Gers : le bio résiste et annonce une hausse des surfaces en 2026

Malgré une chute de 37% des grandes cultures bio en 2024, le Gers reste premier département français et mise sur les aides à la conversion.

Gers : le bio résiste et annonce une hausse des surfaces en 2026
Illustration Hélène Dubos / info.fr

La Chambre d'agriculture du Gers annonce une reprise des conversions bio pour la campagne 2026. Le département conserve sa place de leader national avec 100 181 hectares certifiés, malgré une année 2024 difficile.

Le Gers reste le premier département français en surfaces bio et en nombre de producteurs, selon les données de la DRAAF Occitanie publiées début 2026. Avec 100 181 hectares convertis, il représente à lui seul une part significative des 604 281 hectares bio de la région, qui concentre 19% des surfaces nationales.

Pourtant, 2024 a été une année de turbulences. Les surfaces en grandes cultures bio ont reculé de 37% dans le département par rapport à l’année précédente, selon la synthèse technique publiée par la Chambre d’agriculture du Gers. À l’échelle nationale, la tendance est la même : les surfaces bio sont passées de 10,5% à 10,2% de la SAU en 2024, avec une chute de 12,4% sur les grandes cultures. L’Occitanie a été particulièrement touchée, à -21%, selon Bio Hauts-de-France.

Des aides pour relancer les conversions

Pour inverser la tendance, les aides à la conversion biologique (CAB) sont maintenues pour la campagne 2026. Plafonnées à 18 000 euros par exploitation, elles montent à 34 000 euros pour les jeunes agriculteurs, selon la Chambre d’agriculture du Gers. Un arrêté préfectoral du 26 septembre 2025 encadre ces engagements en Occitanie. La Région a par ailleurs mobilisé 17 millions d’euros de fonds européens en 2025 pour soutenir 2 800 exploitations face aux aléas climatiques, dont le secteur bio, selon La Semaine des Pyrénées.

Au niveau national, le marché bio montre des signes de rebond. La Banque des Territoires anticipe une croissance de 3,5% par an pour atteindre 13 milliards d’euros en 2026. Un signal encourageant pour les producteurs en reconversion.

Un passé porteur, un présent contrasté

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Le Gers avait connu une croissance forte du bio jusqu’en 2021, atteignant 60% des surfaces bio occitanes, selon Réussir Grandes Cultures. Depuis 2023, la dynamique s’est inversée : les surfaces de grandes cultures bio ont chuté de 38% en deux ans, sous l’effet conjugué des crises économiques et des aléas climatiques. Les difficultés de commercialisation et la pression sur les prix ont pesé sur les arbitrages des exploitants.

La Chambre d’agriculture ne détaille pas encore les volumes attendus pour 2026, mais annonce un retour à la hausse des surfaces converties. Les conditions d’accès aux aides et le rebond du marché sont cités comme facteurs favorables.

Prochaine étape : une journée technique sur les essais bio est prévue le 3 juin 2026, co-organisée par la Chambre d’agriculture du Gers, Arvalis et Creabio32, selon le compte Instagram de la Chambre.

Sources

Hélène Dubos

Hélène Dubos

Installée à Auch, elle couvre l'agriculture gersoise, le foie gras, les tensions sur l'irrigation et les fermetures de maternités. Diplômée de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en radio régionale. Ligne éditoriale : interroger les éleveurs, les associations de consommateurs, les élus, croiser les chiffres de consommation d'eau avant de conclure.

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