Grogne des joueurs à Wimbledon : les têtes d’affiche réduisent leurs conférences de presse à 15 minutes
Les stars du tennis mondial, menées par Sinner, Sabalenka et Gauff, limitent leurs obligations médias pour protester contre la répartition des revenus en Grand Chelem.
À Wimbledon, les têtes d'affiche du tennis mondial ont décidé de limiter leurs conférences de presse à 15 minutes durant la première semaine du tournoi. Une action symbolique pour dénoncer la part des revenus reversée aux joueurs, alors que le All England Club a pourtant annoncé une dotation record.
L’essentiel
- Fait 1 : Les têtes d’affiche limitent leurs conférences de presse à 15 minutes durant la première semaine de Wimbledon 2026.
- Fait 2 : Ce geste symbolique fait référence aux 15 % des revenus du Grand Chelem actuellement reversés aux joueurs.
- Fait 3 : La dotation globale de Wimbledon atteint un record de 64,2 millions de livres (+20 %), mais les joueurs réclament 71 millions (16 %).
- Fait 4 : Jannik Sinner, Aryna Sabalenka et Coco Gauff mènent le mouvement, initié en mai à Roland-Garros.
Le bras de fer entre l’élite du tennis et les instances des tournois du Grand Chelem s’invite sur le gazon londonien. À l’occasion de Wimbledon 2026, les principaux têtes d’affiche du circuit ont décidé de limiter leurs conférences de presse à un quart d’heure lors de la première semaine de compétition, selon une information confirmée par Associated Press et Sky Sports. Un geste qui n’a rien d’anodin : il symbolise les 15 % des revenus du tournoi actuellement reversés aux joueurs sous forme de prize money.
Une action collective de l’élite
Menée par Jannik Sinner (Italie), Aryna Sabalenka (Biélorussie) et Coco Gauff (États-Unis), cette protestation a été préparée en amont avec l’ancien patron de la WTA, Larry Scott, indique The Guardian. Les joueurs concernés ne s’éterniseront pas face aux micros après leurs matches de la première semaine, qu’ils gagnent ou perdent. L’objectif : maintenir la pression sur l’All England Club et, au-delà, sur l’ensemble des tournois du Grand Chelem, jugés trop gourmands sur la répartition des recettes.
Le All England Club a pourtant augmenté la dotation globale de Wimbledon de 20 % cette année, pour atteindre le montant record de 64,2 millions de livres (environ 76 millions d’euros), rapporte la BBC. Les vainqueurs du simple messieurs et dames empocheront chacun 3,6 millions de livres, et les perdants du premier tour recevront 80 000 livres. Mais les joueurs estiment que cela reste insuffisant : ils réclament que leur part des revenus du tournoi passe de 14,4 % à 16 %, ce qui représenterait une dotation de 71 millions de livres.
La déception du All England Club
Deborah Jevans, présidente de l’All England Club, s’est dite surprise et déçue
par la reconduite de cette action, rapporte la BBC. Elle réfute l’utilisation des pourcentages de revenus comme seul critère de calcul de la dotation, estimant que les charges d’organisation et d’investissement sont également déterminantes. Nous avons augmenté le prize money de manière significative chaque année, et nous pensons que Wimbledon offre déjà l’une des meilleures rémunérations du circuit
, a-t-elle déclaré.
De son côté, Novak Djokovic a choisi de ne pas s’associer à ce mouvement de contestation, selon Tennis Temple. Le Serbe, vainqueur à plusieurs reprises sur le gazon londonien, n’a pas expliqué publiquement les raisons de cette absence.
Contexte dans le tennis français
Cette grogne fait suite à une première action menée en mai dernier lors du tournoi de Roland-Garros, où les joueurs avaient déjà restreint leurs engagements médias avant la compétition, rapportait alors l’AFP. Bien que les têtes d’affiche françaises n’aient pas été citées nommément dans les sources de ce mouvement, plusieurs d’entre elles, comme Ugo Humbert ou Caroline Garcia, pourraient être concernées par une éventuelle généralisation de la protestation. La Fédération française de tennis, qui organise Roland-Garros, suit de près ce dossier, alors que les discussions sur le partage des revenus en Grand Chelem s’intensifient.
Un bras de fer qui monte en intensité
Ce n’est pas la première fois que les joueurs utilisent leurs obligations médias comme levier de négociation. Mais l’ampleur inédite de la mobilisation - avec des noms comme Sinner, Sabalenka ou Gauff - et la coordination entre circuits masculin et féminin marquent un tournant. Les joueurs estiment que les dotations ne suivent pas la croissance exponentielle des revenus des tournois (droits TV, sponsoring, billetterie).
Reste à savoir si ce mouvement se prolongera au-delà de la première semaine. Les organisateurs de Wimbledon ont déjà prévenu : toute restriction excessive des obligations médias pourrait entraîner des sanctions, conformément au règlement du Grand Chelem. Les joueurs, de leur côté, n’excluent pas d’autres actions si leurs revendications ne sont pas entendues.
Prochaine étape
La fin de la première semaine de Wimbledon, prévue pour le 5 juillet, pourrait être un point d’étape. Si aucun accord n’intervient, les têtes d’affiche envisagent de poursuivre leur mouvement durant la deuxième semaine, voire de l’étendre aux autres tournois du Grand Chelem de la saison.