Gard : un an de loi contre le narcotrafic, 47 interdictions de paraître et +31% de consommateurs mis en cause

Le préfet du Gard publie ce 13 juin 2026 un bilan chiffré de la première année d'application de la loi du 13 juin 2025 contre le narcotrafic.

Gard : un an de loi contre le narcotrafic, 47 interdictions de paraître et +31% de consommateurs mis en cause
Illustration Marine Vidal / info.fr

Un an après l'entrée en vigueur de la loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », le préfet du Gard dresse un premier bilan. Dans le département, 47 interdictions de paraître ont été prononcées, 7 commerces fermés et les interpellations de trafiquants progressent de 11 %.

L’essentiel

  • 47 interdictions de paraître sur des points de deal prononcées dans le Gard depuis l’entrée en vigueur de la loi, le 13 juin 2025.
  • +11 % de trafiquants interpellés et +31 % de consommateurs mis en cause en 2025 dans le département.
  • 7 fermetures de commerce liées au trafic de stupéfiants et 13 expulsions locatives (dont 2 avec résiliation judiciaire de bail) prononcées par le préfet.
  • 54 fermetures administratives d’établissements hors cadre narcotrafic en 2025, dont 47 pour vente illégale de tabac (contre 34 en 2024).

Un bilan publié le jour anniversaire de la loi

Le 13 juin 2025, la loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » était promulguée. Exactement un an plus tard, le préfet du Gard a rendu publics les premiers chiffres de son application sur le territoire gardois, via un communiqué diffusé sur le compte officiel de la préfecture.

Ce texte a accordé aux préfets de nouveaux outils administratifs : interdictions de paraître sur un point de deal, fermetures de commerces impliqués dans le trafic, expulsions locatives des occupants liés au narcotrafic. Le bilan publié ce 13 juin 2026 documente l’usage concret de chacun de ces leviers dans le Gard.

47 interdictions de paraître, 7 commerces fermés

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Depuis l’été 2025, le préfet a prononcé 47 interdictions de paraître sur des points de deal identifiés dans le département. Ces mesures administratives visent à éloigner des individus de zones de trafic sans nécessiter de condamnation pénale préalable.

Sept fermetures de commerces ont été ordonnées pour lien avec le trafic de stupéfiants. Par ailleurs, 13 expulsions locatives ont été engagées dans ce cadre, dont deux ont abouti à une résiliation judiciaire de bail - la mesure la plus sévère prévue par la loi.

Parmi les applications concrètes déjà documentées : plusieurs épiceries nîmoises avaient été fermées par arrêté préfectoral entre janvier et avril 2026, un dispositif similaire à celui déployé en Savoie sur la même période.

Interpellations : +11 % de trafiquants, +31 % de consommateurs

Sur le volet judiciaire, les chiffres 2025 fournis par la préfecture montrent une progression sensible de l’activité répressive. Le nombre de trafiquants interpellés a augmenté de 11 % par rapport à l’année précédente. La hausse est encore plus marquée du côté des consommateurs mis en cause : +31 %.

La préfecture ne détaille pas dans ce bilan la répartition géographique de ces interpellations ni les suites judiciaires données. Ces chiffres agrègent l’ensemble du département.

54 fermetures administratives pour tabac illégal

Parallèlement aux mesures issues de la loi narcotrafic, le préfet du Gard a exercé ses pouvoirs administratifs classiques. En 2025, 54 fermetures d’établissements ont été prononcées hors cadre de cette loi. Parmi elles, 47 concernaient la vente illégale de tabac, contre 34 en 2024 - soit une hausse de près de 38 % en un an.

Ce chiffre illustre une pression renforcée sur les commerces de proximité servant de points de vente informels, phénomène fréquemment associé aux réseaux de trafic dans les agglomérations du Gard.

Contexte dans le Gard

Le Gard (département 30, préfecture Nîmes) est régulièrement classé parmi les départements les plus touchés par le narcotrafic en France. Nîmes, avec ses quartiers prioritaires - Pissevin, Valdegour - concentre une part significative de l’activité des points de deal recensés par les services de l’État. Les opérations anti-stups y sont récurrentes depuis plusieurs années.

La loi du 13 juin 2025 s’inscrit dans une stratégie nationale portée par le ministère de l’Intérieur pour contourner les lenteurs de la voie pénale par des mesures administratives plus rapides. Le Gard figure parmi les départements où le préfet a fait usage précoce de ces nouveaux pouvoirs, dès les premières semaines suivant l’entrée en vigueur du texte.

Sur le plan régional, les affaires judiciaires liées à des violences se multiplient dans les départements voisins, signe d’un contexte sécuritaire tendu dans l’arc méditerranéen.

Prochaine étape

La préfecture n’a pas précisé à ce stade si un bilan intermédiaire serait publié avant la fin 2026. Les chiffres sur les suites judiciaires des 47 interdictions de paraître - respect des arrêtés, nouvelles infractions, levées de mesures - n’ont pas été communiqués dans ce premier bilan annuel.

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Sources

Marine Vidal

Marine Vidal

Marine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gard (30), avec Nîmes pour chef-lieu. Spécialité du département : patrimoine romain (arenes Nimes, Pont du Gard) et Camargue. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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