Guedj (PS) : LFI et Mélenchon, « le plus grand repoussoir » de la gauche

Le député essonnien, candidat à la présidentielle 2027, appelle sur RMC à une refondation de la gauche républicaine, en rupture totale avec LFI.

Guedj (PS) : LFI et Mélenchon, « le plus grand repoussoir » de la gauche
Illustration Caroline Petit / info.fr

Le 30 avril 2026, Jérôme Guedj, député PS de la 6e circonscription de l'Essonne, a qualifié La France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon de « plus grand repoussoir de la vie politique aujourd'hui en France ». Déclaré candidat à la présidentielle 2027, il prône une gauche en rupture franche avec LFI.

Le 30 avril 2026, Jérôme Guedj, député PS de la 6e circonscription de l’Essonne, a qualifié La France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon de « plus grand repoussoir de la vie politique aujourd’hui en France ». Déclaré candidat à la présidentielle 2027, il prône une gauche en rupture franche avec LFI.

L’essentiel

  • 30 avril 2026 : Jérôme Guedj déclare sur RMC (Les Grandes Gueules) que LFI et Mélenchon sont « le plus grand repoussoir de la vie politique » en France.
  • 5 février 2026 : Guedj s’est déclaré candidat à la présidentielle 2027 sur France Inter, hors primaire de la gauche unitaire.
  • 11 octobre 2026 : date prévue de la primaire de la gauche unitaire (hors LFI), que Guedj qualifie de « baroque ».
  • Avril 2026 : cosignataire de la proposition de loi Yadan contre l’antisémitisme, Guedj dénonce des attaques des Jeunes communistes de l’Essonne.
  • Juin 2025 : Guedj avait partiellement regretté avoir traité Mélenchon de « salopard antisémite », sans retirer le qualificatif d’antisémite.

Ce qu’il a dit sur RMC

L’interview a été diffusée dans l’émission Les Grandes Gueules sur RMC, selon RMC/BFMTV. Guedj y a formulé une critique directe : « La France Insoumise et Mélenchon sont devenus le plus grand repoussoir de la vie politique aujourd’hui en France. » Il appelle à construire une « gauche républicaine, universaliste et laïque » qui se distingue clairement de LFI.

Le compte des Grandes Gueules sur X a relayé l’extrait, soulignant que Guedj parlait en tant que candidat déclaré à l’élection présidentielle. La sortie a suscité des réactions contrastées sur les réseaux sociaux.

Une candidature hors primaire, une stratégie assumée

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Jérôme Guedj avait annoncé sa candidature à la présidentielle 2027 le 5 février 2026 sur France Inter, selon Le Monde. Il refuse de participer à la primaire de la gauche unitaire - qui réunit notamment Place Publique et le PCF - prévue le 11 octobre 2026. Il la juge « baroque ».

Cette primaire, rappelle Le Monde, exclut déjà LFI. Mais pour Guedj, ce périmètre ne suffit pas : il plaide pour une candidature autonome incarnant une rupture nette, pas seulement organisationnelle.

Lors du congrès de Nancy en 2025, il avait rejoint l’aile droite du PS en signant un texte refusant toute union avec LFI, ce qui avait marqué la fin de son rôle de porte-parole du parti, selon Wikipedia et Le Monde.

L’antisémitisme, ligne de fracture depuis octobre 2023

L’opposition frontale entre Guedj et LFI remonte au massacre du 7 octobre 2023 en Israël. Depuis, le député de l’Essonne n’a cessé de dénoncer ce qu’il considère comme des dérapages antisémites au sein de LFI.

En juin 2025, il avait partiellement regretté - selon Le Parisien et Libération - avoir traité Jean-Luc Mélenchon de « salopard antisémite », sans retirer pour autant le qualificatif d’antisémite. En avril 2026, cosignataire de la proposition de loi Yadan contre les formes renouvelées d’antisémitisme, il a dénoncé des attaques « aux relents antisémites » des Jeunes communistes de l’Essonne, selon Le Monde.

Sur X, des voix critiquent sa position. Un utilisateur résume une partie de la controverse :

Aux municipales 2026 : ni alliance, ni blanc-seing

La posture de Guedj face aux municipales de 2026 illustre les tensions entre tactique et principe. Le 20 février 2026 sur BFMTV, selon Le Parisien, il a déclaré qu’il préférerait voter pour un candidat LFI face au RN au second tour - mais a maintenu sa critique : Mélenchon reste un « boulet et repoussoir » pour la gauche.

En mars 2026, il a soutenu la rupture complète entre PS et LFI, appelant les militants insoumis à prendre leurs distances avec leur direction, selon La Dépêche et Les Échos.

Contexte dans l’Essonne

La polarisation à gauche se traduit concrètement en Essonne. Selon la Fondation Jean Jaurès et Le Monde, les municipales 2026 ont mis en évidence un bilan « très mitigé » des alliances PS-LFI. LFI s’implante dans des villes comme Évry-Courcouronnes, tandis que le PS - dont Guedj est l’une des figures majeures dans le département - refuse souvent de nouer des unions avec les insoumis.

Cette fracture locale amplifie les effets de la querelle nationale. Dans un département où la gauche reste influente, l’absence d’union structurée entre ses deux principales composantes pèse sur les équilibres électoraux. La question de l’ancrage territorial des élus de gauche en Île-de-France est directement concernée par ces arbitrages.

Guedj représente la 6e circonscription de l’Essonne depuis plusieurs mandats. Sa prise de position répétée contre LFI l’isole du Nouveau Front Populaire mais lui permet de se positionner sur un créneau électoral distinct en vue de 2027.

Une refondation à construire avant octobre 2026

Le calendrier est serré. La primaire de la gauche unitaire est fixée au 11 octobre 2026. Guedj choisit de s’en tenir à l’écart, ce qui suppose qu’il construise une dynamique propre d’ici là.

Son pari : que la critique de LFI suffise à rassembler un électorat de gauche modéré, attaché à la laïcité et au républicanisme. Le risque : fragmenter encore davantage une gauche déjà morcelée à dix-huit mois de la présidentielle. La primaire du 11 octobre dira si ce créneau trouve preneur au-delà de l’Essonne.

Sources

Caroline Petit

Caroline Petit

Caroline est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Essonne (91), avec Évry-Courcouronnes pour chef-lieu. Spécialité du département : Genopole (biotech) et Saclay (recherche). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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