Hagenbach : un enfant de 9 ans séquestré 18 mois dans une camionnette par son père

Découvert nu et dénutri le 6 avril, le garçon vivait depuis septembre 2024 dans un Renault Trafic garé à Hagenbach, dans le Haut-Rhin.

Hagenbach : un enfant de 9 ans séquestré 18 mois dans une camionnette par son père
Illustration Lucie Meyer / info.fr

Un garçon de 9 ans a été retrouvé séquestré dans une camionnette à Hagenbach, commune du Sundgau de moins de 800 habitants. Son père, mis en examen le 10 avril 2026, est en détention provisoire. L'affaire soulève des questions sur les défaillances de contrôle de l'instruction obligatoire.

C’est une voisine alertée par des pleurs qui a donné l’alerte. Le 6 avril 2026, les gendarmes découvrent à Hagenbach (Haut-Rhin) un garçon de 9 ans dans un Renault Trafic garé sur un parking privé. L’enfant est nu, couché en position fœtale sur un monticule de déchets, à proximité d’excréments. Il ne peut pas marcher. Selon Le Monde et L’Alsace, il vivait ainsi depuis septembre 2024, soit dix-huit mois.

Un père mis en examen, une belle-mère sous contrôle judiciaire

Le père, Mickaël G., 43 ans, électricien et vendeur de bonbons à Hagenbach, est interpellé. Selon L’Alsace, il apportait à son fils de la nourriture froide et de l’eau deux fois par jour. L’enfant n’avait pas eu accès à une douche depuis fin 2024. Mis en examen le 10 avril pour séquestration aggravée de mineur et privation de soins compromettant la santé, il a été placé en détention provisoire pour un an au tribunal de Mulhouse. Il encourt jusqu’à 30 ans de réclusion, précise Le Figaro.

La belle-mère, Aurore B., 37 ans, est mise en examen pour non-assistance à personne en danger et non-dénonciation de mauvais traitements. Elle est placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction de contact avec des mineurs et de se rendre à Hagenbach. Selon 20 Minutes, l’enfant l’a décrite comme sa « pire ennemie » et a affirmé que son père l’avait enfermé pour l’empêcher d’être placé en hôpital psychiatrique à sa demande.

Le garçon présente un poids et une taille inférieurs à la normale pour son âge. Hospitalisé à Mulhouse depuis sa découverte, il a été recueilli par sa mère, rapporte TF1 Info. Sa sœur aînée de 11 ans, ainsi que la fille de la belle-mère, pensaient qu’il se trouvait en foyer ou en structure psychiatrique.

La mère avait alerté : personne n’a agi

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Les parents s’étaient séparés en octobre 2022. Le 22 mai 2025, un juge des affaires familiales de Mulhouse avait confié la résidence principale de l’enfant au père et accordé un droit de visite progressif à la mère via un espace associatif. Selon L’Alsace, cette dernière s’était inquiétée de ne pas voir son fils inscrit à l’école primaire, alors que sa sœur était bien scolarisée au collège. Elle avait déposé plainte. Ses tentatives d’exercer son droit de visite étaient restées vaines.

L’enfant n’a pas été scolarisé depuis le début de son enfermement. Aucun service - école, services sociaux, entourage - n’a déclenché d’alerte. Le procureur Nicolas Heitz a qualifié l’affaire de « dramatique » lors d’une conférence de presse le 15 avril 2026.

Des défaillances institutionnelles pointées

Une enquête administrative a été ouverte par le ministre de l’Éducation nationale sur les contrôles de l’instruction obligatoire, selon L’Alsace. L’absence prolongée de l’enfant à l’école n’a jamais déclenché de signalement, en contradiction avec les obligations légales en vigueur. France 3 Grand Est rapporte que des professionnels de la protection de l’enfance évoquent un manque de moyens structurel.

À Hagenbach, les habitants évitent les caméras. La commune, nichée dans le Sundgau à une vingtaine de kilomètres de Mulhouse, n’avait pas connu de drame de cette nature. Le juge d’instruction de Mulhouse poursuit ses investigations. Aucune date d’audience n’est fixée publiquement à ce stade. La détention provisoire du père est renouvelable annuellement.

Sources

Lucie Meyer

Lucie Meyer

Correspondante à Strasbourg, elle suit l'Eurométropole, les tensions sur les transports, les institutions européennes et les débats sur le bilinguisme. Diplômée de l'ESJ Lille, elle a commencé en agence. Ligne de travail : interroger les élus, les fonctionnaires européens, les associations, vérifier les budgets de la CUS avant de publier.

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