Haute-Savoie : le sous-préfet de Bonneville préside le comité sur les risques glaciaires
Stéphane Donnot a réuni services de l'État, élus et experts pour anticiper les dangers liés aux glaciers et aux phénomènes périglaciaires
À Bonneville, Stéphane Donnot, sous-préfet depuis juin 2025, a présidé le comité départemental sur les risques d'origines glaciaire et périglaciaire (ROGP). La réunion a rassemblé services de l'État, élus locaux, scientifiques et professionnels de la montagne. Objectif anticiper des dangers amplifiés par le recul accéléré des glaciers alpins.
À Bonneville, Stéphane Donnot, sous-préfet depuis juin 2025, a présidé le comité départemental sur les risques d’origines glaciaire et périglaciaire (ROGP). La réunion a rassemblé services de l’État, élus locaux, scientifiques et professionnels de la montagne. Objectif : anticiper des dangers amplifiés par le recul accéléré des glaciers alpins.
L’essentiel
- Réunion officielle : Stéphane Donnot, sous-préfet de Bonneville nommé en juin 2025, a présidé le comité ROGP, selon la préfecture de Haute-Savoie.
- 219 événements recensés : depuis 1640, 219 événements d’origine glaciaire et périglaciaire ont été répertoriés dans les Alpes françaises, dont une part significative en Haute-Savoie.
- 70 bassins à risque élevé : la stratégie nationale identifie 360 secteurs exposés en France, dont 70 à sensibilité élevée, incluant des sites haut-savoyards.
- Mer de Glace : recul de près de 3 km depuis 1850, avec une perte d’épaisseur de 30 mètres en deux ans mesurée en 2022.
- Lacs menaçants : en 2023, deux lacs glaciaires dangereux ont été identifiés pour la première fois en France, dont celui des Bossons (15 000 à 20 000 m³ d’eau potentiels).
Une réunion interservices pour croiser les expertises
Le comité ROGP a pour vocation de faire se rencontrer des acteurs qui n’opèrent pas toujours ensemble : agents de l’État, élus de communes de montagne, glaciologues et guides de haute montagne. Selon la préfecture de Haute-Savoie, la séance a permis des « retours terrain », des échanges de réflexions et la définition d’actions concrètes pour mieux anticiper les risques.
Ce type de format pluridisciplinaire est pensé pour combler un écart : entre la connaissance scientifique des phénomènes glaciaires et la capacité opérationnelle des communes à y répondre. La Haute-Savoie concentre des massifs particulièrement exposés, au premier rang desquels le massif du Mont-Blanc.
Un cadre national : la mesure 6 du PNACC 3
Le comité ROGP s’inscrit dans la mesure 6 du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3), qui prévoit de renforcer les moyens de recherche et de diagnostic sur les risques glaciaires et périglaciaires. La stratégie nationale identifie 360 secteurs en France où des zones habitées pourraient être affectées. Parmi eux, 70 présentent une sensibilité élevée - plusieurs se situent en Haute-Savoie, selon les documents officiels publiés par l’agenda-2030.fr et l’Inspection générale de l’environnement.
Ce n’est pas la première réunion du genre dans le département. En mai 2023, la préfète de Haute-Savoie avait déjà présidé une première séance, présentée alors comme inaugurale.
Contexte dans le département : une histoire longue de catastrophes glaciaires
La Haute-Savoie n’est pas un territoire vierge de ces risques. Depuis 1640, 219 événements d’origine glaciaire et périglaciaire ont été recensés dans les Alpes françaises, selon des données croisées entre le site de la préfecture et des travaux de recherche universitaires. Le département en concentre une part importante.
Les exemples ne manquent pas. En septembre 1920, la crue de l’Arveyron, provoquée par des effondrements intra-glaciaires de la Mer de Glace, avait causé des dégâts significatifs dans la vallée. En 1949, une avalanche issue du glacier du Tour avait fait 6 morts. Plus récemment, l’avalanche de Montroc en 1999 avait détruit 14 chalets et tué 12 personnes - un événement qui reste une référence dans la gestion locale du risque. Selon les statistiques du ministère de la Transition écologique, 15 % des communes exposées au risque avalanche en France se trouvent en Haute-Savoie.
Sur ce territoire où les Jeux olympiques d’hiver Alpes 2030 sont en préparation, la question de la sécurité en montagne dépasse le cadre administratif habituel.
La Mer de Glace, symbole d’un recul accéléré
Les données sur la Mer de Glace illustrent l’ampleur du phénomène. Le glacier a reculé de près de 3 kilomètres depuis 1850. Ces dernières années, le retrait annuel atteint 30 à 40 mètres. En 2022, une association italienne de mesure a quantifié une perte d’épaisseur de 30 mètres en deux ans seulement, selon France 3 Régions.
Ce recul produit des effets concrets sur les risques : il déstabilise les parois rocheuses jusqu’ici soutenues par la glace, libère des matériaux et favorise la formation de lacs supraglaciaires. En 2023, pour la première fois en France, deux lacs glaciaires menaçants ont été formellement identifiés en Haute-Savoie. Celui des Bossons représente un volume potentiel de 15 000 à 20 000 m³ d’eau susceptibles d’être libérés brutalement, selon Ouest-France. Un risque nouveau, sans précédent documenté à cette échelle dans le département.
Ces phénomènes périglaciaires - effondrements de parois, coulées de débris, vidanges de lacs - sont plus difficiles à modéliser que les avalanches classiques. Ils nécessitent une surveillance rapprochée et des protocoles d’alerte spécifiques, ce que le comité ROGP a précisément pour mission d’organiser, selon la logique des comités territoriaux de coordination mise en place dans plusieurs départements.
Prochaines étapes non précisées à ce stade
La préfecture n’a pas communiqué de calendrier précis pour les suites du comité ROGP. Ni les actions retenues lors de la réunion ni les dates d’une éventuelle prochaine séance n’ont été rendues publiques à ce jour. Les décisions issues de la réunion restent à préciser.
Sources
- Préfecture de Haute-Savoie (@Prefet74) : Tweet officiel — comité ROGP présidé par Stéphane Donnot
- Préfecture de Haute-Savoie : Risque glaciaire et périglaciaire en Haute-Savoie
- Ouest-France : Rupture de lacs, avalanches... Dans les Alpes, des glaciers de plus en plus à risque
- France 3 Régions : La Mer de Glace a perdu 30 mètres en deux ans