Crise carburant : G7 porte plainte contre Uber et réduit sa flotte de 1 000 taxis
La coopérative parisienne attaque au tribunal de commerce pour forfaits illégaux, alors que la crise du carburant fait bondir les coûts des chauffeurs.
G7, première flotte de taxis d'Europe, a déposé une plainte contre Uber au tribunal de commerce de Paris pour concurrence déloyale. Dans le même temps, la coopérative réduit volontairement ses effectifs de 1 000 véhicules pour préserver les revenus de ses chauffeurs, étranglés par la hausse des prix du carburant depuis mars 2026.
G7, première flotte de taxis d’Europe, a déposé une plainte contre Uber au tribunal de commerce de Paris pour concurrence déloyale. Dans le même temps, la coopérative réduit volontairement ses effectifs de 1 000 véhicules pour préserver les revenus de ses chauffeurs, étranglés par la hausse des prix du carburant depuis mars 2026.
L’essentiel
- Plainte déposée : G7, via son président Nicolas Rousselet de l’Unit, a saisi le tribunal de commerce de Paris contre Uber pour forfaits sans compteur jugés illégaux.
- Flotte réduite : G7 passe de 10 500 à 9 500 véhicules sur 12 mois, en ne remplaçant pas 1 000 chauffeurs partant à la retraite.
- Coûts carburant : la facture mensuelle des chauffeurs est passée de 600 à 750 euros depuis mars 2026, selon Le Parisien.
- Crise carburant : l’essence a augmenté de 20 % et le diesel de 40 % en Île-de-France depuis mars 2026, en lien avec les tensions au Moyen-Orient.
- Marché en recul : le secteur des taxis franciliens a contracté de 3 % en 2025, selon les données croisées Le Parisien / INSEE.
Une plainte pour forfaits illégaux
Nicolas Rousselet, président de l’Unit (Union nationale des industries du taxi), a officialisé le dépôt de plainte de G7 contre Uber le 6 mai 2026. Le grief central : la pratique de forfaits sans compteur, que G7 qualifie d’illégaux au regard de la réglementation encadrant les taxis. Selon la coopérative, les tarifs proposés par Uber sont inférieurs de 20 à 40 % à ceux des taxis réglementés. Cette distorsion serait alimentée par du dumping social et des fraudes fiscales, toujours selon G7. Uber n’a pas communiqué publiquement de réponse à ces accusations à ce stade.
Ce n’est pas la première fois que G7 croise le fer avec la plateforme américaine. En 2020, une action collective de taxis avait été intentée au tribunal de commerce de Paris pour perte de valeur des licences et de chiffre d’affaires. En décembre 2023, la cour d’appel de Paris avait condamné Uber à verser près de 850 000 euros à 149 chauffeurs de taxi pour concurrence déloyale liée à l’ancien service UberPop, selon Le Monde. La même décision avait toutefois débouté près de 2 000 autres requérants.
Moins de taxis pour mieux protéger les chauffeurs
En parallèle de l’offensive judiciaire, G7 a choisi une stratégie défensive sur le terrain. Sur douze mois, la coopérative a laissé partir à la retraite 1 000 chauffeurs sans les remplacer. Résultat : la flotte parisienne est passée de 10 500 à 9 500 véhicules affiliés, selon Le Parisien. L’objectif affiché est de concentrer davantage de courses sur un nombre réduit de conducteurs, pour compenser la hausse des charges.
La dépense carburant d’un chauffeur G7 est passée de 600 à 750 euros par mois depuis mars 2026. Soit 150 euros de plus chaque mois, dans un secteur où les marges sont structurellement serrées. G7 revendique par ailleurs plus de 7 800 véhicules hybrides ou électriques dans sa flotte, ce qui tempère partiellement l’impact pour une partie des conducteurs.
Une crise carburant portée par les tensions au Moyen-Orient
Le contexte énergétique pèse sur l’ensemble de l’économie francilienne. Depuis mars 2026, l’essence a augmenté de 20 % et le diesel de 40 % en Île-de-France, une flambée directement liée aux tensions au Moyen-Orient, selon Ouest-France et L’Opinion. Le baril de pétrole dépasse 100 dollars. L’inflation nationale a bondi à 1,7 % sur un an en mars 2026, tirée par une hausse de 7,3 % des prix de l’énergie, selon l’INSEE.
Pour les professionnels de la route, la facture est directe et immédiate. Les aides économiques liées à la guerre au Moyen-Orient annoncées par le gouvernement n’ont pas encore filtré jusqu’aux indépendants du secteur du transport. Par ailleurs, le déploiement du Charles de Gaulle vers le détroit d’Ormuz illustre la dimension géopolitique qui alimente directement cette crise des prix.
Contexte dans le département de Paris (75)
Paris concentre l’essentiel du marché taxi français. G7 y est le premier opérateur, avec environ 10 000 véhicules affiliés en Île-de-France selon ses propres données. En face, plus de 56 000 chauffeurs VTC sont actifs en Île-de-France en 2025, représentant 81 % du marché VTC national concentré sur la région, d’après les données croisées de MagStartup et de l’Institut Chaban. Sur l’ensemble de la France, on compte environ 63 000 taxis agréés.
Le marché taxi francilien a reculé de 3 % en 2025, selon Le Parisien, corroboré par les séries INSEE. Cette contraction précède la crise carburant de 2026, ce qui suggère une fragilisation structurelle antérieure à la flambée des prix. La bataille judiciaire entre G7 et Uber s’inscrit donc dans un rapport de forces économique dégradé depuis plusieurs années pour les taxis réglementés.
Une audience sans date fixée
Le tribunal de commerce de Paris a été saisi, mais aucune date d’audience n’a été communiquée à ce stade. La procédure pourrait prendre plusieurs mois. En attendant, G7 maintient sa stratégie de restriction volontaire de flotte, un choix inhabituel pour une coopérative qui cherche habituellement à maximiser le nombre de licences actives.
Sources
- Le Parisien : Crise du carburant : G7 attaque Uber en justice et réduit sa flotte de taxis de mille véhicules
- Le Monde : Uber l'emporte dans sa bataille juridique contre près de 2 000 taxis
- Ouest-France : La guerre au Moyen-Orient a encore fait bondir l'inflation en France au mois de mars
- L'Opinion : La guerre au Moyen-Orient fait bondir l'inflation en France en mars, au plus haut depuis deux ans