Guadeloupe : plages fermées à Bouillante et Saint-François, contamination fécale confirmée

L'ARS a détecté E. coli et entérocoques sur quatre sites le 4 mai 2026, révélant l'état critique du réseau d'assainissement guadeloupéen

Guadeloupe : plages fermées à Bouillante et Saint-François, contamination fécale confirmée
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Depuis le 11 mai 2026, la baignade est interdite à l'Anse Thomas (Bouillante) et sur trois sites à Saint-François. L'ARS a confirmé une contamination bactériologique fécale liée à des rejets d'eaux usées. Le Préfet a demandé les arrêtés municipaux et rappelle la responsabilité des collectivités.

Depuis le 11 mai 2026, la baignade est interdite à l’Anse Thomas (Bouillante) et sur trois sites à Saint-François. L’ARS a confirmé une contamination bactériologique fécale liée à des rejets d’eaux usées. Le Préfet a demandé les arrêtés municipaux et rappelle la responsabilité des collectivités.

L’essentiel

  • Date de détection : prélèvements ARS du 4 mai 2026, E. coli et entérocoques intestinaux au-dessus des seuils réglementaires.
  • Sites fermés : Anse Thomas (Bouillante) + lagon/Cocoteraie, base nautique et coulée saline à Saint-François, depuis le 11 mai 2026.
  • Deshaies : interdiction levée fin avril/début mai 2026 après environ 1,5 mois de fermeture (STEP Bas-Vent).
  • État du réseau : 9 des 17 grandes stations d’épuration (STEP > 2 000 EH) non conformes ; moitié des petites stations à l’arrêt.
  • Enjeu économique : le tourisme représente près de 10 % de la richesse produite en Guadeloupe.

Quatre sites interdits, deux communes visées

Les arrêtés municipaux ont été pris à la demande du Préfet de Guadeloupe, après que l’Agence régionale de santé (ARS) a effectué des prélèvements le 4 mai 2026. Résultat : E. coli et entérocoques intestinaux dépassent les seuils réglementaires sur l’Anse Thomas à Bouillante et sur trois points du littoral de Saint-François - le lagon de la Cocoteraie, la base nautique et la coulée saline.

La source est identifiée : des rejets d’eaux usées en provenance de stations d’épuration défaillantes. Selon France-Antilles Guadeloupe et Guadeloupe La 1ère, les interdictions sont en vigueur depuis le 11 mai. Leur levée est conditionnée à de nouveaux prélèvements ARS conformes.

Deshaies et Le Gosier : un historique qui se répète

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La plage du bourg de Deshaies a rouvert fin avril ou début mai 2026, après environ six semaines de fermeture. L’ARS avait détecté la contamination dès mars 2026, imputée aux rejets de la STEP Bas-Vent. En décembre 2025, la plage de la Datcha au Gosier avait subi le même sort : interdiction temporaire liée aux rejets de la station de Montauban, selon Vert.eco et Guadeloupe La 1ère.

Le compte @AntillesKamo97 alertait encore le 21 mai 2026 sur l’étendue du phénomène :

Le nœud structurel : des STEP en déshérence

Ces fermetures à répétition ont une cause commune documentée. Selon Vert.eco, 9 des 17 grandes stations d’épuration guadeloupéennes (capacité supérieure à 2 000 équivalents-habitants) ne sont pas conformes aux normes. La moitié des petites stations sont à l’arrêt. Le sous-investissement chronique du SMGEAG - le syndicat mixte chargé de la gestion de l’eau et de l’assainissement - est pointé par la Chambre régionale des comptes : le programme pluriannuel d’investissement (PPI) consacré à l’assainissement aurait été réduit à 34 millions d’euros, contre une estimation initiale proche de 180 millions.

En 2021, seules 4 des 17 grandes STEP étaient conformes. Trois supplémentaires ont été mises aux normes depuis 2023-2024, selon des rapports cités par la Banque des Territoires et Guadeloupe La 1ère. Des travaux de réhabilitation sont en cours sur certaines installations via le SMGEAG, mais le rythme reste insuffisant au regard des besoins.

Contexte en Guadeloupe

L’ARS surveille environ 105 sites de baignade sur l’ensemble de l’archipel. Au moins sept à huit interdictions permanentes sont en vigueur, auxquelles s’ajoutent des fermetures temporaires récurrentes comme celles de mai 2026, selon Vert.eco. Fond de Curé à Terre-de-Haut figure également parmi les sites historiquement concernés.

Le contexte économique rend la situation d’autant plus sensible : le tourisme représente près de 10 % de la richesse produite en Guadeloupe. Les fermetures de plages - même temporaires - affectent l’image d’une destination dont l’attractivité repose largement sur son littoral. Les risques sanitaires immédiats pour les baigneurs incluent troubles gastro-intestinaux et otites, mais les impacts sur les écosystèmes coralliens à long terme sont également documentés par les scientifiques cités dans les médias locaux.

Le Préfet (@Prefet971), dans ses communiqués du 12 mai 2026, a rappelé explicitement la responsabilité des collectivités locales sur le raccordement au réseau d’assainissement et averti du risque d’autres fermetures si la situation ne s’améliore pas.

Ce qui se passe maintenant

Les interdictions à Bouillante et Saint-François restent en vigueur dans l’attente de nouveaux prélèvements ARS conformes. Aucune date de réouverture n’a été communiquée à ce stade. Le SMGEAG doit poursuivre les travaux de réhabilitation engagés, mais le calendrier précis n’a pas été rendu public.

Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guadeloupe (971), avec Basse-Terre pour chef-lieu. Spécialité du département : archipel antillais et rhum agricole AOC. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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