Gironde : 1,7 tonne de protoxyde d’azote et 24 100 € saisis, trois suspects en garde à vue
La brigade financière de Bordeaux a perquisitionné simultanément trois adresses girondines le 2 juin 2026, au terme d'une enquête ouverte en août 2025.
La BIAF/DCT Bordeaux a interpellé trois suspects lors de perquisitions à Cenon, Bruges et Artigues-près-Bordeaux le 2 juin 2026. Saisies 1,7 tonne de bonbonnes de protoxyde d'azote et 24 100 € en espèces. L'enquête, ouverte pour association de malfaiteurs, court depuis au moins dix mois.
L’essentiel
- 2 juin 2026 : perquisitions simultanées à Cenon, Bruges et Artigues-près-Bordeaux par la BIAF/DCT Bordeaux ; trois suspects placés en garde à vue.
- Saisies : 1,7 tonne de bonbonnes de protoxyde d’azote (120 cartons sur deux palettes) et 24 100 € en espèces.
- Qualification judiciaire : association de malfaiteurs liée à un trafic de protoxyde d’azote actif depuis au moins août 2025.
- Antécédent direct : un fourgon transportant 1,7 tonne de bonbonnes avait déjà été intercepté à Cenon en août 2025, avec quatre interpellations initiales.
Trois adresses perquisitionnées en même temps
Le mardi 2 juin 2026 au matin, des policiers de la brigade d’intervention des affaires financières (BIAF), rattachée à la direction centrale territoriale (DCT) de Bordeaux, ont frappé simultanément à trois portes dans la métropole girondine : une adresse à Cenon, une à Bruges et une à Artigues-près-Bordeaux. Les trois suspects interpellés sont des hommes d’une vingtaine d’années, tous domiciliés en Gironde, selon Sud Ouest et Le Figaro.
Le bilan des perquisitions est net : 120 cartons de bonbonnes de protoxyde d’azote, soit 1,7 tonne répartie sur deux palettes, et 24 100 € en espèces. La Police nationale a confirmé l’opération sur X :
Une enquête ouverte dix mois plus tôt
L’affaire remonte à août 2025. Un fourgon avait alors été intercepté à Cenon avec, à son bord, une cargaison identique : 1,7 tonne de bonbonnes de protoxyde d’azote. Quatre personnes avaient été interpellées et placées en garde à vue, avant d’être relâchées. L’enquête s’était poursuivie, selon franceinfo et Sud Ouest, jusqu’aux perquisitions du 2 juin 2026.
Le chef de qualification retenu est l’association de malfaiteurs en lien avec un trafic de protoxyde d’azote. Le protoxyde d’azote n’est pas classé comme stupéfiant en droit français, mais son usage récréatif - inhalation du gaz contenu dans les bonbonnes, communément appelé « gaz hilarant » - fait l’objet d’un encadrement légal renforcé depuis plusieurs années.
Un cadre légal durci, de la préfecture au Sénat
La vente de protoxyde d’azote aux mineurs est interdite depuis la loi du 1er juin 2021. En Gironde, le préfet Étienne Guyot est allé plus loin : un arrêté pris en décembre 2025 a interdit la détention, le transport, la vente et la consommation à des fins détournées dans le département, du 18 décembre 2025 au 18 mars 2026, selon la préfecture de la Gironde.
Au niveau national, le Sénat a adopté en première lecture, le 19 mai 2026, le projet de loi Ripost. Ce texte crée un délit d’inhalation hors cadre médical, passible d’un an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende, et valide l’interdiction de vente aux particuliers, selon Le Monde. Le projet doit encore achever son parcours législatif.
Contexte dans la Gironde
La Gironde n’en est pas à sa première saisie d’ampleur sur ce produit. En mars 2022, près de deux tonnes de protoxyde d’azote avaient déjà été saisies à Bruges dans une affaire d’importation depuis les Pays-Bas, selon Sud Ouest. La commune de Cenon, où le fourgon d’août 2025 avait été intercepté, figure aussi parmi les adresses perquisitionnées en juin 2026 - signe d’une implantation locale persistante du réseau.
La métropole bordelaise concentre depuis plusieurs années des saisies liées au protoxyde d’azote. L’actualité girondine est également marquée ces dernières semaines par d’autres dossiers judiciaires et sécuritaires dans le département. Les affaires de trafics impliquant des produits non classés stupéfiants posent aux parquets la question de la qualification pénale, ici résolue par le recours à l’association de malfaiteurs - un levier utilisé faute de texte spécifique plus lourd.
Pour mémoire, d’autres opérations de sécurité publique mobilisent régulièrement les forces de l’ordre dans le grand Sud-Ouest.
La suite judiciaire
À l’issue des gardes à vue, les trois suspects devaient être présentés au parquet de Bordeaux en vue d’un éventuel défèrement. Les suites judiciaires - mise en examen, contrôle judiciaire, détention provisoire - n’avaient pas encore été précisées par le parquet au moment de la publication de cet article. Le sort des quatre personnes interpellées en août 2025 n’a pas non plus été détaillé dans les sources disponibles.
Sources
- Sud Ouest : Bordeaux : les policiers découvrent 1,7 tonne de protoxyde d'azote et saisissent 24 100 euros
- Le Figaro : Bordeaux : trois individus interpellés après la saisie d'1,7 tonne de protoxyde d'azote
- Police Nationale 33 (X) : Communiqué officiel – saisie BIAF Gironde
- Le Monde : Le Sénat adopte le projet de loi Ripost