Guyane : six marins disparus après l’incendie d’un navire de pêche en mer
Le Saint Vincent VII a pris feu le 14 juillet à 370 km des côtes. Les recherches actives ont été suspendues après trois jours d'opérations infructueuses.
Un navire de pêche battant pavillon de Trinidad-et-Tobago a été ravagé par un incendie majeur au large de la Guyane le 14 juillet 2026. Six marins restent portés disparus. Après plusieurs jours de recherches aériennes et maritimes, la préfecture a suspendu les opérations actives le 17 juillet.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Saint Vincent VII, navire de pêche de Trinidad-et-Tobago, a pris feu le 14 juillet 2026 à plus de 370 km des côtes guyanaises.
- Six marins sont portés disparus depuis l'incendie, aucun signal de détresse n'a été capté.
- L'alerte au CROSS est arrivée deux jours après le début du sinistre, via WhatsApp et connexion Starlink.
- Un avion CASA des Forces armées en Guyane a effectué des recherches aériennes les 16 et 17 juillet sans succès.
- Le préfet de la Guyane a suspendu les recherches actives le 17 juillet faute de nouveaux éléments.
Le Saint Vincent VII, navire de pêche immatriculé à Trinidad-et-Tobago, a été la proie des flammes le 14 juillet dernier à plus de 200 milles nautiques des côtes guyanaises, soit environ 370 kilomètres. Six membres d’équipage sont portés disparus depuis cet incendie. Malgré une mobilisation aérienne et maritime sur plusieurs jours, aucune trace des marins n’a été retrouvée.
Une alerte tardive qui complique les secours
L’alerte est parvenue au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Antilles-Guyane deux jours après le début de l’incendie. Selon Blada.com, l’équipage a transmis une vidéo de l’incendie via WhatsApp et une connexion Starlink. Ce retard dans la transmission, couplé à l’absence de balise de détresse à bord, a considérablement freiné la localisation du navire.
Sans balise automatique, les services de secours ont dû composer avec une zone de recherche démesurée, dans des eaux éloignées de toute infrastructure côtière. Le CROSS a diffusé un message MAYDAY RELAY pour demander aux navires transitant dans le secteur de se dérouter et de maintenir une veille attentive.
Mobilisation des forces armées
Les Forces armées en Guyane ont déployé un avion CASA les 16 et 17 juillet pour des opérations de reconnaissance aérienne, rapporte Blada.com. Les survols n’ont révélé aucun signal de détresse, aucune embarcation de survie ni débris permettant de localiser les six marins disparus.
La coordination entre le CROSS et les navires de passage a permis une couverture partielle de la zone. Plusieurs bâtiments ont répondu à l’appel, mais l’étendue de la surface à couvrir et l’absence d’indices concrets ont limité l’efficacité des recherches.
Suspension des recherches actives
Le 17 juillet, trois jours après l’incendie, le préfet de la Guyane a ordonné la suspension des opérations de secours actives. Selon la préfecture, cette décision intervient en l’absence de nouveaux éléments permettant de circonscrire la zone ou de justifier la poursuite des vols de reconnaissance.
Les six marins restent officiellement portés disparus. La veille maritime passive se poursuit : tout navire croisant dans le secteur demeure tenu de signaler toute observation suspecte. L’incendie du Saint Vincent VII rejoint la liste des drames maritimes survenus dans ces eaux peu surveillées, loin des côtes et des infrastructures de secours.
Contexte dans la Guyane
La Guyane, territoire ultramarin français le plus vaste (83 856 km²), dispose d’une zone économique exclusive (ZEE) de plus de 131 506 km², selon les données de l’INSEE. Cette immensité maritime pose des défis considérables en matière de surveillance et de sauvetage. Le département compte environ 318 000 habitants, concentrés majoritairement sur la bande côtière autour de Cayenne et de Kourou.
Les eaux guyanaises sont fréquentées par des navires de pêche de différentes nationalités. Les incidents en haute mer, à plusieurs centaines de kilomètres des côtes, révèlent les limites des moyens de secours déployables dans des délais compatibles avec la survie en mer. Les incendies, qu’ils soient terrestres ou maritimes, nécessitent des interventions rapides qui ne sont pas toujours possibles dans ces zones reculées.
Les difficultés de la pêche hauturière
Le Saint Vincent VII pratiquait la pêche hauturière, c’est-à-dire au large, loin des zones côtières surveillées. Les navires battant pavillon de Trinidad-et-Tobago opèrent régulièrement dans les eaux internationales et les ZEE de la région. L’absence de balise de détresse sur ce type de bâtiment, bien que non obligatoire pour tous les navires selon leur taille et leur zone d’activité, complique considérablement le travail des secours.
Les équipages dépendent de connexions satellitaires comme Starlink pour communiquer en cas d’urgence. Le délai de deux jours entre l’incendie et l’alerte soulève des questions sur les protocoles de sécurité et les moyens de communication embarqués. Les incendies à bord de navires, par leur rapidité de propagation, exigent des réactions immédiates et des équipements de sécurité opérationnels.
Une zone de recherche trop vaste
Les 370 kilomètres séparant le lieu de l’incendie des côtes guyanaises représentent un défi logistique majeur. À cette distance, les courants marins peuvent disperser rapidement débris et éventuelles embarcations de survie. Les conditions météorologiques, les vents et la houle élargissent encore le périmètre de recherche.
La mobilisation d’un avion CASA, appareil utilisé pour la surveillance maritime et les missions de recherche, témoigne de l’engagement des Forces armées en Guyane. Cependant, même avec des moyens aériens, couvrir une telle superficie sans point de départ précis relève de l’impossible. Les interventions après un sinistre dépendent toujours de la capacité à circonscrire rapidement la zone d’action.
La suspension des recherches actives ne signifie pas l’abandon total. Le CROSS continue de diffuser des alertes et de coordonner les informations remontées par les navires de passage. Toutefois, les chances de retrouver les six marins vivants décroissent à mesure que les jours passent.
Prochaine étape
Les autorités guyanaises et le CROSS Antilles-Guyane restent en veille. Toute nouvelle information permettant de relancer les recherches sera prise en compte. En attendant, le sort des six marins du Saint Vincent VII demeure incertain, et le drame rappelle la dangerosité de la pêche en haute mer dans des zones mal équipées pour les secours d’urgence.