Hautes-Pyrénées : le protoxyde d’azote interdit sur l’espace public jusqu’au 13 septembre

Le préfet Jean Salomon a signé le 13 mai un arrêté départemental encadrant consommation, détention et transport du gaz hilarant dans le 65

Hautes-Pyrénées : le protoxyde d'azote interdit sur l'espace public jusqu'au 13 septembre
Illustration Claire Castagné / info.fr

Le préfet des Hautes-Pyrénées a interdit par arrêté la consommation, la détention sans motif légitime, le transport et l'abandon de protoxyde d'azote sur la voie publique dans tout le département, du 13 mai au 13 septembre 2026. La mesure vise la recrudescence de l'usage détourné chez les jeunes et ses risques sanitaires documentés.

Le préfet des Hautes-Pyrénées Jean Salomon a signé le 13 mai 2026 un arrêté interdisant le protoxyde d’azote - dit « gaz hilarant » - sur l’ensemble des voies et espaces publics du département 65. La mesure court jusqu’au 13 septembre 2026 inclus. Le compte officiel @Prefet65 en a publié le visuel ce 26 mai.

L’essentiel

  • Date de l’arrêté : signé le 13 mai 2026 par le préfet Jean Salomon, applicable jusqu’au 13 septembre 2026 inclus.
  • Périmètre : tout le département des Hautes-Pyrénées (65) - consommation, détention sans motif légitime, transport et abandon de cartouches/bonbonnes interdits sur l’espace public.
  • Sanctions : amendes de 3e et 4e classe ; jusqu’à 15 000 € pour incitation d’un mineur à un usage détourné.
  • Vente aux mineurs : explicitement prohibée par l’arrêté, en complément de la loi nationale du 1er juin 2021.
  • Contexte national : 472 cas d’intoxication signalés aux CEIP-A en 2023, soit +30 % par rapport à 2022, selon l’ANSM.

Ce que dit l’arrêté

L’arrêté préfectoral couvre quatre types de comportements sur la voie publique : la consommation, la détention sans motif légitime, le transport de cartouches ou bonbonnes, et leur dépôt ou abandon. La vente aux mineurs est également prohibée. Les infractions sont passibles d’amendes de 3e classe (450 €) ou de 4e classe (750 €). Le fait d’inciter un mineur à un usage détourné est passible d’une amende pouvant atteindre 15 000 €, selon La Semaine des Pyrénées.

Le préfet a rappelé publiquement les motivations de la décision :

L’arrêté s’appuie sur la loi nationale du 1er juin 2021, qui interdit déjà la vente aux mineurs et certaines formes d’incitation. Le texte préfectoral étend les restrictions à l’espace public sur l’ensemble du territoire départemental.

Risques sanitaires invoqués

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La préfecture cite plusieurs catégories de risques pour justifier l’arrêté. Sur le plan sanitaire : troubles neurologiques, cardiovasculaires et psychiatriques, ainsi que des risques spécifiques pour les nouveau-nés. Sur le plan routier : des accidents liés à la consommation au volant. Sur le plan environnemental : la pollution générée par l’accumulation de cartouches abandonnées sur la voie publique.

À Tarbes, les autorités municipales avaient déjà adopté un arrêté réglementant l’usage et la détention du protoxyde d’azote en janvier 2025-2026, selon NR Pyrénées. Le ramassage de bonbonnes sur la voie publique s’y était intensifié ces derniers mois.

Un précédent local et un contexte national préoccupant

Ce n’est pas la première intervention de la préfecture sur ce dossier. Des arrêtés similaires avaient déjà été pris en 2025 : un premier en juillet (valable jusqu’à fin septembre), un second en décembre pour la période des fêtes de fin d’année, toujours selon La Semaine des Pyrénées. L’arrêté du 13 mai 2026 prolonge et élargit cette démarche à une période couvrant printemps et été.

Au niveau national, les données sont sans ambiguïté. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) recense 472 signalements d’intoxication par les centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance (CEIP-A) en 2023, soit une hausse de 30 % par rapport à 2022. Les centres antipoison (CAP-TV) enregistrent de leur côté 305 cas, en hausse de 20 %. En 2022, 14 % des 18-24 ans déclaraient avoir expérimenté le produit, selon Santé publique France. Le protoxyde d’azote est désormais considéré comme la troisième substance psychoactive la plus consommée en France, d’après France 3 Régions.

Des incidents liés à la sécurité routière sont également régulièrement signalés dans la région dans un contexte de hausse des consommations de substances sur la voie publique.

Contexte dans les Hautes-Pyrénées

Les Hautes-Pyrénées comptent environ 228 000 habitants, avec Tarbes comme préfecture (environ 40 000 habitants). Le département est marqué par une démographie jeune concentrée dans l’agglomération tarbaise et autour de Lourdes, deux zones où la présence de cartouches abandonnées avait été documentée par les autorités locales.

La préfecture n’est pas isolée dans cette démarche. D’autres départements ont adopté des mesures similaires en 2026 : l’Ariège a ainsi interdit le protoxyde d’azote du 1er mai au 15 septembre, et d’autres territoires comme l’Allier ont pris des dispositions comparables, selon France 3 Régions. Cette multiplication d’arrêtés préfectoraux intervient dans un contexte où les maires réclament des outils juridiques renforcés, comme l’a rappelé le site Maire-Info.

La saison estivale à Tarbes, avec ses rassemblements publics, constituait un facteur de risque supplémentaire pour les autorités. Le calendrier d’événements locaux jusqu’à la rentrée justifie la durée choisie pour l’arrêté.

Sanctions et contrôles

L’arrêté prévoit un cadre de sanctions gradué. Les contrevenants s’exposent à des amendes contraventionnelles (3e et 4e classe). Les commerçants qui vendraient du protoxyde d’azote à des mineurs s’exposent aux dispositions pénales de la loi de 2021. L’incitation d’un mineur à consommer peut atteindre 15 000 € d’amende. La préfecture n’a pas précisé les modalités concrètes de contrôle sur le terrain à ce stade.

L’arrêté est applicable jusqu’au 13 septembre 2026 inclus. La préfecture n’a pas communiqué sur un éventuel bilan intermédiaire ou une reconduction au-delà de cette date.

Sources

Claire Castagné

Claire Castagné

Claire est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Hautes-Pyrénées (65), avec Tarbes pour chef-lieu. Spécialité du département : Lourdes (3e ville hoteliere française) et Pic du Midi UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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