Gironde : 14 reprises de feu sous la canicule, le camp militaire de Souge menacé
Le 28 juillet 2026 dans l’après-midi, des reprises de feu ont directement menacé le camp militaire de Souge, site stratégique de 2 800 hectares situé entre Martignas-sur-Jalle et Saint-Médard-en-Jalles. Selon Orange Actu, des Canadair ont dû intervenir pour larguer de l’eau sur cette enceinte abritant le 13e régiment de dragons parachutistes et située à proximité d’infrastructures de l’avionneur Dassault.
La préfète de Gironde a déclaré l’incendie stabilisé le 28 juillet, signifiant qu’il ne progresse plus. Mais ce statut reste fragile : 10 reprises de feu ont été comptabilisées dans la journée sur des zones déjà brûlées, selon Ouest-France. Les moyens aériens et terrestres ont été redéployés en urgence pour contenir ces nouvelles flambées.
Des conditions météo qui compliquent la lutte
Le département a été placé en vigilance orange canicule ce mercredi 29 juillet, rapporte La Gazette France. Cette nouvelle vague de chaleur, combinée à des vents tournants, fait craindre une reprise à grande échelle du mégafeu. Les températures atteignent 35°C sur le terrain, selon Météo Express, compliquant le travail des équipes engagées.
Au 28 juillet, environ 2 500 pompiers restaient mobilisés sur le front, selon les données compilées par Wikipédia. Ce chiffre s’inscrit dans un dispositif total de 2 750 sapeurs-pompiers déployés depuis le début de la crise. Les autorités surveillent trois points chauds critiques : le bassin d’Arcachon, Cestas et le camp militaire de Souge, selon Boursorama.
Un bilan humain et matériel qui s’alourdit
L’incendie a parcouru 42 000 hectares au total, faisant de ce mégafeu l’un des plus destructeurs jamais enregistrés dans le département. Selon INFO.FR, 220 000 personnes ont été évacuées préventivement depuis le début de la crise. Le bilan humain s’alourdit également : 126 sapeurs-pompiers ont été blessés au 29 juillet, soit 16 de plus que la veille, rapporte TV5MONDE Info.
La préfète a autorisé le retour de certains habitants dans les secteurs du Haillan et de Mérignac/Eysines extra-rocade, sous conditions strictes, selon TF1info. Ces décisions restent réversibles en fonction de l’évolution du sinistre et des conditions météorologiques.
Le camp militaire de Souge, un site stratégique
Le camp de Souge s’étend sur 2 800 hectares d’espace naturel, principalement composé de forêt de pins. Il accueille le 13e régiment de dragons parachutistes, unité des forces spéciales de l’armée de terre. Sa position géographique en fait une zone à risque : situé en bordure de l’agglomération bordelaise, il jouxte des infrastructures sensibles, dont un site de l’avionneur Dassault.
Les largages aériens effectués le 28 juillet visaient à créer une barrière protectrice autour des installations militaires et à empêcher les flammes de progresser vers les zones habitées voisines. Les moyens terrestres ont été renforcés sur place pour sécuriser le périmètre.
Contexte dans la Gironde
La Gironde, département le plus vaste de France métropolitaine, compte 1,65 million d’habitants. Son territoire est couvert à 40 % par la forêt des Landes de Gascogne, massif de pins maritimes particulièrement vulnérable aux incendies en période de sécheresse. Le département a déjà connu des épisodes dramatiques par le passé, notamment en 1949 avec l’incendie historique de Cestas.
L’agglomération bordelaise, avec plus de 800 000 habitants, se trouve directement exposée par la proximité des zones forestières. Le camp de Souge, situé à une quinzaine de kilomètres du centre de Bordeaux, constitue une interface sensible entre espaces naturels et urbains. La région Nouvelle-Aquitaine concentre près de 60 % des surfaces forestières brûlées en France chaque année.
Un dispositif de lutte exceptionnel
Depuis le début de la crise, les autorités ont mobilisé un dispositif sans précédent. Les 4 150 pompiers engagés proviennent de toute la France, avec des renforts venus de départements aussi éloignés que le Nord ou l’Est. Les moyens aériens comprennent plusieurs Canadair et hélicoptères bombardiers d’eau, coordonnés depuis le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours.
La stratégie de lutte repose sur la protection des zones habitées et des infrastructures critiques, tout en tentant de contenir les reprises de feu dans les secteurs déjà brûlés. Les équipes utilisent des techniques de contre-feu et créent des tranchées coupe-feu pour limiter la progression des flammes.
Une situation qui reste évolutive
La qualification de feu « stabilisé » ne signifie pas que l’incendie est maîtrisé. Les conditions de canicule et de vent peuvent faire basculer la situation à tout moment. Les autorités maintiennent l’alerte maximale et appellent la population à la vigilance. Les accès forestiers restent interdits dans l’ensemble du département.
Les prochaines 48 heures seront déterminantes. Les services météorologiques annoncent une possible baisse des températures en fin de semaine, ce qui pourrait faciliter le travail des pompiers. En attendant, les équipes poursuivent leur combat contre les reprises de feu, avec une attention particulière portée au camp militaire de Souge et aux zones limitrophes de l’agglomération.