Gironde : Landiras teste un détecteur infrarouge sous la canopée pour prévenir les feux

Un boîtier solaire de la start-up Sylviacare surveille 10 hectares de pins et vise une alerte en moins de dix minutes.

Gironde : Landiras teste un détecteur infrarouge sous la canopée pour prévenir les feux
Illustration Hugo Castaing / info.fr

Depuis le 3 mars 2026, un capteur infrarouge expérimental est accroché à un pin à Landiras, en Gironde. Le dispositif, conçu par la start-up Sylviacare, doit détecter un départ de feu en moins de dix minutes et transmettre une alerte géolocalisée aux pompiers. Le test dure un an, à quelques kilomètres des zones ravagées par les mégafeux de 2022.

Depuis le 3 mars 2026, un capteur infrarouge expérimental est accroché à un pin à Landiras, en Gironde. Le dispositif, conçu par la start-up Sylviacare, doit détecter un départ de feu en moins de dix minutes et transmettre une alerte géolocalisée aux pompiers. Le test dure un an, à quelques kilomètres des zones ravagées par les mégafeux de 2022.

L’essentiel

  • Démarrage : Le test a débuté le 3 mars 2026 à Landiras, pour une durée d’un an.
  • Technique : Boîtier solaire breveté (Europe et USA depuis 2021), détection infrarouge sous la canopée sur 10 hectares, alerte en moins de 10 minutes avec géolocalisation et images en temps réel.
  • Coût estimé : Entre 4 et 10 euros par hectare ; commercialisation visée en 2027.
  • Contexte : Les mégafeux de juillet 2022 en Gironde ont détruit entre 20 000 et 30 000 hectares de forêt, dont 8 jours d’évacuation pour Landiras.
  • Partenaires : Communauté de communes Convergence Garonne, pôle Xylofutur, programme européen Interreg Sudoe (projet SocialForest).

Un boîtier fixé à trois mètres sur un pin

Le capteur Sylviacare est installé à 3 mètres de hauteur sur un pin, à 70 mètres de la route départementale et à environ 1 kilomètre d’une zone brûlée lors des mégafeux de l’été 2022, selon Le Parisien et Sud Ouest. L’appareil fonctionne à l’énergie solaire. Il ne détecte pas les fumées à distance, mais les rayonnements infrarouges émis sous la canopée - chaleur anormale, flamme naissante - dans un rayon couvrant 10 hectares.

Franck Gauthier, président et inventeur de Sylviacare, start-up basée en Indre-et-Loire, précise selon France Bleu : « Le capteur donne l’alarme, la géolocalisation précise et en plus, il envoie les images pour que les pompiers puissent qualifier l’urgence et savoir éventuellement comment intervenir. » Le boîtier peut détecter un réchaud à plus de 100 mètres.

Moins de dix minutes pour alerter les secours

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L’objectif affiché est une détection en moins de 5 à 10 minutes après le départ de feu, selon les données croisées de France Bleu et du Parisien. Dès l’alerte, le système envoie aux pompiers une géolocalisation précise à 50 mètres et des images infrarouges en temps réel, pour permettre une « levée de doute » avant engagement des moyens. Le brevet a été déposé en Europe et aux États-Unis dès 2021.

Le coût d’exploitation est estimé entre 4 et 10 euros par hectare. La commercialisation n’est pas prévue avant 2027, après exploitation des résultats du test girondins.

Contexte dans la Gironde

La Gironde concentre l’un des plus grands massifs forestiers d’Europe de l’Ouest, majoritairement composé de pins maritimes. L’été 2022 y a laissé des traces durables : les mégafeux de juillet ont détruit entre 20 000 et 30 000 hectares, selon Le Parisien et Wikipédia. Landiras avait été évacuée pendant huit jours. Son maire, Jean-Philippe Dulou, a déclaré au Parisien : « Ça a touché tout le monde, nous avons été évacués durant huit jours, je ne voudrais jamais revivre ça », ajoutant qu’il faudra « 20 ans pour que la nature reprenne ses droits » sur les zones incendiées.

La Gironde n’est pas la seule région concernée. Dans un contexte de réchauffement climatique, la montée des températures extrêmes allonge les périodes à risque d’incendie chaque année. La façade atlantique girondine, du Pilat aux forêts intérieures, reste particulièrement exposée.

Un projet porté par une intercommunalité et l’Europe

Le test s’inscrit dans le projet SocialForest, financé par le programme européen Interreg Sudoe, qui associe des territoires français, espagnols et portugais autour de la prévention incendie et de la restauration forestière, selon Interreg Sudoe. La Communauté de communes Convergence Garonne (CCCG) et le pôle de compétitivité Xylofutur portent le volet girondin.

Jean-Marc Depuydt, président de la CCCG, résume l’enjeu dans Le Parisien : « Intervenir le plus vite possible car chaque minute compte », et souligne que l’outil doit permettre « de maintenir une activité économique et d’accueillir de nouveaux habitants, sans mettre sous cloche les territoires concernés par le risque incendie. »

Un second site de test est prévu à Illats, commune voisine, selon Sud Ouest.

Prochaine étape : résultats attendus à l’horizon mars 2027

Le test court jusqu’au printemps 2027. Si les résultats sont concluants, Sylviacare prévoit une commercialisation pour la même année. Les données collectées à Landiras et Illats alimenteront le bilan du projet SocialForest, partagé entre les partenaires européens.

Sources

Hugo Castaing

Hugo Castaing

Hugo est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gironde (33), avec Bordeaux pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture Bordeaux (4 milliards CA) et métropole étudiante. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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