Gisèle Pelicot à La Rochelle : médaille d’honneur et appel aux victimes

Devant 80 personnes aux Cabanes urbaines, elle a évoqué le procès de Mazan, sa reconstruction et exhorté les victimes à parler

Gisèle Pelicot à La Rochelle : médaille d'honneur et appel aux victimes
Illustration Vincent Bonneau / info.fr

Le 27 mai 2026, Gisèle Pelicot a rencontré environ 80 lecteurs à La Rochelle, à la librairie Les Saisons. Une heure d'échange autour de son livre « Et la joie de vivre », paru en février. Le maire Olivier Falorni lui a remis la médaille d'honneur de la Ville.

Le 27 mai 2026, Gisèle Pelicot a rencontré environ 80 personnes - 90 % de femmes - à la librairie Les Saisons, aux Cabanes urbaines de La Rochelle. L’événement, organisé par le libraire Pascal Pradon, était consacré à son livre « Et la joie de vivre », coécrit avec la journaliste Judith Perrignon et publié par Flammarion le 17 février 2026. Les réservations, ouvertes dès avril, avaient été saturées en quelques jours selon les médias locaux.

L’essentiel

  • Date : rencontre-lecteurs le 27 mai 2026, librairie Les Saisons (Cabanes urbaines, La Rochelle), environ 80 personnes présentes.
  • Le livre : « Et la joie de vivre », Flammarion, coécrit avec Judith Perrignon, paru le 17 février 2026.
  • Médaille d’honneur : remise par le maire Olivier Falorni à l’hôtel de ville de La Rochelle avant la rencontre.
  • Le procès : ouvert le 2 septembre 2024 à Avignon, verdict le 19 décembre 2024 - Dominique Pelicot condamné à 20 ans de réclusion criminelle.
  • Citation clé : « Je vous en supplie, faites la démarche de parler et de dénoncer. N’ayez plus peur. C’est aux violeurs d’avoir honte. »

Une heure de témoignage face à un public ému

L’échange a duré une heure. Gisèle Pelicot est revenue sur le procès des viols de Mazan - ouvert le 2 septembre 2024 devant la cour d’assises d’Avignon - , sur son choix de s’opposer au huis clos, et sur la période de reconstruction qui a suivi le verdict du 19 décembre 2024. Elle a évoqué sa vie sur l’île de Ré, qu’elle décrit, selon La Dépêche du Midi, comme sa « source d’inspiration ». Elle y a refait sa vie et y a, selon le même journal, retrouvé l’amour.

Devant son public rochelais, elle a répété un message adressé aux victimes de violences : « Je vous en supplie, faites la démarche de parler et de dénoncer. N’ayez plus peur. C’est aux violeurs d’avoir honte. » Elle a refusé le terme d’icône, préférant se définir comme une « éveilleuse », selon Sud Ouest.

La médaille d’honneur de la Ville remise par le maire

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Avant la rencontre, Olivier Falorni a reçu Gisèle Pelicot à l’hôtel de ville et lui a remis la médaille d’honneur de La Rochelle. Il a ensuite assisté à l’intégralité de la séance de dédicaces. Dans une déclaration relayée par Sud Ouest, il a déclaré : « Il n’y a pas beaucoup de femmes et d’hommes qui peuvent dire qu’ils ont fait basculer la société. Quand vous vous opposez au huis clos, vous nous permettez d’entrer dans une nouvelle ère. »

Un public majoritairement féminin, entre émotion et admiration

Selon les témoignages recueillis par ICI La Rochelle et Sud Ouest, l’assistance a salué la « force tranquille » et la douceur de Gisèle Pelicot. Plusieurs lectrices ont exprimé de l’émotion. Le libraire Pascal Pradon avait cadré l’accueil de façon à ce qu’elle « se sente à l’aise », précisait Le Parisien avant l’événement. Les 80 places avaient toutes été réservées, selon les informations de inf-info.fr et Sud Ouest.

Contexte en Charente-Maritime

Gisèle Pelicot réside sur l’île de Ré, commune de la Charente-Maritime. Sa présence à La Rochelle prend donc une dimension locale particulière : la ville la plus peuplée du département - environ 80 000 habitants - accueillait une figure dont le territoire d’adoption est le même département. La lutte contre les violences faites aux femmes reste un enjeu national : selon les données du ministère de l’Intérieur, les faits de violences conjugales déclarés ont progressé en France chaque année entre 2019 et 2023. Dans ce contexte, la venue de Gisèle Pelicot s’inscrit dans un agenda local déjà sensibilisé à ces questions - la Charente-Maritime a été traversée par plusieurs drames familiaux ces dernières semaines. La librairie Les Saisons, indépendante, est l’une des enseignes culturelles de référence du centre-ville rochelais.

Le procès en appel de certains des 51 condamnés de Mazan devait se tenir fin 2025 devant la cour d’assises du Gard, selon Libération et Le Monde. Un seul accusé aurait maintenu son appel, selon Le Monde.

Un livre paru en février, une tournée nationale

« Et la joie de vivre » est sorti le 17 février 2026 chez Flammarion. Coécrit avec Judith Perrignon, il revient sur le parcours de Gisèle Pelicot depuis les révélations du procès jusqu’à sa reconstruction. La rencontre rochelaise s’inscrit dans un cycle de rencontres-lecteurs qui l’a conduite dans plusieurs villes françaises. D’autres acteurs locaux de la sécurité et de la justice sont également mobilisés en Charente-Maritime ces dernières semaines, dans un contexte où les violences - conjugales ou non - restent au cœur de l’actualité départementale.

La prochaine étape de la tournée de dédicaces n’a pas été communiquée à ce stade par l’éditeur ou la librairie Les Saisons.

Sources

Vincent Bonneau

Vincent Bonneau

Vincent est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Charente-Maritime (17), avec La Rochelle pour chef-lieu. Spécialité du département : ile de Re/Oleron et capitale ostreicole. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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