Guide pratique

Genou qui flanche : causes, diagnostic et solutions

7 min
Moyen
7 étapes
28 décembre 2025
Genou qui flanche : causes, diagnostic et solutions
Illustration : Genou qui flanche : causes, diagnostic et solutions © info.fr
Rédigé par L'équipe de la rédaction
Mis à jour le 28 décembre 2025
💡

En bref

Un genou qui flanche peut être un dérobement (faiblesse du quadriceps) ou une véritable instabilité ligamentaire (rupture du ligament croisé antérieur ou luxation de rotule). Le diagnostic différentiel est essentiel pour choisir le bon traitement : rééducation musculaire ou chirurgie.

Un genou qui flanche est une sensation inquiétante qui touche de nombreuses personnes, sportives ou non. Cette impression de faiblesse ou d'instabilité peut avoir des origines très différentes : faiblesse musculaire, problème ligamentaire ou lésion articulaire. Selon les spécialistes en orthopédie, environ 50% des luxations de rotule récidivent sans prise en charge adaptée.

Les étapes à suivre

Étape 1 : Comprendre la différence entre dérobement et instabilité

Selon le Dr Jean-Etienne Perraudin, chirurgien orthopédiste spécialisé dans le genou, il existe deux phénomènes distincts. Le dérobement se caractérise par un genou qui fléchit, flotte ou lâche lors de la marche, avec une sensation de faiblesse. C'est principalement lié à une défaillance du quadriceps, le muscle extenseur du genou. À l'inverse, l'instabilité est un problème de stabilité rotatoire qui survient lors des changements de direction ou des pivots. Elle est généralement d'origine ligamentaire et peut nécessiter une intervention chirurgicale. L'instabilité s'accompagne souvent d'un gonflement du genou, parfois très rapide, alors que le dérobement n'entraîne généralement pas de gonflement. Cette distinction est fondamentale pour orienter le traitement.

💡 Si votre genou gonfle après un épisode où il a flanché, consultez rapidement : cela évoque une lésion intra-articulaire sérieuse.

Étape 2 : Les causes principales d'un genou qui flanche

L'instabilité du genou est souvent causée par l'hyperlaxité des ligaments, qui peut être d'origine héréditaire ou accidentelle suite à une entorse. Les ruptures du ligament croisé antérieur (LCA) représentent la cause ligamentaire la plus fréquente, survenant lors de changements brusques de direction ou de réceptions de saut. Les luxations de rotule constituent une autre cause majeure, touchant principalement les femmes, les adolescents et les personnes hyperlaxes. La faiblesse musculaire, notamment du quadriceps et des ischio-jambiers, provoque également une sensation de lâchage. Selon les données du CHU de Reims, on retrouve dans les pathologies traumatiques du genou sportif principalement des lésions méniscales, des ruptures du LCA et des problèmes d'instabilité de rotule. La pression exercée sur les genoux équivaut à 4 fois le poids du corps lors de la marche.

💡 L'hyperlaxité ligamentaire favorise l'instabilité et peut prédisposer aux entorses : un renforcement musculaire préventif est essentiel.

Étape 3 : Reconnaître les symptômes et situations à risque

Les symptômes varient selon la cause. Dans le dérobement, le genou peut lâcher complètement (le genou touche le sol), donner une impression de flotter ou partir en avant, ou encore s'effondrer vers l'arrière avec une douleur devant la rotule. L'instabilité ligamentaire se manifeste surtout lors de pivots, changements de direction ou sauts, avec parfois une sensation de craquement au moment du traumatisme. Certains signes doivent alerter : un gonflement rapide après l'incident, l'impossibilité de poser le pied par terre, une douleur intense ou une sensation que le genou ne tient pas. Ces symptômes peuvent indiquer une rupture ligamentaire ou une luxation de rotule. La peur de tomber et la perte de confiance dans son genou entraînent souvent une boiterie avec le genou fléchi.

💡 Marcher le genou verrouillé en extension permet de reprendre confiance dans l'appui et protège contre le risque de chute.

Étape 4 : Le diagnostic médical et les examens nécessaires

Le diagnostic repose d'abord sur l'examen clinique réalisé par un médecin ou un orthopédiste spécialisé. Des tests spécifiques permettent d'évaluer la fonction de chaque ligament, comme le test de Lachman pour le ligament croisé antérieur. L'interrogatoire est crucial car certaines luxations se réduisent spontanément et ne sont plus observables lors de la consultation. En cas de gonflement après traumatisme, une IRM est généralement prescrite pour confirmer une rupture ligamentaire et évaluer les lésions méniscales associées. Les radiographies permettent d'éliminer une fracture. Un scanner peut être nécessaire en cas de luxation récidivante pour identifier les prédispositions anatomiques. Selon les recommandations, un bilan précis après un incident avec gonflement est essentiel pour éviter une instabilité chronique qui entraînerait de nouveaux accidents.

💡 Ne tardez pas à consulter si vous avez ressenti un craquement lors du traumatisme : cela évoque souvent une rupture ligamentaire.

Étape 5 : Les traitements non chirurgicaux

Pour le dérobement lié à une faiblesse musculaire, l'auto-rééducation est très efficace. Elle consiste à renforcer le quadriceps par des exercices simples et progressifs, plusieurs fois par jour. La rééducation proprioceptive permet de travailler les appuis et de reprendre confiance dans son genou. Le port d'orthèses plantaires peut stabiliser et réaligner la cheville, la jambe, le genou et la hanche. Dans les cas d'instabilité plus sévères, une orthèse de genou peut être prescrite pour protéger l'articulation lors de la marche ou du sport. Le traitement symptomatique initial comprend des antalgiques, des anti-inflammatoires, l'application de glace 15 à 20 minutes plusieurs fois par jour, et le repos relatif avec des béquilles si nécessaire. La physiothérapie aide à renforcer les muscles autour de l'articulation et à mieux soutenir le genou.

💡 Les exercices de renforcement du quadriceps sont tellement simples et utiles pour reprendre le contrôle de son genou : pratiquez-les régulièrement.

Étape 6 : Quand la chirurgie est-elle nécessaire

La chirurgie est indiquée en cas d'instabilité rotulienne récidivante ou de rupture du ligament croisé antérieur confirmée. Pour l'instabilité de rotule, l'intervention est généralement proposée dès le 2e épisode de luxation, car le risque de récidive atteint environ 75% après un deuxième épisode, puis près de 100% au troisième. La technique la plus courante est la reconstruction du ligament patello-fémoral médial. Pour les ruptures du LCA, une reconstruction ligamentaire est nécessaire pour restaurer la stabilité du genou et éviter l'apparition de lésions méniscales et d'arthrose précoce. Environ 20 à 25% des athlètes opérés du LCA subissent une nouvelle blessure, souvent liée à une instabilité rotatoire antérolatérale non traitée. Le traitement chirurgical dépend des lésions, de l'âge, de l'activité physique et de la gêne ressentie par le patient.

💡 Après plusieurs luxations, la chirurgie devient nécessaire car les dégâts articulaires peuvent survenir dès la première luxation.

Étape 7 : La rééducation et la prévention des récidives

La rééducation débute dès le lendemain de l'intervention chirurgicale ou immédiatement après un traumatisme traité de façon conservatrice. Elle vise à récupérer les mobilités articulaires, renforcer le quadriceps pour le verrouillage actif du genou, et travailler la proprioception. Une attelle de genou en extension est souvent nécessaire pendant le premier mois. La récupération complète prend en moyenne 6 semaines pour une luxation simple, mais peut s'étendre de 6 à 12 semaines après chirurgie. Le renforcement des stabilisateurs du bassin, notamment les fessiers, est précoce et essentiel. Les exercices proprioceptifs sur surfaces instables permettent de retrouver confiance. Il faut éviter les positions accroupies, les genoux pliés prolongés et le piétinement. La reprise sportive progressive est autorisée après validation médicale et récupération musculaire complète.

💡 S'occuper de son genou avec des exercices simples et progressifs aide à reprendre confiance et évite souvent des opérations inutiles.

💡 Conseils et astuces

  • Différenciez un simple dérobement d'une instabilité ligamentaire en observant si le genou gonfle après l'incident
  • Consultez rapidement si vous ressentez un craquement, une douleur intense ou une impossibilité de prendre appui
  • Appliquez de la glace 15 à 20 minutes plusieurs fois par jour en cas de traumatisme pour limiter le gonflement
  • Renforcez votre quadriceps et vos fessiers régulièrement pour stabiliser naturellement votre genou
  • Évitez les positions accroupies, les genoux pliés prolongés et les sports à pivot tant que votre genou n'est pas stabilisé
  • Portez une genouillère adaptée lors des activités physiques si vous avez des antécédents d'instabilité

❓ Questions fréquentes

Un genou qui se dérobe signifie-t-il forcément une rupture ligamentaire ?

Non, le dérobement peut être lié à un quadriceps faible, à un genou douloureux ou évoquer une atteinte ligamentaire. Un examen clinique et parfois une imagerie sont nécessaires pour préciser la cause et distinguer le dérobement musculaire de l'instabilité ligamentaire.

Combien de temps faut-il pour récupérer après une luxation de rotule ?

La récupération se fait progressivement en 6 semaines en moyenne pour un premier épisode traité de façon conservatrice. Après chirurgie, une convalescence de 6 à 12 semaines est nécessaire, avec une rééducation intensive pour retrouver une fonction normale du genou.

Quel est le risque de récidive après une luxation de rotule ?

Environ 50% des patients connaissent une récidive après un premier épisode. Le risque augmente à 75% après un deuxième épisode, puis atteint près de 100% lors du troisième événement. C'est pourquoi la chirurgie est généralement proposée dès la deuxième luxation.

Peut-on éviter la chirurgie avec de la rééducation ?

Pour un dérobement lié à une faiblesse musculaire, l'auto-rééducation et le renforcement du quadriceps sont très efficaces et permettent d'éviter la chirurgie. En revanche, en cas d'instabilité ligamentaire avérée avec rupture du LCA ou luxations récidivantes, la chirurgie est souvent nécessaire pour stabiliser durablement le genou.

Quels sports peut-on pratiquer avec un genou instable ?

Il faut éviter les activités qui sollicitent trop les membres inférieurs et les sports à pivot (football, ski, basket) tant que le genou n'est pas stabilisé. Des activités à faible impact comme la natation ou le vélo peuvent être pratiquées progressivement, après validation médicale et renforcement musculaire suffisant.

📚 Sources

Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :

Ce guide vous a aidé ?