Haute-Corrèze : un programme 2026-2031 pour sécuriser l’eau agricole

Le projet EP-DIG porté par deux intercommunalités vise à restaurer les milieux aquatiques et adapter l'agriculture aux sécheresses.

Haute-Corrèze : un programme 2026-2031 pour sécuriser l'eau agricole
Illustration Hugo Meunier / info.fr

Deux communautés de communes de Haute-Corrèze lancent un programme pluriannuel de gestion de l'eau sur les bassins de la Triouzoune, Diège et Luzège. La consultation publique s'est achevée en février. Le dossier suit son cours administratif.

Le projet s’appelle EP-DIG. Derrière ce sigle, un programme 2026-2031 porté conjointement par Haute-Corrèze Communauté et la communauté de communes Ventadour-Egletons-Monédières. Objectif : gérer les milieux aquatiques et restaurer la continuité écologique sur les bassins de la Triouzoune, de la Diège, de la Luzège et de leurs affluents de la Dordogne, tout en adaptant l’agriculture locale aux tensions croissantes sur la ressource en eau.

Une consultation publique achevée en février

La consultation publique s’est tenue du 3 au 17 février 2026, selon la préfecture de la Corrèze. Egletons figurait parmi les communes hôtes, aux côtés de Bort-les-Orgues, La Courtine et Ussel. Le commissaire enquêteur Michel Baffet, nommé par le Tribunal Administratif de Limoges, a rendu son rapport le 27 mars 2026.

Le projet prévoit des restaurations écologiques et des adaptations agricoles, potentiellement liées au stockage d’eau pour l’irrigation. Les financements n’ont pas encore été précisés publiquement.

Un déséquilibre quantitatif déjà documenté

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Le contexte hydrique local justifie ces initiatives. Selon les données du GESTEAU, les prélèvements totaux déclarés dans le secteur s’élevaient à plus de 26 millions de m³ en 2022, dont 3,3 millions destinés à l’irrigation agricole, soit environ 13 % du total. Un projet de prélèvement dans la Vézère pour alimenter Egletons est par ailleurs à l’étude, dans ce même contexte de déséquilibre quantitatif.

Le conseil départemental de la Corrèze avait adopté en 2024 un plan de mutation agricole à horizon 2030 visant explicitement l’autonomie en eau des exploitations, en anticipation des sécheresses récurrentes, selon les délibérations publiées par le département.

Prochaine étape : le SAGE Vézère-Corrèze

Parallèlement, un droit d’initiative pour observations sur l’élaboration du SAGE Vézère-Corrèze est ouvert jusqu’au 15 mai 2026, selon la préfecture. Ce schéma d’aménagement et de gestion des eaux constituera un cadre de référence pour les usages futurs de la ressource, agriculture comprise.

Au niveau national, le gouvernement a annoncé en 2026 le déblocage d’un tiers des projets de retenues d’eau en instruction, selon Terre-net. La Montagne signale par ailleurs qu’une étude a déjà identifié un site potentiel pour un barrage en Corrèze, sans que ce site soit officiellement retenu à ce stade.

Sources

Hugo Meunier

Hugo Meunier

Basé à Tulle, couvre l'élevage limousin, les tensions sur la santé en milieu rural, le tourisme vert et les débats sur les barrages hydroélectriques. Formé à Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio régionale avant de passer au web. Posture éditoriale : connaître les maires, les agriculteurs, les associations locales, vérifier chaque projet sur le terrain avant de publier.

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