Grenoble : Barbara Butch porte plainte contre LFI pour provocation à la haine
La DJ et sa société visent La France insoumise, des élus et d'autres acteurs après l'interruption violente de son concert au festival Cabaret Frappé le 18 juillet
Cinq jours après l'interruption de son concert au festival grenoblois Cabaret Frappé, Barbara Butch passe à l'offensive judiciaire. L'artiste et sa société ont déposé plainte ce mercredi 23 juillet contre La France insoumise, certains de ses élus et d'autres entités pour provocation à la haine et à la violence.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Barbara Butch et sa société ont déposé plainte le 23 juillet 2026 contre La France insoumise, des élus et d'autres acteurs pour provocation à la haine et à la violence.
- Son concert au festival Cabaret Frappé à Grenoble avait été interrompu le 18 juillet par environ 150 militants, avec jets de bouteilles en verre.
- Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour délit d'entrave concertée aux libertés le 21 juillet 2026.
- Cette plainte s'ajoute à celle déposée par la mairie de Grenoble contre X dès le 19 juillet.
Barbara Butch et sa société ont déposé plainte le 23 juillet 2026 contre La France insoumise, des élus locaux et d’autres acteurs, a annoncé son avocate Me Audrey Msellati. Cette action judiciaire vise des faits de provocation à la haine et à la violence, violences aggravées, entrave à la liberté de création artistique et cyberharcèlement, selon l’AFP.
Cette nouvelle plainte s’ajoute à celle annoncée par la mairie de Grenoble dès le 19 juillet contre X pour les violences constatées lors du festival Cabaret Frappé, selon TV5MONDE Info.
Ce qui s’est passé le 18 juillet
Le concert de Barbara Butch au festival Cabaret Frappé a été interrompu le 18 juillet par environ 150 militants, dont des membres de La France insoumise et des militants propalestiniens. Des bouteilles en verre ont été jetées en direction de la scène, selon Le Dauphiné Libéré.
Les manifestants reprochaient à l’artiste la signature d’une tribune de soutien à une proposition de loi sur l’antisémitisme, qu’elle a depuis retirée, selon LCP. La performance a dû être arrêtée avant son terme.
Les qualifications juridiques retenues
Me Audrey Msellati a précisé que les plaintes visent plusieurs qualifications pénales : provocation à la haine et à la violence, violences aggravées, entrave à la liberté de création et cyberharcèlement, selon Watson. Les poursuites ciblent La France insoumise en tant que parti, mais aussi des élus locaux et d’autres personnes morales ou physiques.
Cette démarche se distingue de la plainte annoncée par la maire de Grenoble Laurence Ruffin contre X (Twitter) pour sabotage électrique, selon Public Sénat. Les deux actions judiciaires visent des faits différents liés au même événement.
Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête distincte pour « délit d’entrave concertée aux libertés » le 21 juillet 2026, selon Public Sénat. Cette procédure vise à identifier les auteurs des violences et à établir les responsabilités dans l’organisation de l’interruption du concert.
Contexte dans l’Isère
Le festival Cabaret Frappé, qui se tient chaque été dans le parc Paul Mistral à Grenoble, est l’un des événements culturels majeurs du département. L’Isère compte environ 1,32 million d’habitants, selon les données INSEE. Grenoble, préfecture du département, est une ville de gauche dirigée par la maire Laurence Ruffin.
L’affaire rappelle les tensions politiques croissantes autour de la liberté d’expression artistique en France. En juin dernier, un jeune homme handicapé avait été agressé à Saint-Étienne, soulignant la multiplication des faits de violence dans l’espace public.
La France insoumise n’a pas encore réagi officiellement à l’annonce de cette plainte. Le parti maintient sa ligne de soutien à la cause palestinienne et conteste toute responsabilité dans les violences constatées.
Réactions politiques et condamnations
L’interruption du concert a suscité des condamnations transpartisanes. Plusieurs élus de gauche, y compris au sein de la Nupes, ont dénoncé une atteinte à la liberté de création. La droite et l’extrême droite ont pour leur part pointé du doigt l’irresponsabilité de certains militants de gauche radicale.
La maire de Grenoble Laurence Ruffin avait qualifié ces faits d' »inacceptables » dès le lendemain de l’incident, annonçant le dépôt d’une plainte et promettant un soutien total à l’artiste.
Prochaines étapes judiciaires
Les enquêteurs vont désormais devoir identifier précisément les participants à l’interruption du concert et établir les liens éventuels avec des organisations politiques. Les plaintes pour provocation à la haine et à la violence requièrent de prouver un appel direct à commettre des actes violents.
L’instruction pourrait durer plusieurs mois. Les avocats de Barbara Butch devront démontrer que les violences subies sont directement liées à des déclarations ou des actions imputables aux personnes et organisations mises en cause.
Sources
- Le Dauphiné Libéré : Barbara Butch va porter plainte contre LFI pour provocation à la haine et à la violence
- Franceinfo : La DJ Barbara Butch va porter plainte contre La France insoumise pour provocation à la haine et à la violence
- Public Sénat : Concert de Barbara Butch interrompu : la gauche dénonce la censure en provenance de LFI