Gaz hilarant interdit dans l’espace public du Niortais : l’arrêté du préfet est signé

Le préfet Simon Fetet a signé le 11 mai 2026 un arrêté interdisant consommation, détention et vente non réglementée de protoxyde d'azote dans toute l'agglomération niortaise.

Gaz hilarant interdit dans l'espace public du Niortais : l'arrêté du préfet est signé
Illustration Agnès Poirier / info.fr

Le préfet des Deux-Sèvres a signé le 11 mai 2026 un arrêté officiel interdisant le protoxyde d'azote dans l'espace public de la communauté d'agglomération du Niortais. Une décision motivée par les alertes répétées de la police nationale depuis janvier 2025 et une explosion des déchets liés au gaz hilarant.

Le préfet des Deux-Sèvres, Simon Fetet, a signé le 11 mai 2026 l’arrêté n° 79-2026-05-11-00004 interdisant la consommation, la détention, le transport et la vente non réglementée de protoxyde d’azote dans l’espace public de la communauté d’agglomération du Niortais. Le texte est publié au recueil des actes administratifs spécial n° 79-2026-137.

L’essentiel

  • Arrêté signé le 11 mai 2026 : l’arrêté n° 79-2026-05-11-00004 du préfet Simon Fetet couvre l’ensemble de la communauté d’agglomération du Niortais.
  • 8 procédures policières : la police nationale a ouvert 8 procédures pour usage détourné depuis janvier 2025, avec saisies de bouteilles et signalements d’accidents routiers.
  • 1 019 cartouches collectées en 2025 : contre 450 en 2024, selon la communauté d’agglomération - plus du double en un an.
  • Amende de 150 € : infraction de 2e classe pour consommation dans l’espace public ; sanctions de 3e et 4e classe pour abandon de cartouches.
  • Interdiction totale pour les mineurs : la vente reste autorisée aux majeurs entre 8h et 20h, uniquement pour des cartouches ≤ 8,6 g en boîtes de 10.

Ce que dit l’arrêté

Le texte signé par Simon Fetet interdit dans l’espace public de l’agglomération niortaise la consommation, la détention et le transport de protoxyde d’azote à des fins récréatives, ainsi que sa vente non réglementée. L’arrêté préfectoral prévoit des exceptions encadrées : la vente aux majeurs est tolérée entre 8h et 20h, pour des cartouches d’au maximum 8,6 grammes conditionnées en boîtes de dix unités. Toute vente à des mineurs est strictement prohibée.

Les infractions à la consommation dans l’espace public sont passibles d’une amende de 2e classe, soit 150 euros. L’abandon de cartouches est sanctionné plus lourdement, en 3e ou 4e classe, en raison des risques qu’il génère pour les équipements de collecte des déchets.

Des alertes policières depuis janvier 2025

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Selon la préfecture des Deux-Sèvres, l’arrêté répond à des signalements accumulés depuis janvier 2025. La police nationale a ouvert 8 procédures pour usage détourné de protoxyde d’azote, procédé à des saisies de bouteilles et constaté des accidents routiers directement liés à la consommation du gaz. Les pompiers ont également transmis des signalements concernant des tentatives de suicide impliquant le produit, selon les informations rapportées par La Nouvelle République et le site Eniort.

Le 12 mai 2026, la police nationale des Deux-Sèvres a diffusé une vidéo d’alerte sur les dangers du produit pour les jeunes, citant des risques d’asphyxie, de pertes de connaissance et d’accidents routiers. Cette alerte avait été détaillée dans notre édition du 12 mai.

Des déchets qui ont plus que doublé en un an

Le volume de cartouches abandonnées dans l’espace public illustre la progression du phénomène. La communauté d’agglomération du Niortais en a collecté 1 019 en 2025, contre 450 en 2024, selon les données rapportées par Eniort et la radio Alouette. Outre l’atteinte à l’environnement, ces cartouches posent un risque d’explosion dans les incinérateurs. Au niveau national, France 3 Régions signalait en 2025 près de 25 000 explosions de bonbonnes dans les incinérateurs français sur l’année, soit une hausse d’au moins 10 % par rapport à 2024.

Contexte dans les Deux-Sèvres

Le Niortais n’est pas un cas isolé dans le département. La consommation de protoxyde d’azote touche principalement les jeunes de 18 à 24 ans : selon Santé publique France, 14 % d’entre eux avaient expérimenté le gaz en 2022, avec une hausse continue des intoxications depuis 2020. Le Sénat classe désormais le protoxyde d’azote au rang de troisième substance la plus consommée en France.

Sur le plan routier, la tendance est préoccupante. D’après une étude relayée par Le Parisien, la consommation au volant a progressé d’au moins 10 % en 2025, contribuant selon BFMTV à une hausse de 2,1 % de la mortalité routière nationale cette année-là.

Des arrêtés comparables ont été pris dans d’autres départements : en Charente en janvier 2026 pour l’ensemble du territoire, en Ariège en avril 2026 jusqu’au 15 septembre, et en Gironde entre décembre 2025 et mars 2026. Les comportements à risque sur la route restent une préoccupation récurrente pour les forces de l’ordre.

Application immédiate

L’arrêté est entré en vigueur dès sa publication, le 11 mai 2026. Sa mise en œuvre repose sur les forces de police et de gendarmerie présentes sur le territoire de l’agglomération. Aucun calendrier de bilan ou d’évaluation n’a été communiqué par la préfecture à ce stade.

La préfecture des Deux-Sèvres n’a pas précisé si des actions de sensibilisation complémentaires seraient engagées auprès des établissements scolaires ou des commerçants concernés par les nouvelles obligations de vente.

Sources

Agnès Poirier

Agnès Poirier

Agnès est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Deux-Sèvres (79), avec Niort pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale française des mutuelles d'assurance et Marais poitevin. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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