Haut-Rhin : pollution à l’ozone, vitesse réduite de 20 km/h dès ce 23 juin
Le préfet Emmanuel Aubry active des mesures d'urgence face à un épisode persistant d'ozone amplifié par la canicule. Les automobilistes doivent réduire leur vitesse sur les autoroutes.
Le préfet du Haut-Rhin a signé un arrêté imposant une baisse de 20 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les axes routiers du département à compter du 23 juin 2026. Les émissions industrielles sont également réduites, tandis que les sports mécaniques sont restreints.
L’essentiel
- Mesure immédiate : vitesse maximale abaissée de 20 km/h sur tous les axes séparés du Haut-Rhin à partir du mardi 23 juin 2026.
- Record de chaleur : Bâle-Mulhouse a enregistré 38,0 °C le 17 juin, un record pour un mois de juin ; Colmar a atteint 38 °C le 19 juin.
- Restrictions supplémentaires : les activités de sports mécaniques sont limitées, et les sites industriels doivent réduire leurs émissions conformément à leur arrêté ICPE.
Ce qui change pour les automobilistes
Dès ce mardi 23 juin 2026, la vitesse maximale autorisée est réduite de 20 km/h sur les axes routiers et chaussées à voies séparées du Haut-Rhin. L’arrêté préfectoral, signé la veille par le préfet Emmanuel Aubry, concerne l’ensemble des usagers de ces voies. « Les véhicules d’urgence médicale (SAMU, SMUR) et ceux de la police ou de la sécurité civile sont exemptés », précise la préfecture dans son communiqué.
Cette décision fait suite à l’activation d’une procédure d’alerte pour persistance de pollution à l’ozone (O₃) par l’association ATMO Grand Est, en vigueur dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin depuis le 23 juin. Les concentrations d’ozone dépassent les seuils d’information et d’alerte en raison des températures élevées et de l’ensoleillement intense.
Des mesures pour l’industrie et les sports mécaniques
L’arrêté préfectoral ne se limite pas aux transports. Les exploitants des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) sont tenus d’appliquer les dispositions prévues pour réduire leurs émissions polluantes, notamment en s’assurant de l’efficacité de leur filtration. Les sites industriels les plus émetteurs sont particulièrement visés.
Dans le domaine sportif, les temps d’entraînement et d’essais des épreuves de sports mécaniques, terrestres et aériens, sont réduits pendant toute la durée de l’alerte. La préfecture avait déjà interdit le 21 juin le Trail du Schnepf et le triathlon TriThur, estimant les risques liés à la chaleur trop élevés pour les participants.
Un contexte de chaleur record
Cet épisode de pollution est amplifié par une vague de chaleur précoce et durable. La station météorologique de Bâle-Mulhouse a battu son record mensuel pour un mois de juin en atteignant 38,0 °C le 17 juin 2026, selon Infoclimat. À Colmar, le thermomètre est également monté à 38 °C le vendredi 19 juin, a confirmé Météo-France.
Face à ces températures exceptionnelles, le préfet Emmanuel Aubry a activé le dispositif ORSEC Canicule au niveau 3 (alerte orange) dès le 19 juin 2026. Ce plan prévoit des recommandations sanitaires pour les populations vulnérables et la mise à disposition de lieux rafraîchis.
Dans le même ordre d’idées, la canicule dans le Territoire de Belfort a également conduit le préfet Alain Charrier à prendre des mesures similaires en début de semaine. Plus au sud, la Corrèze a enregistré un record absolu avec 43 °C à Brive, illustrant l’ampleur de l’épisode caniculaire qui touche une grande partie du pays.
Contexte dans le Haut-Rhin
Le département du Haut-Rhin (68), situé dans la plaine d’Alsace, est régulièrement exposé à des épisodes de pollution à l’ozone en période estivale. Sa situation géographique, avec les Vosges à l’ouest et le Rhin à l’est, favorise l’accumulation de polluants sous l’effet des hautes pressions. La densité de circulation sur l’autoroute A35, axe majeur de transit, et la présence d’industries chimiques et automobiles contribuent aux émissions de précurseurs (oxydes d’azote et composés organiques volatils). Selon ATMO Grand Est, les seuils d’alerte pour l’ozone ont été dépassés plusieurs fois en juin 2026, et cette persistance justifie le passage en procédure d’alerte.
Les mesures d’urgence décidées par la préfecture s’inscrivent dans un cadre réglementaire national : le dispositif préfectoral de gestion des épisodes de pollution (arrêté du 7 avril 2016 modifié). Elles resteront en vigueur jusqu’à la fin de l’épisode, c’est-à-dire tant que les concentrations d’ozone resteront élevées.
À noter que des restrictions similaires ont été mises en place dans d’autres départements frappés par la canicule. En Indre-et-Loire, par exemple, la préfecture a prolongé l’interdiction de vente d’alcool sur la voie publique. À La Roche-sur-Yon, la vigilance rouge a entraîné l’ouverture d’écoles et la fermeture des déchetteries.
Prochaine étape
La préfecture du Haut-Rhin réévaluera la situation en fin de semaine, en lien avec ATMO Grand Est et Météo-France. Si les prévisions annoncent une baisse des températures et une amélioration de la qualité de l’air, les mesures d’urgence pourraient être levées progressivement. En attendant, les habitants sont invités à limiter leurs déplacements non essentiels et à privilégier les transports en commun ou le covoiturage.