Sam Altman s’excuse : GPT-5 humilie OpenAI dès son premier jour

Routeur cassé, huit modèles supprimés sans préavis, utilisateurs furieux : le lancement de GPT-5 vire au fiasco pour OpenAI

Sam Altman s'excuse : GPT-5 humilie OpenAI dès son premier jour
Sam Altman s'excuse : GPT-5 humilie OpenAI dès son premier jour Illustration Nathalie Rousselin / INFO.FR

OpenAI a lancé GPT-5 le 7 août 2025. En 48 heures, Sam Altman devait s'excuser publiquement face à la colère des utilisateurs.

L'essentiel — les faits vérifiés
  • GPT-5 lancé le 7 août 2025 avec une architecture à trois niveaux (rapide, Thinking, routeur automatique)
  • 8 modèles supprimés sans préavis au moment du lancement, provoquant une révolte des utilisateurs payants
  • Le routeur automatique était cassé dès le premier jour — admis par Sam Altman sur X
  • GPT-5 échoue sur une soustraction basique (5,9 − 5,11) malgré la promesse « niveau doctorat »
  • Claude Opus 4.1 d'Anthropic jugé supérieur pour le codage selon les premiers tests
  • OpenAI a rétropédalé sous 48h, réintégrant GPT-4o pour les abonnés payants uniquement

Sam Altman avait promis un « super-pouvoir ». Il a livré un produit cassé. Le 7 août 2025, OpenAI dévoilait GPT-5, son modèle le plus ambitieux, censé symboliser la prochaine étape de l’intelligence artificielle. Quarante-huit heures plus tard, le patron d’OpenAI était contraint de s’excuser publiquement sur X, le routeur central du système ne fonctionnait pas, et des millions d’utilisateurs découvraient que huit modèles qu’ils utilisaient au quotidien avaient été supprimés sans préavis. Autopsie d’un lancement qui en dit long sur l’état réel de la course à l’IA.

LES ENJEUX
Confiance des utilisateurs trahie
Des millions d'abonnés payants ont vu leurs outils de travail supprimés sans préavis du jour au lendemain.
Course IA : OpenAI vs Anthropic
GPT-5 est déjà devancé par Claude Opus 4.1 sur le codage selon les premiers tests indépendants.
Limites des grands modèles
Bill Gates et Le Grand Continent pointent un plateau structurel dans les progrès des LLM depuis GPT-4.
Modèle économique sous pression
OpenAI valorisée 300 milliards doit justifier des investissements colossaux avec des lancements qui déçoivent.

La grande promesse : une IA « experte dans n’importe quel domaine »

Pendant des mois, Sam Altman a préparé le terrain. GPT-5 ne serait pas une simple mise à jour. Ce serait un saut qualitatif. Un modèle de « niveau doctorat », capable de rivaliser avec un expert humain dans n’importe quel domaine. Un « super-pouvoir » mis entre les mains de 700 millions d’utilisateurs hebdomadaires.

L’architecture, sur le papier, avait de quoi impressionner. GPT-5 repose sur un système unifié à trois composants : un modèle rapide pour les requêtes simples, un modèle « Thinking » pour le raisonnement approfondi, et un routeur automatique chargé d’orienter chaque requête vers le bon moteur. Côté API, trois variantes : gpt-5, gpt-5-mini, gpt-5-nano. La fenêtre de contexte grimpe à 256 000 tokens , un bond technique réel.

Le message d’OpenAI était clair : GPT-5 remplace tout ce qui précède. Plus besoin de choisir entre GPT-4o, o3, o3-Pro ou GPT-4.5. Un seul modèle pour tout faire.

C’est exactement là que tout a déraillé.

Jour 1 : le routeur est cassé, huit modèles disparaissent

Publicité

Le 7 août, dès les premières heures, les utilisateurs découvrent deux choses. D’abord, huit modèles ont été supprimés sans préavis : GPT-4o, o3, o3-Pro, GPT-4.5 et quatre autres. Aucun avertissement. Aucune période de transition. Les workflows construits depuis des mois par des développeurs, des chercheurs, des entreprises , volatilisés.

Ensuite, le routeur automatique , la pièce maîtresse de l’architecture, celle qui devait rendre l’expérience « magique » , ne fonctionne pas. Il oriente les requêtes complexes vers le modèle rapide. Il envoie des questions simples vers le modèle de raisonnement, consommant inutilement les quotas. Le système censé simplifier l’IA la rend imprévisible.

Sam Altman l’a reconnu lui-même sur X : « Cela a été un peu plus houleux que nous ne l’espérions. »

8 modèlessupprimés sans préavis le jour du lancement de GPT-5, privant des millions de développeurs de leurs outils de travail

La révolte des utilisateurs payants

Sur Reddit, la colère a été immédiate et massive. Les abonnés Plus , ceux qui paient 20 dollars par mois , se sont retrouvés avec un modèle qu’ils n’avaient pas demandé, des limites d’utilisation drastiques (80 messages toutes les trois heures, 200 messages par semaine pour le mode Thinking) et la disparition de l’outil qu’ils maîtrisaient.

Les mots sont durs. Un utilisateur résume le sentiment général sur Reddit : « C’est une machine à conneries horrible. » D’autres parlent de « deuil » pour GPT-4o, un modèle qu’ils jugeaient fiable, rapide, prévisible. Les utilisateurs gratuits, eux, sont limités à 10 messages toutes les cinq heures , une fenêtre si étroite qu’elle rend le produit quasi inutilisable pour tout usage sérieux.

Sam Altman a fini par concéder : « Nous avons sous-estimé à quel point certaines fonctionnalités de GPT-4o comptaient pour les utilisateurs. »

Sous la pression, OpenAI a réintégré GPT-4o , mais uniquement pour les abonnés payants , et augmenté les limites pour les comptes gratuits. Un rétropédalage en rase campagne, à peine 48 heures après un lancement présenté comme historique.

Un « niveau doctorat » qui bute sur l’arithmétique

Au-delà des problèmes d’infrastructure, c’est la promesse intellectuelle de GPT-5 qui vacille. Des tests élémentaires ont circulé dès les premières heures. L’un d’eux est devenu viral : l’équation 5,9 = x + 5,11. La réponse correcte est 0,79. GPT-5 répond −0,21.

Un modèle « niveau doctorat » qui échoue sur une soustraction de CM2. L’anecdote est cruelle, mais elle illustre un problème structurel : les grands modèles de langage restent des machines statistiques. Ils prédisent le mot suivant le plus probable. Ils ne « comprennent » pas les mathématiques. Ils les simulent , parfois bien, parfois catastrophiquement mal.

Soyons justes : GPT-5 excelle dans certains domaines. La génération de systèmes front-end, le débogage de référentiels de code complexes, les benchmarks de santé (HealthBench) , les résultats sont réels et documentés. Mais ces avancées ciblées ne correspondent pas au récit d’une IA omnisciente vendue par OpenAI.

La concurrence ne dort pas. Les premiers tests comparatifs placent Claude Opus 4.1, le modèle d’Anthropic, devant GPT-5 pour les tâches de codage. Le « super-pouvoir » d’OpenAI n’est même pas leader dans le domaine où ses utilisateurs l’attendent le plus.

Bill Gates avait prévenu

En octobre 2024, dix mois avant le lancement, Bill Gates accordait un entretien au quotidien allemand Handelsblatt. Son diagnostic était sans appel : GPT-5 serait une déception. OpenAI, selon lui, avait atteint un plateau. Les gains marginaux de chaque nouvelle génération diminuaient. La loi d’échelle , plus de données, plus de calcul, donc plus de performance , touchait ses limites.

La revue Le Grand Continent confirme cette analyse dans un registre plus académique : « La progression de GPT-5 se joue ailleurs que dans le passage à l’échelle. » Les auteurs pointent une « crise de l’évaluation de l’IA » , l’impossibilité croissante de mesurer si ces modèles progressent réellement ou s’ils optimisent simplement leur performance sur les benchmarks existants.

Le problème n’est pas que GPT-5 soit mauvais. Le problème est que l’écart entre la promesse et la réalité se creuse à chaque génération, alors que les coûts de développement, eux, explosent.

GPT-5 face à la concurrence

OpenAI, de plus en plus dos au mur ?

Le lancement de GPT-5 n’est pas un incident isolé. Sora, le générateur vidéo présenté comme révolutionnaire, a été fermé après six mois d’existence et 2,1 millions de dollars de revenus , une misère pour une entreprise valorisée à 300 milliards de dollars. Le modèle économique repose sur une fuite en avant : promettre toujours plus pour justifier des levées de fonds toujours plus massives, tout en livrant des produits qui ne tiennent pas leurs promesses au lancement.

Le schéma se répète. Annonce spectaculaire. Lancement précipité. Bugs critiques. Excuses publiques. Correctifs dans l’urgence.

La question n’est plus de savoir si GPT-5 sera corrigé , il le sera. La question est de savoir combien de temps le marché, les investisseurs et les 700 millions d’utilisateurs accepteront ce cycle. Et si GPT-6 pourra encore prétendre au saut qualitatif promis , ou si l’IA générative a bel et bien atteint le mur que Bill Gates voyait venir.

Sources

Nathalie Rousselin

Nathalie Rousselin

Reporter et journaliste d'investigation. Parcours en sciences sociales et journalisme de terrain. Expertise dans le traitement des faits de société et les enquêtes de fond. Expérience en presse quotidienne régionale. Rejoint INFO.FR pour couvrir l'actualité société et les faits divers.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie