Guy Stéphan : « Je ne nous vois pas plus forts qu’en 2022 » après le succès des Bleus
L’entraîneur adjoint, qui remplaçait Didier Deschamps en deuil, a savouré la victoire 4-1 face à la Norvège mais a tempéré les espoirs de doublé mondial.
Au soir de la large victoire des Bleus contre la Norvège (4-1), vendredi 26 juin, Guy Stéphan, qui suppléait Didier Deschamps, s’est montré satisfait tout en refusant de comparer ce groupe à celui de 2022. Un discours prudent alors que la Coupe du monde 2026 se poursuit.
L’essentiel
- Victoire : France - Norvège 4-1, le 26 juin 2026 en phase de groupes de la Coupe du monde.
- Contexte : Guy Stéphan a dirigé les Bleus en l’absence de Didier Deschamps, en deuil.
- Déclaration : « Pour l’instant, je ne nous vois pas plus forts qu’en 2022 », a-t-il affirmé après le match.
- Prochaine étape : Les Bleus affrontent la Suède le 30 juin pour le seizième de finale.
Il avait les traits tirés et le ton posé. Vendredi 26 juin, à l’issue du match Norvège - France (4-1) comptant pour la Coupe du monde 2026, Guy Stéphan s’est présenté face aux micros avec une mission claire : rendre compte, mais sans s’emballer. L’entraîneur adjoint de l’équipe de France, qui suppléait Didier Deschamps (en deuil), n’a pas cédé à l’euphorie. « On a fait le match qu’il fallait », a-t-il sobrement déclaré, avant de glisser une phrase qui a retenu l’attention : « Pour l’instant, je ne nous vois pas plus forts qu’en 2022. »
Une victoire acquise sous le signe du devoir
Ce match de poule, disputé dans un stade américain, avait une tonalité particulière. Didier Deschamps, touché par un deuil familial, n’avait pas pris place sur le banc. C’est Guy Stéphan, son adjoint de longue date, qui a endossé pour la première fois le costume de numéro un à la tête des champions du monde 2018. « Je n’étais pas à ma place », a-t-il confié en So Foot, reconnaissant l’exceptionnalité de la situation. Pourtant, ses Bleus ont livré une prestation sérieuse, portés par un quadruplé dont un triplé d’Ousmane Dembélé, actuel deuxième meilleur buteur du tournoi avec 4 réalisations (derrière Lionel Messi, 5 buts).
« Il faut assumer notre déséquilibre », avait prévenu Stéphan avant la rencontre. Après coup, il a estimé que le groupe avait su « faire le match qu’il fallait », sans tomber dans la suffisance. Un ton qui contraste avec l’euphorie ambiante autour du parcours des Tricolores, déjà qualifiés pour les seizièmes.
Un discours prudent qui interroge
Ce qui frappe dans les déclarations de Guy Stéphan, c’est la prudence systématique. Alors que la France a enchaîné quatre victoires en cinq matches depuis le début de la préparation (3-1 contre le Sénégal, 3-0 contre l’Irak, 4-1 contre la Norvège), l’adjoint refuse de voir ce collectif comme supérieur à celui du Qatar 2022. « Je ne nous vois pas plus forts », a-t-il martelé, rappelant que « le chemin est encore long ».
Une mise en garde qui résonne avec la complexité du tournoi : la Norvège, portée par Haaland (4 buts), a posé des problèmes par séquences, et la Suède, prochain adversaire le 30 juin, reste une équipe solide. Stéphan semble vouloir protéger son groupe de la pression extérieure, tout en maintenant une exigence interne.
Contexte dans les Côtes-d’Armor : l’adjoint discret venu de Ploumilliau
Né le 17 octobre 1956 à Ploumilliau, dans les Côtes-d’Armor, Guy Stéphan incarne une certaine idée de la fidélité. Ancien joueur professionnel, il a côtoyé les plus grands comme adjoint de Roger Lemerre (vainqueur de l’Euro 2000) puis de Didier Deschamps (champion du monde 2018, finaliste 2022). Dans le Trégor, on suit avec attention le parcours de cet homme de l’ombre, peu habitué à occuper le devant de la scène. Son passage éclair sous les projecteurs, le temps d’un match de Coupe du monde, restera un fait rare dans l’histoire récente du football français.
Pour les amateurs bretons, voir un technicien du département diriger l’équipe de France, même provisoirement, est une fierté discrète. Beaucoup espèrent que ce moment n’entamera pas la dynamique collective.
L’hommage à Didier Deschamps
Guy Stéphan n’a pas manqué de dédier cette victoire à son mentor. « Ce succès, il est pour Didier », a-t-il glissé, en soulignant le travail du sélectionneur dans la préparation du match. Un clin d’œil appuyé à celui dont il partage le quotidien depuis plus d’une décennie. Le retour de Deschamps sur le banc est attendu dès le prochain match face à la Suède, le 30 juin.
Prochaine étape pour les Bleus : confirmer leur autorité face à la Suède, avant les phases finales. Et, d’ici là, laisser parler le terrain plutôt que les prophéties.