Gironde : enquête pour tentative d’assassinat après l’incendie d’une maison à Saint-Denis-de-Pile
Un homme de 53 ans a été interpellé au petit matin, soupçonné d'avoir incendié le domicile de son ex-compagne. La victime doit la vie à une voisine.
Dans la nuit du 16 au 17 juin 2026, une maison a été entièrement détruite par un incendie criminel à Saint-Denis-de-Pile. La victime, âgée de 53 ans, a été sauvée in extremis par sa voisine. Son ex-compagnon, visé par une mesure d'éloignement depuis le 13 juin, a été interpellé le lendemain. Le parquet de Libourne a ouvert une enquête pour tentative d'assassinat.
L’essentiel
- Nuit du 16 au 17 juin : une maison de 80 m² entièrement détruite par le feu à Saint-Denis-de-Pile (Gironde).
- Victime sauvée : une femme de 53 ans réveillée par sa voisine, alors qu’elle dormait profondément.
- Ex-compagnon interpellé : l’homme de 53 ans, sous le coup d’une mesure d’éloignement depuis le 13 juin, a été arrêté le 17 juin au matin.
- Qualification criminelle : le parquet de Libourne a ouvert une enquête pour tentative d’assassinat, confiée à la brigade de recherches de Libourne.
Les faits : un incendie volontaire en pleine nuit
Dans la nuit du 16 au 17 juin 2026, un violent incendie a ravagé une maison de 80 m² située à Saint-Denis-de-Pile, commune de 5 955 habitants au nord-est de Libourne. Le feu s’est déclaré aux alentours de 3 heures du matin, selon les premières constatations des gendarmes. L’occupante des lieux, une femme âgée de 53 ans, dormait profondément lorsqu’une voisine, alertée par les crépitements et les odeurs, a donné l’alerte et l’a réveillée in extremis. La victime a pu évacuer avant que la toiture ne s’effondre. Aucun blessé n’est à déplorer, mais la maison est totalement inhabitable.
Selon les informations communiquées par la gendarmerie, l’origine criminelle ne fait aucun doute. Des traces d’accélérant ont été retrouvées sur place par les enquêteurs de la brigade de recherches de Libourne, chargée de l’affaire.
Un ex-compagnon sous surveillance judiciaire
L’enquête a rapidement orienté les soupçons vers l’ex-compagnon de la victime, un homme également âgé de 53 ans. Le couple était séparé depuis le mois d’avril 2026. Depuis cette rupture, la victime subissait des menaces de mort et des violences récurrentes. Le 13 juin 2026 - soit quatre jours avant l’incendie - une mesure d’éloignement avait été prononcée par le tribunal judiciaire de Libourne à l’encontre du suspect, assortie de l’interdiction d’entrer en contact avec son ex-compagne. Celle-ci bénéficiait par ailleurs d’un téléphone grave danger (TGD), un dispositif d’alerte pour les personnes en situation de violences conjugales.
Malgré ces protections, l’incendie s’est déclaré. Le suspect a été interpellé par les gendarmes le mercredi 17 juin au matin, alors qu’il se rendait à son travail. Il a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de Libourne. Les auditions se sont poursuivies jusqu’au 18 juin.
Une qualification criminelle retenue
Le parquet de Libourne, contacté par info.fr, confirme que l’enquête a été ouverte sous la qualification criminelle de tentative d’assassinat. Cette qualification - plus grave que celle de violences volontaires ayant entraîné une incapacité - suppose une intention de donner la mort, caractérisée en l’espèce par l’incendie volontaire d’une habitation occupée en pleine nuit. Les investigations, confiées à la brigade de recherches de Libourne, doivent déterminer le déroulement précis des faits et le rôle exact du suspect. À ce stade, ce dernier nie les faits, selon une source proche de l’enquête.
Contexte dans le département
La Gironde est le département le plus peuplé de Nouvelle-Aquitaine avec 1,65 million d’habitants. Saint-Denis-de-Pile, commune rurale située dans le Libournais, connaît une augmentation de sa population depuis une dizaine d’années, mais reste marquée par un habitat pavillonnaire dispersé. Ce fait divers illustre une nouvelle fois la persistance des violences conjugales dans le territoire girondin. Selon les chiffres de la préfecture, en 2024, 2 562 victimes de violences conjugales ont été enregistrées en Gironde, soit une diminution de 6,8 % par rapport à 2023. Le téléphone grave danger est déployé dans tout le département ; il avait déjà permis d’éviter plusieurs passages à l’acte. L’affaire de Saint-Denis-de-Pile interroge toutefois sur l’effectivité de ces dispositifs face à des passages à l’acte rapides et violents.
Prochaine étape judiciaire
La garde à vue du suspect a été prolongée jeudi 18 juin. Le parquet de Libourne doit décider dans les prochains jours d’une éventuelle mise en examen et d’une demande de détention provisoire. Une information judiciaire pourrait être ouverte pour tentative d’assassinat. La victime, qui a été prise en charge par une cellule psychologique, a été entendue par les enquêteurs. Elle a été relogée par la mairie de Saint-Denis-de-Pile.
L’affaire rappelle la nécessité d’une vigilance renforcée autour des mesures d’éloignement, un sujet déjà soulevé par plusieurs associations de défense des droits des femmes. info.fr suivra l’évolution de ce dossier.