Gard : un ouvrier grièvement brûlé par acide lors d’un accident au CEA Marcoule

Une projection d'acide nitrique a blessé quatre salariés le 29 avril sur le site nucléaire de Chusclan, sans impact radiologique ni rejet toxique.

Gard : un ouvrier grièvement brûlé par acide lors d'un accident au CEA Marcoule
Illustration Marine Vidal / info.fr

Un accident du travail survenu le 29 avril 2026 à 11h dans l'installation de cimentation du CEA Marcoule a causé des brûlures chimiques graves à un ouvrier sous-traitant, évacué par hélicoptère au CHU de Montpellier. Trois autres salariés ont été blessés plus légèrement. Le CEA affirme que la situation est maîtrisée.

Un accident du travail survenu le 29 avril 2026 à 11h dans l’installation de cimentation du CEA Marcoule a causé des brûlures chimiques graves à un ouvrier sous-traitant, évacué par hélicoptère au CHU de Montpellier. Trois autres salariés ont été blessés plus légèrement. Le CEA affirme que la situation est maîtrisée.

L’essentiel

  • Date et heure : accident survenu le 29 avril 2026 à 11h sur le site CEA Marcoule, commune de Chusclan (Gard).
  • Victime grave : un ouvrier d’une entreprise sous-traitante, brûlé chimiquement, évacué par hélicoptère au CHU de Montpellier.
  • Trois blessés légers : pris en charge au centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze pour surveillance.
  • Cause : projection d’acide nitrique lors d’une manipulation dans l’installation de cimentation.
  • Aucun impact radiologique : pas de rejet toxique détecté, sûreté des installations non affectée, selon le communiqué officiel du CEA.

Ce qui s’est passé le 29 avril à Chusclan

L’incident s’est produit en milieu de matinée, vers 11h, dans l’unité de cimentation du site. Selon le communiqué officiel du CEA Marcoule publié le jour même, une projection d’acide nitrique s’est produite lors d’une manipulation. Quatre salariés ont été atteints.

Le blessé le plus grave - un ouvrier d’une entreprise sous-traitante, selon le média infoccitanie.fr - a été pris en charge sur place avant d’être évacué par hélicoptère. Il a été hospitalisé au service des grands brûlés du CHU de Montpellier. Les trois autres salariés, légèrement blessés, ont été transportés au centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze pour surveillance.

Le CEA a qualifié l’événement d’accident « conventionnel », terme qui désigne, dans le vocabulaire nucléaire, un incident sans dimension radiologique. Aucun rejet de matière toxique n’a été détecté. La sûreté des installations n’a pas été affectée, précise l’établissement dans son communiqué.

Brûlure chimique, pas radioactive : une distinction importante

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L’acide nitrique est utilisé dans plusieurs procédés de traitement des déchets nucléaires, notamment dans les opérations de cimentation qui permettent de conditionner certains effluents radioactifs. La substance est corrosive et peut provoquer des brûlures chimiques sévères au contact de la peau, indépendamment de toute radioactivité.

Le CEA a précisé que la victime n’a présenté aucune incidence radiologique. L’exposition à l’acide nitrique, dans ce cas, relève de la sécurité industrielle classique - et non de la radioprotection.

Une enquête interne a été ouverte, conformément aux procédures en vigueur pour tout accident du travail sur un site nucléaire. À ce stade, aucune date d’audience ni délai de résultats n’a été communiqué par le CEA. La question de la responsabilité de l’entreprise sous-traitante n’a pas été abordée dans les communiqués officiels disponibles.

Contexte dans le Gard

Le site nucléaire de Marcoule, créé en 1955, est implanté sur les communes de Chusclan et Codolet, dans le nord du Gard, en bordure du Rhône. Il constitue l’un des pôles majeurs du CEA dédié à la recherche nucléaire et au traitement des déchets.

Selon une étude de l’INSEE datant de 2011, environ 4 000 salariés travaillaient directement sur le site pour le CEA, EDF et Areva. En comptant les emplois indirects et induits, l’impact économique des sites de Marcoule et du Tricastin combinés représentait près de 19 000 emplois. Le poids de ce complexe industriel dans l’économie gardoise est donc considérable - et la question de la sécurité au travail y est particulièrement sensible, notamment pour les personnels sous-traitants, nombreux sur ce type de site.

La sécurité industrielle dans les installations à risques est un enjeu qui dépasse le seul cadre nucléaire. Des incidents dans des sites industriels et naturels rappellent régulièrement la complexité de la gestion des risques en zone rurale ou périurbaine. Ici, la dimension sous-traitance ajoute une couche supplémentaire au sujet de la responsabilité employeur.

Un historique d’incidents sur le site

Marcoule n’est pas inconnu des chroniques d’accidents industriels. Le 12 septembre 2011, une explosion s’était produite dans l’installation Centraco, également sur ce site. Un mort et quatre blessés avaient été recensés. L’incident avait été classé au niveau 2 sur l’échelle INES, sans fuite radioactive. Il reste l’accident le plus grave survenu à Marcoule dans l’histoire récente.

Plus loin dans le temps, en 1959, une fusion partielle de combustible s’était produite dans le réacteur G2 du site, selon les données historiques disponibles (Wikipedia / Liste des accidents nucléaires). L’accident de 2026 est d’une nature différente : il ne concerne pas la radioactivité mais la sécurité chimique dans une installation de traitement.

La récurrence de ce type d’événement sur un site de cette taille alimente un débat plus large sur les conditions de travail des sous-traitants dans l’industrie nucléaire française. Les entreprises extérieures intervenant sur les sites du CEA ou d’EDF représentent une part significative de la main-d’œuvre exposée aux risques. Les problématiques d’exposition aux substances chimiques concernent des territoires bien au-delà du seul secteur nucléaire.

La réaction officielle du CEA

Dans son communiqué publié le 29 avril, le CEA Marcoule a indiqué : « La situation est maîtrisée. » L’établissement a confirmé l’ouverture d’une enquête interne sans préciser son calendrier. Aucune déclaration de dirigeant n’a été publiée à ce stade.

France 3 Occitanie et Midi Libre ont confirmé les éléments du communiqué officiel dès le jour de l’accident. Le service des grands brûlés du CHU de Montpellier n’a pas communiqué sur l’état du blessé grave.

L’état de santé du salarié grièvement brûlé n’avait pas été précisé publiquement au moment de la publication de cet article. Le CEA devrait communiquer les conclusions de son enquête interne dans les semaines à venir, sans date annoncée à ce stade.

Sources

Marine Vidal

Marine Vidal

Marine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gard (30), avec Nîmes pour chef-lieu. Spécialité du département : patrimoine romain (arenes Nimes, Pont du Gard) et Camargue. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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