Hausse du carburant : les clubs de foot et rugby de Guéret sous tension budgétaire

La flambée des prix depuis fin février pèse sur les déplacements des associations sportives guérétoise et les budgets familiaux en Creuse

Hausse du carburant : les clubs de foot et rugby de Guéret sous tension budgétaire
Illustration Jean Faucher / info.fr

Depuis la hausse brutale des prix du carburant déclenchée fin février 2026, les clubs sportifs de Guéret encaissent le choc. L'AS Guéret et les équipes de rugby locales gèrent au mieux leurs déplacements, certains préférant déclarer forfait. Le département tente de répondre via des achats groupés.

Depuis la hausse brutale des prix du carburant déclenchée fin février 2026, les clubs sportifs de Guéret encaissent le choc. L’AS Guéret et les équipes de rugby locales gèrent au mieux leurs déplacements, certains préférant déclarer forfait. Le département tente de répondre via des achats groupés.

L’essentiel

  • +30 à +35 centimes : hausse constatée sur le prix du litre de gazole entre fin février et fin mars 2026, liée au conflit en Iran déclenché le 28 février, selon La Montagne.
  • Forfaits déclarés : plusieurs clubs sportifs creusois ont renoncé à des déplacements en raison du coût du carburant, selon La Montagne.
  • Jusqu’à -8 centimes/litre : réduction offerte par le groupement de commandes piloté par le Conseil départemental de la Creuse, pour la troisième fois en 2026.
  • 24 structures participent à ce groupement, dont les pompiers de la Creuse (300 000 litres/an, 29 casernes), pour une commande globale de près de 9 millions de litres.
  • 2 avril 2026 : lancement d’un nouveau groupe de covoiturage en Creuse pour réduire les coûts de déplacement, selon France Bleu Creuse.

Des forfaits déclarés, des finances sous pression

La situation est devenue concrète sur les terrains. Selon La Montagne, plusieurs clubs sportifs creusois ont préféré déclarer forfait plutôt que d’assumer les frais de déplacement devenus trop élevés. À Guéret, les clubs de football et de rugby sont en première ligne. L’AS Guéret, principal club de football de la préfecture, comme les équipes rugbystiques locales - déjà sous pression sportive cette saison - cherchent à limiter la casse budgétaire.

Le carburant représente souvent 8 à 10 % du budget des associations sportives, selon Ouest-France. Dans un département rural comme la Creuse, où les distances sont longues et les transports en commun rares, chaque déplacement est mécaniquement coûteux. La hausse de 30 à 35 centimes par litre de gazole entre fin février et fin mars a donc pesé directement sur les comptes.

Les familles aussi en difficulté

Publicité

Les parents d’enfants licenciés dans des clubs de Sainte-Feyré, Guéret ou d’autres communes de l’agglomération font face au même problème. Conduire un enfant à l’entraînement deux à trois fois par semaine représente un coût qui a sensiblement augmenté. Selon La Montagne, l’enjeu est de « ne pas impacter les enfants », formule qui revient dans les témoignages de parents.

Au niveau national, les dépenses en carburant des ménages ont bondi de 31 % entre février et mars 2026, selon BFM/RMC. Le budget mensuel moyen consacré à la voiture est passé de 416 euros à 434 euros, soit 18 euros supplémentaires, d’après TF1 Info. En milieu rural, l’impact est plus fort encore, la voiture n’étant pas substituable.

Contexte dans la Creuse

La Creuse est l’un des départements les plus ruraux de France, avec une densité de population parmi les plus faibles du pays. Les clubs sportifs y sont dispersés sur un territoire étendu, rendant les déplacements inévitables pour toute compétition. Cette dépendance structurelle à la voiture rend le territoire particulièrement vulnérable aux chocs sur les prix du carburant.

Le tissu associatif sportif creusois repose largement sur le bénévolat et des budgets modestes. Une hausse durable du carburant peut entraîner une baisse du nombre de licenciés, certaines familles renonçant à inscrire leurs enfants si les coûts de transport s’accumulent. C’est l’un des risques évoqués par les responsables de clubs, selon La Montagne. Le département de la Creuse est par ailleurs habitué à gérer des contraintes économiques en mobilisant ses structures collectives.

La réponse du département : achats groupés et covoiturage

Le Conseil départemental de la Creuse a activé pour la troisième fois en 2026 un groupement de commandes pour l’achat de carburant. Vingt-quatre structures y participent, dont les sapeurs-pompiers du département, qui consomment environ 300 000 litres par an dans leurs 29 casernes. La commande globale atteint près de 9 millions de litres, ce qui permet de négocier une réduction allant jusqu’à 8 centimes par litre, selon Le Parisien.

Ce dispositif bénéficie en priorité aux structures publiques, mais peut potentiellement ouvrir des pistes pour les associations. Par ailleurs, un nouveau groupe de covoiturage a été lancé le 2 avril 2026 en Creuse pour faciliter les trajets, selon France Bleu Creuse. La formule est notamment utile pour les familles qui peuvent mutualiser les allers-retours vers les entraînements et les matchs.

Pour les clubs de rugby comme de football, l’équation reste délicate : les compétitions imposent des calendriers et des déplacements contraints. Déclarer forfait préserve le budget immédiat, mais pénalise le classement et peut entraîner des sanctions de la part des ligues régionales.

L’attente d’un retour à la normale

Du côté des clubs guérétois, la posture est celle de l’attente. Comme le résume La Montagne, ils « font le dos rond » en espérant que la situation ne s’inscrive pas dans la durée. Aucune restructuration majeure n’a été annoncée à ce stade, et les responsables n’ont pas communiqué de chiffres précis sur les pertes ou les économies réalisées.

La prochaine étape sera le début de saison 2026-2027 : si les prix restent élevés à l’automne, la question des licences et du maintien des effectifs se posera plus concrètement pour les dirigeants bénévoles.

Sources

Jean Faucher

Jean Faucher

Jean est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Creuse (23), avec Guéret pour chef-lieu. Spécialité du département : tapisserie Aubusson UNESCO et art contemporain Vassiviere. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie