Selon le service de renseignement russe, l’opération était pilotée par les services ukrainiens et visait des installations militaires abritant avions de combat et bombardiers stratégiques.
Les auteurs présumés et leurs complices ont été interpellés par le contre-espionnage russe alors qu’ils s’apprêtaient à lancer les drones depuis des garages loués à proximité des cibles. Les 24 drones FPV saisis transportaient chacun un kilogramme d’explosifs, selon le FSB.
Des drones équipés de modules d’intelligence artificielle
Les engins interceptés étaient équipés de modules de contrôle utilisant l’intelligence artificielle, conçus selon Moscou pour contourner les systèmes de guerre électronique russes. Cette technologie permet aux drones de maintenir leur trajectoire même en cas de brouillage des communications.
Le FSB indique que les composants provenaient de plusieurs pays occidentaux : Royaume-Uni, États-Unis, Canada et Suède. Les pièces auraient été acheminées vers la région de Briansk, dans l’ouest de la Russie, via des ballons et des drones transportant des conteneurs pré-assemblés.
Une fois en territoire russe, les équipements ont été dissimulés dans des véhicules équipés de remorques à double fond, cachés sous des appareils ménagers pour traverser le pays jusqu’aux régions ciblées, selon les services de renseignement russes.
Un mode opératoire déjà observé en 2025
Le FSB établit un parallèle avec une opération baptisée « Spiderweb » menée en juin 2025. Cette précédente attaque avait notamment visé la base d’Ukrainka, avec des conséquences matérielles importantes. Selon des sources américaines citées par Reuters, environ dix avions russes avaient été détruits lors d’une opération similaire en 2025.
Les deux bases ciblées en 2026 revêtent une importance stratégique pour l’aviation militaire russe. Ukrainka, située dans la région d’Amour, abrite des unités de bombardiers à long rayon d’action. Shagol, dans la région de Tcheliabinsk, accueille également des appareils militaires lourds.
Contexte du conflit russo-ukrainien
Cette affaire s’inscrit dans la guerre déclenchée en février 2022 par l’invasion russe de l’Ukraine. Depuis, les deux camps multiplient les opérations de renseignement et les frappes contre des cibles militaires situées en profondeur sur leurs territoires respectifs.
L’Ukraine a développé une capacité de frappe à longue distance utilisant notamment des drones de fabrication locale et des systèmes improvisés. Kiev ne commente généralement pas les opérations menées sur le territoire russe, mais revendique le droit de frapper des installations militaires russes dans le cadre de sa défense.
De son côté, la Russie dénonce régulièrement des tentatives d’attaques terroristes qu’elle attribue aux services ukrainiens, avec selon Moscou le soutien de pays occidentaux. Les annonces du FSB s’accompagnent systématiquement de la présentation de matériel saisi et d’images de suspects interpellés.
Questions sur la provenance des composants
L’origine occidentale des pièces saisies soulève des interrogations. Le FSB met en avant la présence de composants britanniques, américains, canadiens et suédois pour appuyer sa thèse d’un soutien occidental à l’Ukraine dans ce type d’opérations.
Ces composants électroniques sont disponibles sur le marché civil et peuvent être détournés de leur usage initial. Plusieurs pays occidentaux fournissent une aide militaire à l’Ukraine, incluant des systèmes de défense et de frappe, mais nient tout soutien à des opérations visant des cibles civiles ou relevant du terrorisme.
La Suède, qui a rejoint l’OTAN en 2024, et le Royaume-Uni figurent parmi les soutiens les plus actifs de Kiev. Les États-Unis et le Canada ont également livré du matériel militaire à l’Ukraine depuis le début du conflit.
Renforcement annoncé de la sécurité des bases
Selon le média russe Avia.pro, des discussions seraient en cours au sein du ministère de la Défense russe pour renforcer la protection des installations militaires sensibles. Les attaques de drones, plus fréquentes depuis 2023, ont révélé des vulnérabilités dans les dispositifs de défense périmétrique de certaines bases.
La répétition de tentatives visant Ukrainka suggère que cette base constitue une cible prioritaire. Sa position en Extrême-Orient, loin des zones de combat en Ukraine, complique la détection précoce d’opérations impliquant des drones à longue portée ou des agents infiltrés.
Le FSB n’a pas précisé combien de personnes ont été interpellées ni leur nationalité. Les images diffusées montrent du matériel électronique, des drones démontés et des explosifs.