Grève à la crèche Babilou de Montauban : « Notre métier est devenu l’usine »

Les sept employées de la crèche Babilou Italie ont débrayé le 24 avril pour dénoncer sous-effectif et polyvalence forcée.

Grève à la crèche Babilou de Montauban : « Notre métier est devenu l'usine »
Illustration Jérôme Barthas / info.fr

À Montauban, les professionnelles de la crèche Babilou Italie sont en grève depuis le 24 avril 2026. Elles dénoncent des conditions de travail dégradées qui, selon elles, compromettent la sécurité des enfants. La CGT les soutient, et presque tous les parents aussi.

Sept employées. Une seule journée pour déclencher la grève. Le 24 avril 2026, l’ensemble du personnel de la crèche Babilou Italie, à Montauban, a cessé le travail. En cause : un sous-effectif chronique, l’absence d’un cuisinier et d’un agent d’entretien depuis deux mois, et une polyvalence forcée que les professionnelles jugent incompatible avec la sécurité des enfants, selon La Dépêche du Midi.

« C’est devenu l’usine »

Amélie Majorel et Caroline Grosjean, deux des grévistes, décrivent une industrialisation du métier qui transforme leur passion en travail à la chaîne. Rachetée par le groupe Babilou il y a deux ans, la crèche aurait connu huit directrices en quatre ans, sans amélioration notable des conditions depuis la reprise, toujours selon La Dépêche.

La CGT soutient le mouvement. La grève a été reconduite jusqu’au 27 avril. Dans une ville comme Montauban, où la mairie accompagne régulièrement les initiatives de lien social, aucune réaction officielle de la municipalité n’a été rapportée à ce stade.

Les parents dans le camp des grévistes

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Le soutien des familles est quasi unanime. Douze parents sur treize ont signé une pétition le 24 avril, appuyant les revendications des employées sur le sous-effectif et la sécurité des tout-petits. Un signal fort pour un établissement qui ne compte que quelques places disponibles.

Du côté de Babilou, le groupe affirme respecter les taux d’encadrement légaux et avoir recruté deux équivalents temps plein depuis la reprise. Aucun détail n’a été apporté sur les absences actuelles du cuisinier et de l’agent d’entretien, selon La Dépêche du Midi.

Un malaise qui dépasse la crèche Italie

La situation montalbanaise s’inscrit dans un débat national sur la gestion des crèches par de grands groupes privés. Babilou, fondé en 2003, est aujourd’hui le leader européen du secteur avec plus de 3 000 structures dans le monde. Sa croissance s’est appuyée sur des rachats successifs. Les grévistes, elles, pointent le revers de cette expansion : des établissements gérés à flux tendu, où le temps pour s’occuper des enfants se réduit.

Ce type de conflit social à Montauban n’est pas inédit dans le secteur public local - des agents territoriaux avaient déjà débrayé en juin 2021 sur des conditions de travail similaires. Dans les crèches privées de la ville, aucun mouvement comparable n’avait été signalé ces dernières années.

Prochaine étape : la grève est reconduite jusqu’au 27 avril 2026. L’issue des négociations entre les grévistes, la CGT et la direction de Babilou n’est pas connue à l’heure de publication.

Sources

Jérôme Barthas

Jérôme Barthas

Correspondant à Montauban, suit l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, les débats sur la viticulture et les projets routiers. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans le Tarn-et-Garonne. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les syndicats agricoles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de conclure.

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