Grève chez Decathlon à Nîmes : la moitié des salariés mobilisés le 6 juin
Environ 40 salariés sur 80 ont suivi le mouvement de grève au magasin de la zone Family Village, dans le cadre d'un appel national intersyndical inédit.
Le 6 juin 2026, environ la moitié des salariés du Decathlon de Nîmes ont débrayé devant leur magasin. Organisé par la section CFTC locale, le mouvement s'inscrit dans une mobilisation nationale historique portée par cinq syndicats réunis pour la première fois.
L’essentiel
- Mobilisation : environ 40 salariés sur 80 en grève le 6 juin 2026 au Decathlon de Nîmes (Family Village), soit la moitié de l’effectif - jusqu’à 80 % selon les sources syndicales citées par France 3 Occitanie.
- Appel national : premier mouvement intersyndical unifié de l’histoire de Decathlon (50 ans d’existence), porté par CFTC, CFDT, CGT, CFE-CGC et Unsa-Snad.
- Résultats records : Decathlon a dégagé un bénéfice net de 910 M€ en 2025 (+16 %), pour un chiffre d’affaires de 16,8 Md€ ; les syndicats dénoncent 1,4 Md€ de dividendes versés en 2024 et 600 M€ en 2026.
- Salaires : le nombre de SMICards chez Decathlon France serait passé de 3 000 à 4 800, selon la CFTC.
Devant le magasin, une matinée de piquet
Ce samedi matin, des salariés du Decathlon de Nîmes se sont rassemblés devant l’entrée de leur magasin, situé dans la zone commerciale Family Village. Selon Midi Libre et France 3 Occitanie, environ 40 des 80 employés ont suivi le mouvement. Les sources syndicales avancent un taux de participation pouvant atteindre 80 %.
Objectif Gard a publié photos et vidéos du rassemblement. Grégory Labrousse, délégué syndical central CFTC Decathlon, était présent sur place. Il a critiqué le déséquilibre entre les résultats financiers du groupe et la situation des salariés : « Ce n’est pas acceptable qu’une entreprise aussi prospère laisse ses salariés s’appauvrir », selon Midi Libre.
Des revendications sur les salaires et les conditions de travail
L’intersyndicale pointe trois axes principaux. D’abord, la dégradation des conditions de travail - ce que plusieurs salariés nîmois ont confirmé à la presse régionale sous la formule reprise par Midi Libre : « Nos conditions de travail sont très dégradées ». Ensuite, la stagnation salariale : selon la CFTC, le nombre de salariés rémunérés au SMIC est passé de 3 000 à 4 800 en France, sans revalorisation automatique au-delà des minima légaux.
Enfin, le partage des bénéfices. Les syndicats soulignent que Decathlon a distribué 1,4 milliard d’euros de dividendes en 2024 et 600 millions en 2026, pendant que le bénéfice net 2025 atteignait 910 millions d’euros (+16 %), pour un chiffre d’affaires de 16,8 milliards et un EBITDA de 1,8 milliard (+21 %). La CFTC réclame une augmentation générale brute, non précisée en montant dans les sources consultées.
Une première dans l’histoire de l’enseigne
Le fait marquant de ce 6 juin est l’unité syndicale. Pour la première fois en cinquante ans d’existence de Decathlon, cinq organisations - CFTC, CFDT, CGT, CFE-CGC et Unsa-Snad - ont lancé conjointement un appel à la grève, selon Ouest-France et actu.fr. Le mouvement visait les magasins le 6 juin, puis les entrepôts le 8 juin.
À l’échelle nationale, l’intersyndicale évoquait l’impact potentiel sur les quelque 325 magasins et 23 000 collaborateurs que compte Decathlon en France, selon les données de l’enseigne. Les estimations syndicales faisaient état de nombreux sites impactés ou fermés, sans chiffre définitif disponible dans les sources consultées à ce stade.
Contexte dans le Gard
Nîmes est la commune la plus peuplée du Gard, avec environ 150 000 habitants. La zone commerciale Family Village, où est implanté le Decathlon, concentre une part importante de l’emploi commercial de l’agglomération. Le magasin local, avec ses 80 salariés, représente un employeur de taille significative à l’échelle d’une zone périurbaine. Ce mouvement s’inscrit dans un département où les mobilisations sociales dans la grande distribution restent peu fréquentes. Nîmes a par ailleurs accueilli ce week-end d’autres événements portés par des associations locales. Dans un contexte régional marqué par des mouvements sociaux ponctuels, la ville fait régulièrement l’actualité sur des sujets de société variés.
La position de la direction, non communiquée
À ce stade, les sources disponibles ne rapportent pas de réponse officielle de la direction de Decathlon aux revendications soulevées à Nîmes ou au niveau national. Ni calendrier de négociation ni position de l’entreprise n’ont été communiqués dans les éléments consultés.
La suite dépendra de l’issue des discussions entre l’intersyndicale et la direction nationale. La mobilisation du 8 juin dans les entrepôts constituait la prochaine étape annoncée du mouvement.
Sources
- Midi Libre : "Nos conditions de travail sont très dégradées" : à Nîmes la moitié des salariés de Décathlon en grève ce samedi 6 juin
- Objectif Gard : NÎMES Mouvement de grève chez les salariés de Decathlon
- CFTC : Grève chez Decathlon : il n'est pas acceptable qu'une entreprise aussi prospère laisse ses salariés s'appauvrir
- Ouest-France : Decathlon : les syndicats appellent les salariés à une mobilisation nationale samedi 6 juin