Herbignac : l’entreprise condamnée cinq ans après la mort d’un ouvrier sur un toit

Le tribunal de Saint-Nazaire a prononcé le 21 avril 2026 une amende de 5 000 euros contre SA Face Atlantique pour homicide involontaire.

Herbignac : l'entreprise condamnée cinq ans après la mort d'un ouvrier sur un toit
Illustration Stéphane Joly / info.fr

Un étancheur de 31 ans était mort le 10 février 2021 après une chute de six mètres du toit d'une laiterie à Herbignac. Cinq ans plus tard, son employeur a été condamné. L'absence d'équipements de protection était au cœur des débats.

Le 10 février 2021, un ouvrier de 31 ans travaillant pour la société SA Face Atlantique chutait de six mètres depuis le toit incliné de la laiterie Eurial - HCI, Herbignac Cheese Ingrédients - à Herbignac, en Loire-Atlantique. Il n’a pas survécu. Le 21 avril 2026, le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire a condamné l’entreprise pour homicide involontaire par faute simple, selon Actu.fr et Ouest-France.

L’étancheur intervenait pour une mission d’étanchéité sur le site industriel. Ni longe, ni garde-corps, ni équipement de protection individuelle adéquat : selon les éléments retenus par le tribunal, les mesures de sécurité collective n’étaient pas en place. Lors de l’audience du 24 février 2026, la procureure de la République de Saint-Nazaire avait requis 10 000 euros d’amende. Elle avait pointé une confusion entre formation et encadrement des salariés, et l’absence de dispositifs pour retenir la victime en hauteur, rapporte Actu.fr. Pour les cas similaires, comme la chute d’un ouvrier de 19 ans en Haute-Saône, les enquêtes soulèvent les mêmes manquements répétés sur les chantiers en hauteur.

Une amende en deçà des réquisitions

Le tribunal a requalifié les faits en homicide involontaire par faute simple, écartant la notion de violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité. SA Face Atlantique a été condamnée à 5 000 euros d’amende - moitié moins que les réquisitions - et à verser 60 000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles, selon Ouest-France. Aucun appel n’a été annoncé publiquement à ce stade.

Un contexte d’accidents mortels en hausse dans le département

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Ce jugement intervient dans un contexte préoccupant. La CGT 44 recense 20 décès au travail en Loire-Atlantique en 2025, contre 9 en 2024 et 6 en 2023. Une hausse brutale qui interpelle les organisations syndicales sur l’effectivité des contrôles de sécurité dans le BTP et l’industrie locaux.

Ce n’est pas le premier jugement du genre dans le département. En septembre 2025, une entreprise avait été condamnée à 30 000 euros d’amende pour homicide involontaire après la mort d’un ouvrier de 28 ans sur un chantier de Loire-Atlantique, selon Ouest-France. En avril 2026, l’entreprise Point P a été définitivement condamnée pour homicide involontaire à la suite du décès d’un salarié à Geneston, selon le site ici.fr. Ces affaires, à l’image de plusieurs procédures longues avant qu’un verdict ne tombe, rappellent combien la justice sur les drames industriels s’inscrit dans la durée.

Dans le cas d’Herbignac, cinq années se sont écoulées entre le drame et la condamnation. Pour la famille de la victime, le montant de l’amende prononcée - 5 000 euros - reste sans commune mesure avec la perte subie. Aucune réaction publique de SA Face Atlantique n’a été communiquée.

Sources

Stéphane Joly

Stéphane Joly

Stéphane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loire-Atlantique (44), avec Nantes pour chef-lieu. Spécialité du département : chantiers navals (1ers d'Europe) et french tech Nantes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Pays de la Loire.

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