Gironde : 135 fermetures de classes et 40 postes supprimés pour la rentrée 2026
La sénatrice EELV Monique de Marco lance un appel aux maires et parents pour recueillir des témoignages sur le terrain.
La carte scolaire 2026 en Gironde entérine 135 fermetures de classes et 40 suppressions de postes d'enseignants. Face à cette contraction, la sénatrice Monique de Marco (EELV) a ouvert un questionnaire en ligne pour collecter les remontées des élus locaux et des familles.
L’essentiel
- 135 classes fermées dans le premier degré en Gironde à la rentrée 2026, selon Sud Ouest et les syndicats SNUIPP-FSU 33 et SNUDI-FO 33.
- 40 postes d’enseignants supprimés dans le département, confirmés par la sénatrice Monique de Marco sur X.
- 2 768 élèves en moins attendus dans le premier degré girondin à la rentrée (effectif 2025 : 130 204 élèves), selon Sud Ouest.
- Projet initial : 148 à 151 fermetures ; ramené à 135 après mobilisations et passage en instances (CSA-D, CDEN) en mars-avril 2026.
- 1 000 personnes environ ont manifesté à Bordeaux, pour un résultat limité : environ 7 annulations de fermetures, selon le SNUIPP-FSU 33.
Ce qui est acté pour septembre 2026
La Direction des services départementaux de l’Éducation nationale de la Gironde (DSDEN 33) a finalisé sa carte scolaire lors des instances réglementaires - CSA-D et Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) - réunies entre mars et avril 2026. Le bilan : 135 classes fermées pour environ 72 ouvertures, soit un solde net négatif lourd, et 40 suppressions de postes d’enseignants.
Ces chiffres sont croisés par plusieurs sources : le quotidien Sud Ouest, le site de Rue89 Bordeaux et les deux principaux syndicats du premier degré dans le département. La DSDEN 33 n’a pas publié de communiqué récapitulatif en open data à ce stade.
Les fermetures touchent l’ensemble du département. Selon Sud Ouest, 16 écoles sont concernées dans le seul secteur du Sud-Gironde. Dans le Blayais (arrondissement de Blaye), territoire qui suit de près les dynamiques métropolitaines bordelaises, huit classes sont supprimées à la rentrée.
Une mobilisation syndicale aux résultats limités
Le SNUIPP-FSU 33 et le SNUDI-FO 33 ont mené plusieurs actions pour contester le projet initial, qui prévoyait entre 148 et 151 fermetures de classes. Une manifestation à Bordeaux a réuni près de 1 000 participants, selon les syndicats.
Le résultat reste modeste. Le SNUIPP-FSU 33 chiffre à environ sept le nombre d’annulations de fermetures obtenues après ces mobilisations. Le SNUDI-FO 33 avait qualifié le projet de départ de « saignée » dans un communiqué publié avant les arbitrages finaux.
L’appel de la sénatrice Monique de Marco
La sénatrice EELV de la Gironde, Monique de Marco, a pris position publiquement sur le sujet. Elle a lancé un questionnaire en ligne destiné aux maires, adjoints chargés de l’éducation et parents d’élèves, pour recueillir des témoignages sur les fermetures de classes et le non-remplacement des enseignants absents.
La démarche s’inscrit dans le cadre d’une expérimentation nationale de carte scolaire concertée avec les territoires, lancée par le ministère de l’Éducation nationale le 23 avril 2026 dans 18 départements, dont la Gironde. Monique de Marco indique vouloir croiser ces remontées de terrain avec les données officielles avant de les porter au niveau national.
Contexte dans la Gironde
La Gironde est le département le plus peuplé de Nouvelle-Aquitaine, avec plus d’1,6 million d’habitants. Longtemps portée par une croissance démographique soutenue - notamment autour de la métropole bordelaise - la dynamique se retourne dans le premier degré. La baisse de 2 768 élèves attendue pour 2026 représente une accélération notable par rapport aux années précédentes.
En 2025, la carte scolaire girondine avait déjà acté 105 fermetures pour 46 ouvertures, selon Sud Ouest. Le passage à 135 fermetures nettes en un an marque une ampleur inédite. Rue89 Bordeaux qualifie la perte d’élèves de « sans précédent ».
À l’échelle de l’académie de Bordeaux, le budget 2026 prévoit la suppression d’environ 99 à 115 postes dans le premier degré, selon les sources syndicales et le site AEFinfo. Au niveau national, la loi de finances 2026 entérine la suppression de 2 229 postes dans le premier degré et 1 803 dans le second degré.
Des territoires ruraux en première ligne
Si la baisse démographique est réelle dans l’ensemble du département, les fermetures pèsent davantage sur les territoires ruraux et périurbains, où chaque classe supprimée peut fragiliser durablement une école de village. Le SNUIPP-FSU 33 pointe le risque de fermetures d’écoles à terme dans les communes les moins peuplées, sans avoir précisé de chiffre consolidé à ce stade.
La question du remplacement des enseignants absents - distincte des suppressions de postes structurelles - est également soulevée dans le questionnaire de Monique de Marco, signe que les tensions sur les ressources humaines dépassent la seule carte scolaire.
Les résultats du questionnaire de la sénatrice et les éventuelles suites parlementaires restent attendus dans les prochaines semaines, avant la rentrée de septembre 2026.
Sources
- Sud Ouest : 135 fermetures de classes, 2 768 élèves en moins à la rentrée en Gironde : la démographie scolaire dégringole
- SNUIPP-FSU 33 : Rentrée 2026 : malgré la forte mobilisation, seulement 7 annulations de fermetures de classes
- X / @moniquedemarco : Tweet de Monique de Marco sur les 135 fermetures et l'appel à témoignages
- Rue89 Bordeaux : Une perte d'élèves sans précédent : l'éducation nationale supprime 135 classes pour 72 créées en Gironde
