Haute-Corse : 240 ruches volées en Castagniccia, enquête ouverte
Deux exploitations apicoles dépossédées entre fin juin et début juillet. Le parquet de Bastia a ouvert une enquête judiciaire.
Entre le 21 juin et le 3 juillet, 240 ruches ont été dérobées sur deux exploitations en Castagniccia. L'apiculteur Gérard Laurenti-Gherardi a perdu 140 ruches, soit plus de la moitié de son cheptel. Une enquête a été ouverte par le parquet de Bastia.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 240 ruches volées : deux exploitations apicoles en Castagniccia dépouillées entre le 21 juin et le 3 juillet 2026
- 140 ruches : le butin soustrait à l'apiculteur Gérard Laurenti-Gherardi, soit plus de la moitié de son cheptel
- 40 000 à 50 000 euros : le préjudice économique estimé pour la seule production de miel, selon Corse Matin
- Enquête ouverte : le parquet de Bastia a confié l'affaire à la brigade de gendarmerie de Piedicroce
L’essentiel
- 240 ruches volées : deux exploitations apicoles en Castagniccia dépouillées entre le 21 juin et le 3 juillet 2026
- 140 ruches : le butin soustrait à l’apiculteur Gérard Laurenti-Gherardi, soit plus de la moitié de son cheptel
- 40 000 à 50 000 euros : le préjudice économique estimé pour la seule production de miel, selon Corse Matin
- Enquête ouverte : le parquet de Bastia a confié l’affaire à la brigade de gendarmerie de Piedicroce
Ce qui s’est passé
Deux exploitations apicoles de Castagniccia ont été victimes de vols massifs entre le 21 juin et le 3 juillet. Au total, 240 ruches ont disparu. Gérard Laurenti-Gherardi, installé dans la région d’Orezza, a perdu 140 ruches. La seconde exploitation a été dépossédée de 100 ruches.
Les vols ont eu lieu de nuit, selon les témoignages. L’ampleur du butin et la logistique nécessaire pour transporter autant de ruches interrogent les victimes. « Ils mettent deux exploitations au tapis, c’est le coup de grâce », a déclaré un représentant de la profession sur les réseaux sociaux.
Le témoignage de l’apiculteur
Gérard Laurenti-Gherardi a dénoncé un acte qui met en péril 15 ans de travail. « Je ressens de la haine », a-t-il confié à Corse Matin. L’apiculteur estime que l’opération relève d’une organisation professionnelle. Déplacer 140 ruches demande du matériel, des véhicules adaptés et une connaissance du terrain.
Les victimes soupçonnent l’implication d’autres apiculteurs. La Castagniccia, territoire rural et peu peuplé, rend difficile le passage inaperçu de camions chargés. Un appel à témoins a été lancé pour recueillir toute information sur des mouvements inhabituels de véhicules entre les dates des vols.
Un préjudice économique et humain
Le préjudice financier pour la seule production de miel est évalué entre 40 000 et 50 000 euros, selon Corse Matin. Ce montant s’ajoute à la valeur des ruches elles-mêmes et au coût de reconstitution du cheptel. Pour des exploitations de taille modeste, la perte est insurmontable à court terme.
Matteu Tristani, président de l’AOP Miel de Corse, a dénoncé un acte qui menace la pérennité des exploitations. « Cet acte ignoble menace la filière », a-t-il déclaré à Stampa Paese. Les apiculteurs corses étaient déjà confrontés à une mortalité exceptionnelle des colonies et à de faibles niveaux de production dus aux changements climatiques.
Contexte dans la Haute-Corse
La Castagniccia, région montagneuse du nord-est de la Corse, abrite plusieurs exploitations apicoles qui produisent le miel AOC Miel de Corse. La filière apicole de l’île compte environ 300 apiculteurs professionnels et semi-professionnels. Elle a connu des difficultés ces dernières années, avec des pertes de colonies et une production en baisse.
Cet incident est considéré comme le vol de ruches le plus important jamais enregistré en Corse, selon Le Parisien. Les vols de ruches restent rares sur l’île, mais la tension sur la filière et la valeur du cheptel peuvent expliquer ce type de délit. La Haute-Corse, département rural de 190 488 habitants, dépend fortement de l’agriculture et de l’élevage pour son économie locale.
Enquête en cours
Le parquet de Bastia a ouvert une enquête judiciaire pour vol. L’affaire a été confiée à la brigade de gendarmerie de Piedicroce, commune située au cœur de la Castagniccia. Les investigations portent sur l’identification des auteurs et la récupération des ruches.
Les gendarmes recherchent des témoignages et analysent les mouvements de véhicules sur les routes de montagne pendant la période concernée. La revente de ruches volées reste difficile sans éveiller les soupçons, mais les auteurs pourraient avoir agi pour reconstituer leur propre cheptel ou alimenter un marché parallèle.
Les deux apiculteurs espèrent retrouver au moins une partie de leurs ruches. En attendant, ils tentent de reconstruire leur activité avec le soutien de la profession.