Haute-Loire : quatrième attaque de brebis en mai, le loup mis en cause à Lantriac
Une brebis tuée dans la nuit du 23 au 24 mai sur la commune de Lantriac, la pression de la prédation ne faiblit pas en Haute-Loire.
Quatre attaques d'ovins en moins d'un mois en Haute-Loire, avec le loup comme principal suspect. Le préfet Yvan Cordier a répondu le 29 mai en étendant le zonage de protection à 19 communes supplémentaires. Les éleveurs, eux, ne cachent plus leur exaspération.
L’essentiel
- 4e attaque : une brebis tuée dans la nuit du 23 au 24 mai 2026 à Lantriac, responsabilité du loup non exclue par l’OFB.
- Bilan du mois : environ 33 animaux morts ou euthanasiés lors des quatre attaques de mai (Landos, Saint-Haon, Saugues, Lantriac).
- Réponse préfectorale : arrêté DDT2026-043 du 29 mai, 19 communes supplémentaires en cercle 2 du plan loup, total porté à 89 communes en Haute-Loire.
- Action syndicale : la Coordination rurale 43 a accroché des carcasses de brebis aux grilles de la préfecture du Puy-en-Velay dans la nuit du 22 au 23 mai.
Lantriac, nuit du 23 au 24 mai : la quatrième en quatre semaines
Une brebis a été tuée dans la nuit du 23 au 24 mai 2026 sur la commune de Lantriac, au nord-est du Puy-en-Velay. L’Office français de la biodiversité (OFB) est intervenu sur place pour réaliser les prélèvements habituels. La responsabilité du loup n’est pas exclue, selon Le Progrès qui a rapporté l’événement le 29 mai.
Cette attaque est la quatrième enregistrée en Haute-Loire depuis le début du mois de mai. Elle survient deux jours à peine après l’action coup de poing de la Coordination rurale 43, qui avait suspendu des carcasses de brebis aux grilles de la préfecture dans la nuit du 22 au 23 mai.
Un mois de mai meurtrier : le bilan des quatre attaques
La série débute dans la nuit du 5 au 6 mai à Landos : 25 ovins tués, le bilan le plus lourd de la séquence. Deux jours plus tard, dans la nuit du 7 au 8 mai, Saint-Haon est touché à son tour - 5 agneaux retrouvés morts. Là encore, l’OFB constate que le loup ne peut être exclu.
Troisième attaque dans la nuit du 21 au 22 mai, cette fois sur l’exploitation de Guillaume Redon à Saugues : 2 brebis tuées. France Bleu et ICI (Radio France) avaient relayé l’information, précisant que l’hypothèse « au moins deux loups » circulait déjà parmi les enquêteurs de l’OFB, comme le rapportait Ouest-France.
Au total, environ 33 animaux sont morts ou ont dû être euthanasiés dans ces quatre faits, selon les données croisées du Progrès et d’ICI Auvergne-Rhône-Alpes.
La réaction des éleveurs : des carcasses devant la préfecture
La Coordination rurale 43 a franchi un cap symbolique dans la nuit du 22 au 23 mai. Deux carcasses de brebis ont été accrochées aux grilles de la préfecture de Haute-Loire, au Puy-en-Velay. Le message, rapporté par Le Progrès et ICI, est sans détour : derrière ce geste, les éleveurs dénoncent ce qu’ils décrivent comme l’inaction des pouvoirs publics face à la recrudescence des attaques.
Cette pression syndicale a précédé de quelques heures la quatrième attaque à Lantriac. Elle a visiblement pesé dans l’agenda du préfet.
La réponse du préfet : 19 communes supplémentaires en cercle 2
Le préfet de Haute-Loire, Yvan Cordier, a signé l’arrêté préfectoral n° DDT2026-043 le 29 mai 2026. Ce texte intègre 19 nouvelles communes au cercle 2 du plan national d’actions loup (PNA Loup). Le total pour le département atteint désormais 89 communes classées en cercle 2.
Ce classement ouvre concrètement droit aux tirs de défense simplifiés et à des aides renforcées : financement de clôtures électrifiées, chiens de protection, gardiennage. La décision est publiée sur le site de la préfecture de Haute-Loire et confirmée par France Bleu Haute-Loire.
Sur le terrain, la mise en œuvre reste à confirmer. Les délais d’instruction des dossiers d’aide et les conditions d’autorisation des tirs de défense sont souvent pointés par les syndicats agricoles comme des freins opérationnels. La préfecture n’a pas précisé le calendrier de déploiement des nouvelles mesures à la date de publication.
Contexte dans le département
La Haute-Loire compte parmi les départements français les plus exposés à la prédation du loup. Le territoire, majoritairement rural et montagneux, abrite un élevage ovin significatif - notamment sur le plateau de Saugues, dans les secteurs de la Margeride et du Velay. La filière ovine est structurante pour l’économie agricole locale.
Le loup est présent de façon documentée en Haute-Loire depuis plusieurs années. Le plan national d’actions loup, piloté par le ministère de la Transition écologique, prévoit un zonage en cercles (1, 2, 3) qui détermine le niveau de protection et d’intervention autorisé. Avec 89 communes désormais en cercle 2, la Haute-Loire figure parmi les départements du Massif central les plus concernés par ce dispositif, aux côtés du Cantal, où la tension homme-faune sauvage fait aussi l’objet de débats publics.
Dans un contexte de pressions multiples sur l’élevage extensif - coût des intrants, difficultés de renouvellement des générations, aléas climatiques - , les attaques répétées de prédateurs ajoutent une charge psychologique et économique que les syndicats jugent de plus en plus insupportable. La Coordination rurale 43 l’a exprimé de façon peu équivoque devant la préfecture du Puy-en-Velay.
Prochaine étape
Les analyses de l’OFB sur les prélèvements effectués à Lantriac sont attendues pour confirmer ou infirmer la responsabilité du loup dans la quatrième attaque. Le préfet Cordier n’a pas indiqué à ce stade si de nouvelles mesures pourraient être prises en cas de nouvelles attaques d’ici la fin du mois.
Sources
- Le Progrès : Quatrième attaque depuis le début du mois : le loup de nouveau mis en cause
- Préfecture de Haute-Loire : Tir de défense contre le loup – arrêté DDT2026-043
- France Bleu Haute-Loire : La préfecture de Haute-Loire étend le zonage des communes éligibles aux aides contre la prédation du loup
- ICI Auvergne-Rhône-Alpes (Radio France) : Deux carcasses de brebis accrochées aux grilles de la préfecture de Haute-Loire