Gomis vs Brito : la revanche en suspens
Le Français veut effacer la polémique de leur premier combat
Le 28 septembre 2024, William Gomis battait Joanderson Brito par décision partagée à Paris. Le Brésilien n'a jamais digéré le verdict.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Santé de Gomis
Le Français souffre de myasthénie, une maladie auto-immune qui compromet sa disponibilité pour l'UFC Paris 2026.
Légitimité du verdict
La décision partagée controversée alimente les débats sur le favoritisme présumé envers le combattant local.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- William Gomis a battu Joanderson Brito par décision partagée (29-28, 29-28, 28-29) le 28 septembre 2024 à l'Accor Arena de Paris.
- Brito conteste le résultat depuis et affirme publiquement « Tout le monde sait que j'ai gagné. »
- Gomis a déclaré forfait pour l'UFC Paris 2026 en raison d'une myasthénie, une maladie auto-immune.
L’octogone de l’Accor Arena, 28 septembre 2024. Trois juges lèvent la main de William Gomis. Décision partagée, 29-28, 29-28, 28-29. Joanderson Brito secoue la tête. Il ne dit rien. Il sort. Depuis, il répète la même phrase: « Tout le monde sait que j’ai gagné ».
La pesée cérémonielle avait viré à l’accrochage. Poignée de main refusée, regards fixes, un staff qui s’interpose. Le combat a tenu ses promesses. Trois rounds - zéro KO, un verdict qui fâche. Le Français rentre chez lui avec un 13-2 au compteur.
Trois rounds, trois lectures
Les trois cartes des juges racontent trois combats différents. Deux donnent Gomis gagnant 29-28, une donne Brito gagnant 28-29. Pas de round 10-8, pas de knockdown qui tranche. Juste trois reprises serrées où chacun a imposé son jeu par séquences. Gomis a contrôlé la distance au striking. Brito a cherché le clinch et tenté plusieurs takedowns sans les convertir en contrôle prolongé. Dans ce type de combat, les juges privilégient souvent l’agression effective et la défense active. Deux d’entre eux ont estimé que Gomis avait fait légèrement plus. Le troisième a vu l’inverse.
Brito ne l’entend pas ainsi. « Tout le monde sait que j’ai gagné ce combat » - répète-t-il depuis. Il pointe le soutien du public parisien et suggère un biais en faveur du local. Les décisions partagées nourrissent toujours ce type de polémique. On se souvient de combats où les juges avaient donné la victoire au combattant à domicile malgré des statistiques contestables. La proximité des cartes signale souvent que le résultat aurait pu basculer. Mais une fois le verdict prononcé, il reste gravé au compteur.
Deux parcours divergents depuis le 28 septembre 2024
Gomis enchaîne. Une défaite contre Hyder Amil le 1er mars 2025 - puis une victoire face à Robert Ruchala le 6 septembre 2025 à Paris. Nouvelle défaite contre Pat Sabatini le 9 mai 2026. Bilan mitigé.
Brito, de son côté, perd contre Pat Sabatini le 5 avril 2025. Deux victoires suivent: Isaac Thomson le 13 décembre 2025 - Jordan Leavitt par soumission le 6 juin 2026. Il remonte.
Le forfait qui change tout
L’UFC Paris revient le 5 septembre 2026. Gomis ne sera pas là. Il annonce son forfait sur Instagram. Raison: myasthénie - une maladie auto-immune. Il mentionne aussi une coupe de poids catastrophique en mai 2024. Son corps dit stop.
C’était sa troisième victoire à domicile. Paris, c’est son territoire. Mais cette fois, l’octogone parisien se remplira sans lui.
Une maladie qui hypothèque l’avenir
La myasthénie - ce n’est pas une blessure qu’on soigne en six semaines. C’est une pathologie chronique qui affecte la transmission neuromusculaire. Les symptômes: faiblesse musculaire, fatigue rapide à l’effort, difficultés respiratoires dans les formes sévères. Pour un combattant professionnel, c’est un handicap majeur. L’entraînement intensif devient aléatoire. La coupe de poids, déjà éprouvante, peut aggraver les symptômes.
Gomis avait déjà signalé une coupe catastrophique en mai 2024. Quatre mois avant son combat contre Brito - son organisme montrait des signes de faiblesse. La myasthénie explique rétrospectivement ces épisodes. Elle impose désormais un calendrier médical imprévisible. Un retour reste possible, mais rien ne le garantit. Les commissions athlétiques exigent des bilans complets avant de délivrer une licence. Gomis devra prouver qu’il peut combattre sans risque pour sa santé.
Ce que personne ne dit
Un round 2 soulève des questions concrètes. Où? L’UFC Paris serait logique, mais Gomis sera-t-il médicalement apte? Quand? Pas avant plusieurs mois, le temps que sa condition se stabilise. À quel poids? Les deux évoluent chez les plumes, mais les coupes de poids de Gomis posent problème. Un passage chez les légers éliminerait ce stress, mais changerait la dynamique du combat. Brito, plus petit, y perdrait son avantage au clinch.
Le Brésilien n’a jamais digéré le 28 septembre 2024. Un round 2 réglerait les comptes. Mais pas avant que Gomis ne soit médicalement apte. La myasthénie - ce n’est pas une entorse. Le combat aura lieu, ou pas. Pour l’instant, c’est du vent.
Brito continue de monter. Gomis, lui, doit d’abord guérir.
