Grenoble : la préfète signe une convention pour déposer plainte à la Maison des femmes
La Maison des femmes Grenoble Alpes peut désormais accueillir les dépôts de plainte in situ pour les victimes de violences intrafamiliales, sexuelles ou sexistes.
Catherine Séguin, préfète de l'Isère, a signé dimanche 7 juin 2026 à la Maison des femmes Grenoble Alpes une convention permettant aux victimes de déposer plainte directement sur place. Cinq institutions partenaires sont engagées dans ce dispositif inédit pour le département.
L’essentiel
- Signature : convention signée le 7 juin 2026 par la préfète de l’Isère, le Parquet de Grenoble, la Police nationale, la Gendarmerie, le CHU Grenoble Alpes et l’association Uni(e-s)verselles.
- Objectif : permettre aux victimes de violences intrafamiliales, sexuelles ou sexistes de déposer plainte in situ, à la Maison des femmes (CHU Grenoble Alpes, La Tronche).
- Contexte chiffré : les violences conjugales enregistrées en Isère ont augmenté de 28 % entre 2022 et 2024, selon Catherine Séguin.
- Structure : la Maison des femmes, ouverte en novembre 2022, a déjà accompagné plus de 1 000 femmes victimes de violences.
Une convention signée par cinq partenaires
Dimanche 7 juin 2026, à l’Hôpital Couple-Enfant du CHU Grenoble Alpes à La Tronche, Catherine Séguin a apposé sa signature sur une convention inédite pour le département. Elle engage la Préfecture de l’Isère, le Parquet près le tribunal judiciaire de Grenoble, les forces de sécurité intérieure - Police nationale et Gendarmerie - , le CHU Grenoble Alpes et l’association Uni(e-s)verselles, co-porteuse de la Maison des femmes.
La Préfecture de l’Isère a annoncé la signature sur ses comptes officiels. L’accord formalise la possibilité pour les victimes de violences intrafamiliales, sexuelles ou sexistes de déposer plainte directement dans les locaux de la Maison des femmes, sans devoir se rendre dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie.
Ce que change concrètement la convention
Jusqu’ici, la Maison des femmes Grenoble Alpes proposait déjà un accompagnement pluridisciplinaire : prise en charge médicale, soutien psychologique, orientation juridique. La convention ajoute un maillon : les enquêteurs se déplaceront sur place pour recevoir les victimes en rendez-vous personnalisés.
L’objectif affiché est triple, selon la Préfecture : un cadre sécurisé et confidentiel pour la victime, une coordination renforcée entre soin, sécurité et justice, et une meilleure fluidité dans le traitement des dossiers. Les modalités pratiques - fréquence des permanences d’enquêteurs, délais de rendez-vous - restent à préciser par la Maison des femmes et le parquet de Grenoble.
La Maison des femmes : quatre ans d’activité, plus de 1 000 accompagnements
La structure a ouvert en novembre 2022 dans des locaux provisoires, avec une inauguration officielle le 25 novembre 2022. Elle est co-portée par le CHU Grenoble Alpes et l’association Uni(e-s)verselles. Depuis son ouverture, elle a accompagné ou orienté plus de 1 000 femmes victimes de violences, selon Place Grenet et le CHU.
Ses missions couvrent la stabilisation des victimes, leur reconstruction, et la prise en charge des mutilations génitales féminines. En novembre 2024, les services de l’État et la Maison des femmes avaient déjà co-élaboré un guide d’informations pour les femmes victimes de violences et leurs enfants, diffusé massivement en Isère, rappelle Place Grenet.
La structure fait partie d’un réseau national de 31 Maisons des femmes qui accompagnent collectivement plus de 17 000 femmes par an en France. L’Isère compte l’une des dix Maisons des Femmes Santé de la région Auvergne-Rhône-Alpes, selon l’ARS.
Contexte dans l’Isère
La signature s’inscrit dans le protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles de l’Isère pour la période 2026-2028, signé fin 2025 par la préfecture, selon le site isere.gouv.fr et le site mesinfos.fr.
Le chiffre avancé par Catherine Séguin est éloquent : les violences conjugales enregistrées dans le département ont progressé de 28 % entre 2022 et 2024, selon les données citées par affiches.fr et mesinfos.fr. Cette hausse reflète en partie une meilleure libération de la parole et un recours accru aux signalements - mais elle traduit aussi une réalité persistante sur le territoire.
Des dispositifs analogues existent déjà ailleurs. En 2023, une convention similaire avait été signée entre l’AP-HP, le parquet de Paris et la préfecture de police, permettant le dépôt de plainte dans les services d’urgences parisiens. Grenoble adapte ce modèle à une structure dédiée exclusivement aux femmes victimes de violences. La justice locale fait face à plusieurs dossiers sensibles dans la région, et ce dispositif entend désengorger les procédures classiques pour les victimes les plus fragilisées.
Un maillage institutionnel inédit pour le département
La réunion en un même lieu du médical, du judiciaire et du sécuritaire constitue un changement de méthode. Jusqu’ici, une victime devait souvent naviguer entre plusieurs interlocuteurs - hôpital, commissariat, parquet - dans des délais qui pouvaient décourager les dépôts de plainte.
La convention vise à supprimer cette friction. Les enquêteurs - policiers ou gendarmes selon la zone de compétence - se rendraient à la Maison des femmes sur rendez-vous pour recueillir les plaintes dans l’environnement déjà connu de la victime. La coordination entre forces de l’ordre et institutions locales est régulièrement mise à l’épreuve dans la région ; ce cadre formalisé entend y répondre de façon structurelle.
La mise en œuvre opérationnelle du dispositif - calendrier de démarrage, identification des référents au sein de chaque institution - n’a pas encore été détaillée publiquement par les partenaires signataires.
Sources
- Préfecture de l'Isère (@Prefet38) : Annonce officielle de la signature de la convention
- CHU Grenoble Alpes : Maison des femmes Grenoble Alpes — offre de soin
- Place Grenet : Un guide d'informations pour les femmes victimes de violences bientôt diffusé massivement en Isère
- Affiches de Grenoble et du Dauphiné : Violences sexistes : la lutte se poursuit