Doucet publie dans Libération pour défendre les artistes face à Bolloré

Le maire de Lyon répond à Lisnard et qualifie l'agenda de Canal+ de « réactionnaire » dans une tribune parue le 20 mai

Doucet publie dans Libération pour défendre les artistes face à Bolloré
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Grégory Doucet a publié le 20 mai 2026 une tribune dans Libération pour soutenir les professionnels du cinéma signataires du texte « Zapper Bolloré ». Le maire de Lyon y répond au maire de Cannes David Lisnard et invite les artistes menacés à venir dans sa ville.

Grégory Doucet a publié le 20 mai 2026 une tribune dans Libération pour soutenir les professionnels du cinéma signataires du texte « Zapper Bolloré ». Le maire de Lyon y répond au maire de Cannes David Lisnard et invite les artistes menacés à venir dans sa ville.

L’essentiel

  • Tribune : Grégory Doucet publie le 20 mai 2026 dans Libération un texte intitulé «Zapper Bolloré : la liberté artistique ne se «nourrit» pas, elle s’exerce»
  • Contexte : La tribune collective «Zapper Bolloré» du 11 mai 2026 avait réuni près de 600 signataires, dont Juliette Binoche, Raymond Depardon et Adèle Haenel
  • Escalade : Le 17 mai, Maxime Saada (PDG de Canal+) annonce à Cannes que le groupe ne travaillerait plus avec les signataires ; le nombre de signatures passe à plus de 1 200
  • Poids financier : Canal+ préachète les droits de 74 % des films français produits et s’est engagé sur 480 M€ entre 2025 et 2027
  • Relais local : Tribune de Lyon et Lyon Capitale ont commenté la prise de position de Doucet dès le 21 mai 2026

Une réponse directe à Lisnard

Le texte de Doucet, publié dans Libération, s’adresse explicitement à David Lisnard, maire de Cannes, qui avait pris position dans le débat en défendant Canal+ et en critiquant les signataires de la tribune collective. Doucet formule sa réfutation en une phrase : «La liberté artistique ne se nourrit pas. Elle s’exerce.»

Le maire de Lyon qualifie l’agenda de Vincent Bolloré et de Canal+ de «réactionnaire», estimant qu’il constitue une menace directe pour la liberté de création. Il défend les quelque 600 professionnels du cinéma - parmi lesquels Juliette Binoche, Raymond Depardon et Adèle Haenel - qui avaient signé le texte initial publié le 11 mai dans Libération, selon Lyon Capitale.

La polémique depuis le 11 mai

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La tribune collective «Zapper Bolloré» avait été publiée le 11 mai 2026 dans Libération. Elle dénonçait l’emprise de Vincent Bolloré sur Canal+ et, par extension, sur le financement du cinéma français.

Le 17 mai, en plein Festival de Cannes, Maxime Saada, PDG de Canal+, a annoncé que le groupe ne travaillerait plus avec les signataires, qualifiant leur démarche d’injustice envers les équipes de Canal+, selon Le Monde. Cette menace a provoqué un afflux de nouvelles signatures : le collectif est passé de 600 à plus de 1 200 noms, dont Blanche Gardin et Robin Campillo, selon Le Huffington Post.

Le poids financier de Canal+ dans ce bras de fer est considérable. Le groupe préachète les droits de 74 % des films français produits et s’est engagé à verser 480 millions d’euros sur la période 2025-2027, selon France 24 et Variety.

Marc Bloch et l’héritage résistant de Lyon

Dans sa tribune, Doucet convoque la figure de Marc Bloch pour légitimer sa prise de parole. Il cite l’historien et résistant : «Il est encore temps d’élever la voix, de signer une tribune, de refuser de se taire.»

La référence n’est pas anodine dans le calendrier. Marc Bloch, exécuté à Lyon en 1944, entre au Panthéon le 23 juin 2026, selon le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) de Lyon. Des hommages ont eu lieu dans la ville dans les jours précédant la tribune.

Doucet conclut son texte par une invitation directe : «À tous les artistes et créateurs qui doutent, qui s’interrogent sur ce que cette bataille culturelle leur réserve : Lyon vous accueille», selon Lyon Capitale.

Contexte dans le Rhône

Lyon occupe une place singulière dans le paysage culturel français. La métropole héberge plusieurs festivals de cinéma, dont le Festival Lumière, l’un des plus importants en Europe pour le cinéma patrimonial. La ville s’est régulièrement positionnée comme un territoire d’accueil pour les industries créatives.

La prise de position de Doucet s’inscrit dans une dynamique politique plus large. Le Rhône est également dans l’actualité judiciaire et sécuritaire ces derniers jours : 93 interpellations et 106 kg de drogue saisis lors d’une opération anti-stups dans le département ont mobilisé les forces de l’ordre début mai. Sur le plan des infrastructures, 12 km de l’A7 entre Ternay et Vienne font l’objet d’une rénovation pour 8,5 M€.

La tribune de Doucet a été relayée localement par Tribune de Lyon et Lyon Capitale le 21 mai 2026, lui donnant un écho dans la presse régionale au-delà de sa publication nationale dans Libération.

Un débat national à résonance locale

La polémique autour de Canal+ et de Bolloré dépasse largement le seul cadre lyonnais. Elle touche à l’architecture du financement du cinéma français, dans lequel Canal+ joue un rôle structurant depuis des décennies. La menace de Maxime Saada a été perçue par une partie du milieu comme une tentative d’intimidation, ce que Doucet traduit explicitement dans sa tribune en parlant d’agenda «réactionnaire».

David Lisnard, maire de Cannes, n’avait pas répondu publiquement à la tribune de Doucet au moment de sa publication, selon les informations disponibles le 21 mai 2026.

La prochaine étape pour Lyon dans ce dossier culturel sera la panthéonisation de Marc Bloch le 23 juin 2026, événement auquel la ville est directement associée par son histoire résistante.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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