Hafiz alerte sur un « régime d’exception » contre les musulmans de France
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris dénonce une dérive législative et politique, sur fond de banquets controversés et de double offensive parlementaire
Chems-Eddine Hafiz dénonce une dérive vers un « régime d'exception » visant les musulmans. Deux textes de loi avancent en parallèle, le banquet de Caen a été saisi par la justice.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Une double offensive législative
Proposition Retailleau adoptée au Sénat le 6 mai, projet Nuñez en cours d'examen au Conseil d'État. Deux textes parallèles, un même arsenal : dissolutions, gels d'avoirs, interdictions.
Le risque de dépossession du judiciaire
Le projet permet aux ministres d'interdire des livres par décret, en marge de la loi de 1881. Le Monde y voit une dérive illibérale.
Le banquet de Caen, point de bascule
Saisine de la justice sous l'article 24 de la loi de 1881 après propos racistes et gestes comparés à des saluts nazis devant 4 000 convives.
Le flou opérationnel
Nuñez admet viser des « comportements extrêmement diffus et difficiles à caractériser ». Le critère qui distingue pratique religieuse et entrisme n'existe pas dans le texte.
L'arrière-plan diplomatique
Hafiz, avocat algérien nommé en 2020, parle au moment du dégel franco-algérien. Alger a un intérêt direct au sort de l'institution qui certifie son halal européen.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Hafiz redoute un « régime d'exception » contre les musulmans de France.
- La proposition Retailleau a été adoptée au Sénat le 6 mai.
- Le projet Nuñez est en examen au Conseil d'État.
- Le banquet de Caen du 18 avril a été saisi par la justice sous l'article 24 de la loi de 1881.
- Le quotidien Le Monde dénonce une dépossession du pouvoir judiciaire au profit du ministère de l'Intérieur.
Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris [1], redoute l’émergence progressive d’un « régime d’exception » visant les musulmans en France [1]. La déclaration figure dans un entretien au JDD [1] et dans un second au média algérien TSA [2]. Les deux interviews paraissent à quelques jours d’intervalle, dans une fenêtre politique étroite.
Le 6 mai [3], le Sénat a adopté une proposition de loi déposée par Bruno Retailleau [3] contre « l’entrisme islamiste ». Trois jours plus tôt, le 3 mai [4], le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez [5] détaillait dans Le Monde [4] son propre projet de loi, actuellement en cours d’examen au Conseil d’État [6] et qui doit être présenté en conseil des ministres dans les prochaines semaines [7]. Hafiz s’exprime dans cet intervalle précis.
Ce que dit Hafiz, mot pour mot
« La loi ne peut en aucun cas cibler un groupe ou des individus en raison de leur religion » [8], déclare le recteur au JDD. Il estime que « le danger d’un régime d’exception est réel » [9] et que la multiplication des polémiques sur l’islam nourrit « un sentiment de saturation et d’injustice » [10] parmi les musulmans. De nombreux fidèles ont, selon lui, le sentiment que « leur appartenance religieuse est constamment placée sous suspicion ou instrumentalisée à des fins politiques » [11].
À TSA, il va plus loin et accuse l’extrême droite de vouloir faire des musulmans « une menace existentielle » [12], dénonçant un « projet funeste ». L’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui garantit la liberté de pensée, de conscience et de religion, constitue le cadre implicite de cette protestation: c’est sous son empire que se jugent les législations soupçonnées de cibler une confession.
Une position en tension
Le recteur reconnaît « la nécessité pour l’État de lutter contre l’extrémisme et toutes les atteintes à la République » [13]. La condition qu’il pose tient en une phrase: cette lutte doit être menée « avec discernement, dans le respect des libertés fondamentales et sans stigmatisation collective » [14]. La contradiction apparente est en réalité un raisonnement en deux temps. Hafiz accepte le principe: l’État doit pouvoir agir contre ceux qui sapent la République. Mais en qualifiant simultanément la trajectoire législative de « régime d’exception » [9], il signale, en creux, que la condition de discernement lui apparaît déjà rompue. L’acceptation devient conditionnelle, et la condition est jugée violée. Sa parole valide le principe; elle conteste l’exécution.
Le banquet de Caen, déclencheur
Le 18 avril [15], plus de 4 000 personnes [16] se sont réunies au parc des expositions de Caen [17] pour un banquet organisé par Le Canon français [18], entreprise dont Pierre-Edouard Stérin, milliardaire ultraconservateur, est actionnaire [19]. Un journaliste de France Inter présent sur place a constaté des propos racistes et des gestes s’apparentant à des saluts nazis [20]. Pendant La Marseillaise, « au moins un homme a tendu le bras, la paume vers le bas, à deux reprises » [21]. À l’arrivée du cochon à la broche, des participants ont lancé: « Il faut mettre du cochon », « Le cochon fait fuir, avec du cochon, tu es tranquille » [22]. Un convive a déclaré: « Ici, il y a nous, puis il y a les animaux en face » [23]. La justice a été saisie [24].
Le cadre pénal de cette saisine est connu. L’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse réprime la provocation publique à la haine, à la discrimination ou à la violence en raison de l’origine ou de la religion, punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. L’injure publique à caractère raciste, prévue à l’article 33 de la même loi, et l’article 225-1 du Code pénal, qui définit la discrimination, complètent l’arsenal. C’est sur ce terrain que se jugera, le cas échéant, le banquet de Caen.
Le 29 avril [25], Hafiz publiait une vidéo accusant Le Canon français de « rappeler aux autres qu’ici, en France, ils ne sont pas chez eux » [26]. La réplique est immédiate. Le 5 mai [27], Gilles Platret, maire divers droite de Chalon-sur-Saône [28], répond: « Il est très lié au régime algérien et il est en train de nous dire qu’en France, si vous vous retrouvez pour manger un bout de cochon, vous excluez ceux qui n’en mangent pas » [29]. L’eurodéputée Marion Maréchal [30] enchaîne sur X: « Nous sommes en France: ici, nous mangeons du porc sous toutes ses formes, toujours et partout. Si cela ne vous convient pas, vous pouvez toujours aller vivre ailleurs, par exemple dans un pays qui applique la charia » [31]. Géraud du Fayet de la Tour, cofondateur du Canon français [32], dit « ne pas voir de salut nazi sur les images » [33] et affirme faire « de l’événementiel, pas de la politique » [34].
Deux textes, une même direction: la « double offensive »
Les deux véhicules législatifs en présence ne se recouvrent pas, mais convergent. La proposition Retailleau, d’origine parlementaire, vise explicitement « l’entrisme islamiste » et a achevé sa première lecture au Sénat le 6 mai [3]. Le projet Nuñez, d’origine gouvernementale, se veut plus large: il vise « les structures ou individus séparatistes ou ultraviolents », y compris « les groupes d’ultradroite » [35], et passe par le Conseil d’État [6] avant le conseil des ministres [7]. La première mise sur un ciblage confessionnel assumé; le second sur une définition générique qui, dans les faits, mobilise le même arsenal - dissolutions, gels d’avoirs, interdictions de publications. Les deux textes ne s’opposent pas: ils se relaient. L’un met l’islamisme au cœur du débat; l’autre élargit le champ tout en conservant les mêmes outils. C’est cette mécanique de relais que Hafiz qualifie de « régime d’exception ».
Les arguments du gouvernement
Du côté de l’exécutif, le ministre de l’Intérieur défend la nécessité du texte. Laurent Nuñez assume vouloir « cibler ceux qui assument de ne pas respecter les valeurs de la République » [36]. Il définit l’entrisme comme « pas de rupture affichée, l’apparence d’une adhésion aux règles de la République, en réalité, une stratégie de noyautage dans le but in fine d’imposer la loi religieuse par des manœuvres trompeuses, des pressions, des menaces » [37]. Le ministre cite des cas concrets: « Les conseils que certains prodiguent à des jeunes vont sans aucun doute à l’encontre des règles de la République, du principe de laïcité et de l’égalité femmes-hommes » [38]. Il évoque également les demandes d’« organisation particulière des services publics qui prenne en compte des préceptes religieux » [39]. Nuñez prend soin de baliser le champ: « Les signes religieux, le jeûne, ce n’est pas le sujet. Le sujet, ce sont des individus et des structures qui assument de porter un discours antirépublicain ».
Le cadre légal en construction
Le texte crée un huitième motif [40] de dissolution des associations pour entrisme, prévoit le gel des avoirs [41] et donne aux ministres de l’Intérieur et de la Culture le pouvoir d’interdire des livres « contenant des passages homophobes, appelant à la haine ou carrément négationnistes » [42]. Le projet prévoit également d’interdire d’activité sur le territoire national les structures basées à l’étranger « comme celles dissoutes en France mais reconstituées ailleurs » [43], et d’allonger de un à trois ans le délai pendant lequel les autorités peuvent s’opposer à la publication d’écrits jugés dangereux pour les jeunes [44].
Le cadre juridique mobilisé est ancien. L’article L. 212-1 du Code de la sécurité intérieure énumère les motifs de dissolution administrative d’associations, hérités de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées. L’article 431-15 du Code pénal sanctionne la participation au maintien ou à la reconstitution d’une association dissoute. La loi du 1er juillet 1901 sur la liberté d’association, elle, reste le socle que ces dispositifs limitent. On se souvient que le ministère de l’Intérieur, sous la précédente législature, avait usé de ces leviers pour dissoudre par décret le Collectif contre l’islamophobie en France [45] et BarakaCity, dissolutions confirmées par le Conseil d’État. La nouveauté du projet Nuñez ne réside donc pas dans le principe, mais dans son extension à un motif aussi flou que l’« entrisme », et dans le pouvoir nouveau d’interdiction de livres par décret ministériel, qui jusqu’ici relevait du juge sous l’empire de la loi de 1881.
Le flou opérationnel, cœur du problème
Le ministre l’admet: il s’agit de viser « des comportements extrêmement diffus et difficiles à caractériser » [46]. L’aveu est central. Que distingue, opérationnellement, un imam qui rappelle les obligations rituelles d’un imam qui exerce des « pressions » pour imposer « la loi religieuse » [37]? Quel critère permet à un préfet de décider qu’une association musulmane bascule de la pratique vers le « noyautage »? Aucune source ne le dit, parce que le texte lui-même ne le dit pas.
Le critère manquant n’est pas un détail: il commande l’application du gel des avoirs [41], de la dissolution [40] et de l’interdiction de publication [42]. Dans les trois cas, la décision relève de l’administration; le contrôle du juge n’intervient qu’a posteriori, par voie de recours. Le déséquilibre est structurel: l’autorité administrative agit d’abord, la juridiction tranche ensuite, parfois des mois plus tard. Lorsque des associations ont été dissoutes par décret en 2020-2021, le Conseil d’État a validé les motifs, mais les structures avaient cessé d’exister entre-temps. C’est dans ce contexte que la Grande Mosquée a publié un guide de 1 000 pages [47] destiné aux 3 à 5 millions [48] de Français musulmans, paru le 10 février 2026 [49] et auquel Nicolas Sarkozy [50] et François Hollande [51] sont mentionnés comme membres de la commission civile accompagnant le projet: occuper le terrain doctrinal pour qu’il ne soit pas réinvesti par décret.
La voix critique: Le Monde dénonce une dépossession du judiciaire
Dans une tribune parue début mai [52], Le Monde juge que le projet de loi « substitue le pouvoir politique au pouvoir judiciaire »: il évoque une « dérobade illibérale qui consiste à déposséder la justice au profit des autorités administratives et ministérielles, le ministère de l’Intérieur » [53]. Le quotidien estime qu’« une menace pèse sur les libertés publiques, individuelles et, plus encore, associatives » [54]. Le pouvoir d’interdire un livre par décret ministériel, sans passer par un juge, cristallise la critique [42].
Quelques mois plus tôt, vingt-neuf sénateurs LR [55], emmenés par Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice du Val-d’Oise [56], publiaient un rapport en 17 chapitres [57] proposant l’interdiction du voile aux accompagnatrices scolaires [58], l’interdiction du voile pour les mineures de moins de 16 ans [59] et l’interdiction du jeûne du Ramadan aux mineurs de moins de 16 ans [60]. Une première version datait de 2020 [61]. La Grande Mosquée avait alors dénoncé une volonté d’« instaurer une surveillance généralisée des familles et des lieux de culte musulmans » [62], visant la « dignité de millions de citoyens musulmans » [63].
L’arrière-plan diplomatique: à qui parle Hafiz?
Le recteur est aussi un acteur diplomatique. Avocat algérien [64], nommé en 2020 [65], il est, selon un autre article du JDD consacré aux relations franco-algériennes, « largement considéré comme sous influence des autorités algériennes ». La Grande Mosquée joue « un rôle dans la certification halal de produits exportés vers l’Union européenne » [66]. Son intervention publique survient dans une fenêtre de dégel franco-algérien: retour de l’ambassadeur de France à Alger [67], visite d’Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées [68], les vendredi et samedi précédents [69]. Hafiz salue une « évolution positive » [70] et estime qu’« il existe une volonté de reprendre le chemin du dialogue » [71].
Le calendrier mérite lecture. Alger a un intérêt direct au débat législatif français: la Grande Mosquée certifie le halal exporté vers l’UE [66], canal commercial sensible; l’institution sert également de relais d’influence sur les Franco-Algériens. Toute législation qui fragiliserait la Grande Mosquée - par exemple en la soumettant à un contrôle d’entrisme étranger - affaiblirait directement ce dispositif. Pour les observateurs des relations franco-algériennes, faire monter Hafiz au créneau au moment précis où Paris et Alger renouent permet à la diplomatie algérienne d’envoyer un signal sans s’exposer: la voix officielle reste muette, la voix religieuse parle. L’Algérie dispose d’une vingtaine de consulats en France [72], contre trois pour la France en Algérie [73]. Les accords franco-algériens du 27 décembre 1968 [74] instaurent un régime migratoire spécifique. La parole du recteur porte ainsi sur deux registres: à Paris, elle défend les fidèles; à Alger, elle rappelle qu’un levier reste actif. C’est ce double usage qui rend sa parole à la fois puissante et contestée.
Ce que les sources ne disent pas
Aucune des sources consultées ne précise comment sera concrètement opéré le tri entre « entrisme » et pratique religieuse ordinaire. Trois mois après la publication du guide de la Grande Mosquée, Hafiz parle de « régime d’exception ». Les deux camps avancent. La ligne, elle, reste à tracer.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (74)
« le recteur de la Grande Mosquée de Paris a déclaré redouter l’émergence progressive d’un « régime d’exception » visant les musulmans en France »
lejdd.fr ↗ ↩
« Dans un entretien accordé au média algérien TSA »
lejdd.fr ↗ ↩
« Une proposition de loi déposée par Bruno Retailleau, déjà adoptée par le Sénat [le 6 mai] »
lemonde.fr ↗ ↩
« dans un entretien au Monde du 3 mai »
lemonde.fr ↗ ↩
« le projet de loi détaillé par le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez »
lemonde.fr ↗ ↩
« actuellement en cours d'examen au Conseil d'Etat »
lcp.fr ↗ ↩
« Le texte de Laurent Nuñez doit être présenté en conseil des ministres dans les prochaines semaines »
lcp.fr ↗ ↩
« « La loi ne peut en aucun cas cibler un groupe ou des individus en raison de leur religion » »
lejdd.fr ↗ ↩
« tout en estimant que « le danger d’un régime d’exception est réel » »
lejdd.fr ↗ ↩
« la multiplication des polémiques sur l’islam nourrit « un sentiment de saturation et d’injustice » parmi les musulmans »
lejdd.fr ↗ ↩
« de nombreux musulmans avaient aujourd’hui le sentiment que « leur appartenance religieuse est constamment placée sous suspicion ou instrumentalisée à des fins politiques » »
lejdd.fr ↗ ↩
« dénonce le « projet funeste » de l’extrême droite visant à présenter les musulmans comme une « menace existentielle ». »
tsa-algerie.com ↗ ↩
« Chems-Eddine Hafiz a reconnu « la nécessité pour l’État de lutter contre l’extrémisme et toutes les atteintes à la République » »
lejdd.fr ↗ ↩
« cette lutte devait être menée « avec discernement, dans le respect des libertés et sans stigmatisation collective » »
lejdd.fr ↗ ↩
« Lors du banquet organisé le 18 avril à Caen, plus de 4 000 personnes étaient réunies au parc des expositions. »
franceinfo.fr ↗ ↩
« plus de 4 000 personnes étaient réunies au parc des expositions de Caen. »
franceinfo.fr ↗ ↩
« plus de 4 000 personnes étaient réunies au parc des expositions de Caen. »
franceinfo.fr ↗ ↩
« Le Canon français est une entreprise qui organise des "banquets géants" à travers la France pour "valoriser le terroir et le patrimoine français". »
franceinfo.fr ↗ ↩
« le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin en est devenu actionnaire. »
franceinfo.fr ↗ ↩
« Des propos racistes et des gestes s'apparentant à des saluts nazis ont été constatés par un journaliste de France Inter à l'intérieur du banquet normand organisé par le Canon français en avril à Caen (Calvados). »
franceinfo.fr ↗ ↩
« Pendant La Marseillaise entonnée par toute la salle, au moins un homme a tendu le bras, la paume vers le bas, à deux reprises. »
franceinfo.fr ↗ ↩
« À l'arrivée du plat principal, du cochon, des participants ont aussi lancé "Il faut mettre du cochon", "Le cochon fait fuir, avec du cochon, tu es tranquille". »
franceinfo.fr ↗ ↩
« "Ici, il y a nous, puis il y a les animaux en face", a-t-il poursuivi »
franceinfo.fr ↗ ↩
« le « banquet » du 18 avril 2026 à Caen, pour lequel la justice a été saisie pour des propos racistes et des gestes s’apparentant à des saluts nazis »
tsa-algerie.com ↗ ↩
« Le 29 avril dernier, il a publié une vidéo questionnant les intentions et la légitimité de ces festins: »
lefigaro.fr ↗ ↩
« «4000 convives autour d’un cochon à la broche, un banquet présenté comme la célébration des valeurs françaises. Un banquet où l’on chante à la gloire d’une figure politique en excluant symboliquement ceux qui ne ressemblent pas. Il y a une différence entre une communauté qui se rend visible parce qu’elle a souvent été invisible, et une communauté qui se rend visible pour rappeler aux autres qu’ici, en France, ils ne sont pas chez eux.» »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Sur Sud Radio, le maire divers droite de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, a répondu le 5 mai: »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Sur Sud Radio, le maire divers droite de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, a répondu le 5 mai: «Il est très lié (NDLR: Hafiz Chems-eddine) au régime algérien et il est en train de nous dire qu’en France, si vous vous retrouvez pour manger un bout de cochon, vous excluez ceux qui n’en mangent pas.» »
lefigaro.fr ↗ ↩
« «Il est très lié (NDLR: Hafiz Chems-eddine) au régime algérien et il est en train de nous dire qu’en France, si vous vous retrouvez pour manger un bout de cochon, vous excluez ceux qui n’en mangent pas. Mais attendez, on est quand même dans le délire.» »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Le 5 mai, la députée Marion Maréchal a également réagi sur son compte X: «Nous sommes en France: ici, nous mangeons du porc sous toutes ses formes, toujours et partout.» »
lefigaro.fr ↗
⚠️ Note INFO.FR: Le Figaro qualifie Marion Maréchal de 'députée' mais elle est en réalité eurodéputée (Parlement européen, groupe ECR) depuis juillet 2024; son mandat de députée nationale a pris fin en 2017. ↩
« «Nous sommes en France: ici, nous mangeons du porc sous toutes ses formes, toujours et partout. Si cela ne vous convient pas, vous pouvez toujours aller vivre ailleurs, par exemple dans un pays qui applique la charia.» »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Interrogé par France Inter, l’un des cofondateurs du Canon français, Géraud du Fayet de la Tour, dit ne pas voir de salut nazi sur les images. »
franceinfo.fr ↗ ↩
« Géraud du Fayet de la Tour, dit ne pas voir de salut nazi sur les images. »
franceinfo.fr ↗ ↩
« ils font "de l'événementiel, pas de la politique" »
franceinfo.fr ↗ ↩
« Le projet de loi aura vocation à s'appliquer à l'ensemble des "structures ou individus séparatistes ou ultraviolents", ce qui inclut les "groupes d’ultradroite" »
lcp.fr ↗ ↩
« « cibler ceux qui assument de ne pas respecter les valeurs de la République » »
lemonde.fr ↗ ↩
« Une notion que Laurent Nuñez se charge de définir: "pas de rupture affichée, l’apparence d’une adhésion aux règles de la République, en réalité, une stratégie de noyautage dans le but in fine d’imposer la loi religieuse par des manœuvres trompeuses, des pressions, des menaces" »
lcp.fr ↗ ↩
« "Les conseils que certains prodiguent à des jeunes vont sans aucun doute à l’encontre des règles de la République, du principe de laïcité et de l’égalité femmes-hommes" »
lcp.fr ↗ ↩
« "Lorsque des individus demandent une organisation particulière des services publics qui prenne en compte des préceptes religieux, c’est un problème" »
lcp.fr ↗ ↩
« Le texte prévoit ainsi un huitième motif de "dissolution de structure associative pour entrisme" »
lcp.fr ↗ ↩
« Il souhaite également permettre de recourir au gel des avoirs en matière d'entrisme, une mesure administrative déjà utilisée en matière terroriste ou de lutte contre le narcotrafic »
lcp.fr ↗ ↩
« donnent au ministre de l’intérieur comme au ministre de la culture le pouvoir d’interdire des livres qui « contiendraient des passages homophobes, appelant à la haine ou carrément négationnistes » »
lemonde.fr ↗ ↩
« Le projet de loi doit aussi permettre d'interdire d’activité sur le territoire national des structures "basées à l’étranger, comme celles qui ont été dissoutes en France, mais qui se reconstituent ailleurs et continuent à mener leurs actions sur notre sol" »
lcp.fr ↗ ↩
« Le projet de loi prévoit d'allonger le délai pendant lequel les autorités pourront s’opposer à leur publication, d’un an à trois ans »
lcp.fr ↗ ↩
« "C’est le cas du Collectif contre l’islamophobie en France, par exemple" »
lcp.fr ↗ ↩
« « des comportements extrêmement diffus et difficiles à caractériser » »
lemonde.fr ↗ ↩
« la Grande Mosquée publie un guide de 1 000 pages pour concilier foi et République »
leparisien.fr ↗ ↩
« pour 3 à 5 millions de Français de confession musulmane »
leparisien.fr ↗ ↩
« «Un code de bonne conduite». Ce lundi 9 février, Le Parisien a publié en exclusivité «Musulmans en Occident: pratique cultuelle immuable, présence adaptée». Ce texte, qui paraît ce mardi, est un guide pratique destiné aux Français musulmans »
cnews.fr ↗ ↩
« Le projet aurait été dirigé par une commission religieuse, dont des imams et des personnalités témoins ou actrices de l'intégration de l'islam en France, telles que Nicolas Sarkozy, François Hollande ou encore Raymond Domenech. »
cnews.fr ↗ ↩
« Le projet aurait été dirigé par une commission religieuse, dont des imams et des personnalités témoins ou actrices de l'intégration de l'islam en France, telles que Nicolas Sarkozy, François Hollande ou encore Raymond Domenech. »
cnews.fr ↗ ↩
« déjà adoptée par le Sénat [le 6 mai] »
lemonde.fr ↗ ↩
« dérobade illibérale qui consiste à déposséder la justice au profit des autorités administratives et ministérielles, en l’occurrence, le ministère de l’intérieur »
lemonde.fr ↗ ↩
« une menace pèse sur les libertés publiques, individuelles et, plus encore, associatives »
lemonde.fr ↗ ↩
« Vingt-neuf sénateurs du groupe LR du Sénat »
leparisien.fr ↗ ↩
« Vingt-neuf sénateurs du groupe LR du Sénat, sous la houlette de la sénatrice du Val-d’Oise Jacqueline Eustache Brinio, font plusieurs dizaines de propositions »
leparisien.fr ↗ ↩
« plusieurs dizaines de propositions réparties en 17 chapitres »
leparisien.fr ↗ ↩
« Ce rapport propose notamment d’interdire le port du voile aux accompagnatrices scolaires »
grandemosqueedeparis.fr ↗ ↩
« l’interdiction du port du voile pour les mineures de moins de 16 ans »
leparisien.fr ↗ ↩
« et le jeûne du mois de Ramadan aux mineurs de moins de 16 ans »
grandemosqueedeparis.fr ↗ ↩
« un rapport qui rappelle une première version datant de 2020 »
leparisien.fr ↗ ↩
« la majeure partie des propositions du rapport souhaite instaurer une surveillance généralisée des familles et des lieux de culte musulmans »
grandemosqueedeparis.fr ↗ ↩
« la dignité de millions de citoyens musulmans »
grandemosqueedeparis.fr ↗ ↩
« Son recteur, Chems-Eddine Hafiz, avocat algérien nommé en 2020, est largement considéré comme sous influence des autorités algériennes »
lejdd.fr ↗ ↩
« Chems-Eddine Hafiz, avocat algérien nommé en 2020 »
lejdd.fr ↗ ↩
« La mosquée joue notamment un rôle dans la certification halal de produits exportés vers l’Union européenne »
lejdd.fr ↗ ↩
« le récent dégel dans les relations franco-algériennes après le retour de l’ambassadeur de France en Algérie »
tsa-algerie.com ↗ ↩
« la visite de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, vendredi et samedi derniers. »
tsa-algerie.com ↗ ↩
« la visite de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, vendredi et samedi derniers. »
tsa-algerie.com ↗ ↩
« Il a salué « une évolution positive » et les récents gestes diplomatiques entre les deux pays »
lejdd.fr ↗ ↩
« Et d’estimer qu’« il existe une volonté de reprendre le chemin du dialogue » »
lejdd.fr ↗ ↩
« L’Algérie dispose d’une vingtaine de consulats en France »
lejdd.fr ↗ ↩
« quand la France n’en possède que trois en Algérie »
lejdd.fr ↗ ↩
« Les accords franco-algériens du 27 décembre 1968 »
lejdd.fr ↗ ↩
Sources
- Le recteur de la Grande Mosquée de Paris redoute «un régime d’exception» contre les musulmans en France
- La Grande Mosquée de Paris dénonce le rapport contre « l’entrisme islamiste » émis par un groupe de sénateurs LR cette semaine
- Communiqué - La Grande Mosquée de Paris dénonce le récent rapport émis par un groupe de sénateurs
- Chems-Eddine Hafiz : « L'extrême droite veut faire des musulmans une menace existentielle »
- «4000 convives autour d’un cochon à la broche» : le recteur de la Grande Mosquée de Paris accuse le Canon français d’«exclure» une partie de la population
- Musulmans de France : la Grande Mosquée publie un guide de 1 000 pages pour concilier foi et République
- «Aucun principe de l'islam ne s'oppose à ceux de la République» : que contient le guide édité par la Grande Mosquée de Paris ?
- « Le projet de loi contre l’entrisme islamiste substitue le pouvoir politique au pouvoir judiciaire »
- INFO RADIO FRANCE. Le Canon français : des propos racistes et des gestes s'apparentant à des saluts nazis constatés lors d'un "banquet géant" à Caen
- Associations dissoutes, avoirs gelés, livres interdits… ce que Laurent Nuñez prévoit dans le projet de loi contre l’entrisme | LCP
- Algérie : de l'impuissance générale de la diplomatie française
