Gorges : un mari banni de sa commune après 28 ans de harcèlement conjugal

Condamné le 17 avril par le tribunal de Nantes, un électricien quinquagénaire ne pourra plus résider dans sa commune de Loire-Atlantique.

Gorges : un mari banni de sa commune après 28 ans de harcèlement conjugal
Illustration Stéphane Joly / info.fr

Un homme de Gorges a été condamné par le tribunal correctionnel de Nantes pour harcèlement moral sur son épouse après 28 ans de vie commune. La peine inclut un bannissement de la commune, malgré la présence de ses parents sur place. L'affaire s'inscrit dans un contexte de hausse nationale des violences conjugales.

Le jugement a été rendu le 17 avril 2026. Un électricien quinquagénaire, habitant de Gorges (Loire-Atlantique), a été reconnu coupable de harcèlement moral sur son épouse. Les faits ont débuté après que celle-ci a annoncé vouloir se séparer, au terme de 28 ans de mariage. Le tribunal correctionnel de Nantes a prononcé une peine de deux ans de prison avec sursis probatoire, selon Actu.fr.

La procureure de la République avait requis six mois ferme assortis de six mois avec sursis probatoire. Le tribunal est allé au-delà sur la durée du sursis, mais a écarté la prison ferme. Le condamné devra suivre des soins en addictologie. Il lui est interdit de contacter son ex-épouse et leurs deux enfants adultes, âgés de 20 et 22 ans. Sur le plan civil, il versera 1 900 € de dommages et intérêts à son ex-épouse.

Banni de Gorges malgré ses attaches

La mesure la plus marquante reste le bannissement de Gorges. Le condamné ne pourra plus résider dans cette petite commune, alors même que ses parents y vivent. Les modalités pratiques de cette interdiction n’ont pas été détaillées par le tribunal à ce stade.

Ce n’est pas un cas isolé à Gorges. En mars 2026, un menuisier quadragénaire avait déjà été condamné pour harcèlement moral sur son ex-conjointe, des faits commis entre septembre 2025 et mars 2026, toujours selon Actu.fr.

Un département mobilisé, des chiffres nationaux en hausse

Publicité

Ces affaires locales s’inscrivent dans une tendance nationale préoccupante. En 2025, 473 000 victimes de violences physiques ont été enregistrées en France, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024, dont plus de la moitié dans la sphère familiale, selon le ministère de l’Intérieur. Les violences sexuelles ont progressé de 8 %, avec 132 300 victimes recensées.

En Loire-Atlantique, le Département a renforcé son dispositif. En 2026, 17 protocoles locaux de mise à l’abri des femmes victimes de violences couvrent 160 des 207 communes du département, en coordination avec l’État, les associations et les forces de l’ordre. Neuf associations sont financées à hauteur de 208 810 €, et deux lieux ressources - Citad’elles à Nantes et Le 24 à Saint-Nazaire - reçoivent 130 000 €, toujours selon les délibérations du Conseil départemental. En 2025, 3 800 professionnels avaient participé à des formations sur les violences faites aux femmes. Le questionnement systématique lors des entretiens sociaux est généralisé en 2026.

Sources

Stéphane Joly

Stéphane Joly

Installé à Nantes, couvre la métropole, les tensions sur les transports, le port et les débats sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Formé au CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer en Loire-Atlantique. Conviction : ne jamais dépendre des communiqués de la mairie, interroger les associations, les syndicalistes, les riverains avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie