Guyane : l’autonomie en débat, Matoury entre enjeux locaux et statut futur
Un accord de 2025 ouvre la voie à une consultation populaire en Guyane, tandis qu'à Matoury les élus restent focalisés sur le quotidien.
L'Assemblée nationale a débattu en avril 2026 de l'évolution statutaire de la Guyane. Un accord signé en 2025 prévoit une consultation populaire après les municipales des 15 et 22 mars. À Matoury, les candidats ont surtout mis en avant les préoccupations de proximité.
Le dossier de l’autonomie guyanaise est revenu sur le devant de la scène nationale. Le 7 avril 2026, l’Assemblée nationale a examiné le statut du territoire, soulignant - selon le compte rendu de séance - un cadre juridique « inadapté » qui empêche une politique économique alignée sur les réalités locales. Un accord signé en 2025 entre le gouvernement français et des élus guyanais prévoit, selon Peyi Guyane, une consultation populaire après les élections municipales pour transférer des compétences dans les domaines de l’aménagement, des transports, de l’agriculture et de la gestion des ressources naturelles.
Parmi les points les plus sensibles : le foncier public. Plus de 90 % du sol guyanais appartient actuellement à l’État français, selon la même source. Le transfert de cette gestion constitue l’un des axes centraux des négociations.
Un débat qui s’enracine dans l’histoire
Les revendications autonomistes ne sont pas nouvelles. Selon un document d’orientations publié en juillet 2025 par le ministère des DROM-COM, la promesse formulée par le général de Gaulle lors de son discours à Cayenne en 1960 - une autonomie « proportionnée aux conditions locales » - n’a jamais été concrétisée. Le clivage entre départementalistes et autonomistes s’est accentué depuis les années 1960, avec des propositions de statuts spéciaux comme celle du Front Guyanais en 1972.
En avril 2024, le Congrès des élus de Guyane avait adopté une résolution reconnaissant les droits des peuples autochtones amérindiens, tout en rejetant la proposition d’Emmanuel Macron sur l’autonomie, selon Le Monde. Cette résolution marquait, selon ses auteurs, 532 ans de résistance à la colonisation.
À Matoury, le débat reste ancré dans le quotidien
À l’échelle communale, le sujet a peu mobilisé lors des débats de campagne. Lors des échanges de février et mars 2026, le maire sortant Serge Smock et sa concurrente Francesca Félix ont surtout mis en avant les impôts locaux et les services de proximité, selon France Guyane. L’autonomie institutionnelle est restée en arrière-plan des préoccupations des habitants.
L’État prévoit un effort budgétaire de 2,7 milliards d’euros en autorisations d’engagement pour la Guyane en 2026, ciblant les infrastructures, l’énergie et l’éducation, selon l’Assemblée nationale. C’est dans ce contexte que la consultation promise devra trouver sa place.
Prochaine étape
La consultation populaire sur l’évolution statutaire doit intervenir après les municipales des 15 et 22 mars 2026. Sa forme exacte et son calendrier précis n’ont pas encore été communiqués à ce stade.
Sources
- Peyi Guyane : Évolution statutaire : cap sur 2026 pour un vote historique en Guyane
- Assemblée nationale : Première séance du mardi 7 avril 2026 – Assemblée nationale
- Le Monde : Autonomie de la Guyane : un « moment historique » pour la reconnaissance des peuples autochtones
- France Guyane : Municipales 2026 : la démocratie représentative atteint ses limites