HLM girondins : 44 agents de DomoFrance assermentés gardes particuliers
La préfecture de Gironde officialise un nouveau dispositif de sécurisation de l'habitat social, en lien avec police et gendarmerie.
Le 5 mai 2026, 44 collaborateurs du bailleur social DomoFrance ont été assermentés en qualité de gardes particuliers lors d'une réception organisée à la préfecture de Gironde. Ce dispositif renforce la coopération entre le bailleur, la Police Nationale et la Gendarmerie pour lutter contre les incivilités dans le parc social girondin.
Le 5 mai 2026, 44 collaborateurs du bailleur social DomoFrance ont été assermentés en qualité de gardes particuliers lors d’une réception organisée à la préfecture de Gironde. Ce dispositif renforce la coopération entre le bailleur, la Police Nationale et la Gendarmerie pour lutter contre les incivilités dans le parc social girondin.
L’essentiel
- 44 agents : collaborateurs de DomoFrance assermentés gardes particuliers le 5 mai 2026 en présence du directeur de cabinet du préfet Étienne Guyot.
- Convention signée le 28 novembre 2024 : 18 organismes bailleurs sociaux girondins signataires, sous l’impulsion de la préfecture et de l’autorité judiciaire.
- 681 logements sociaux pour 10 000 habitants : niveau atteint en Gironde en 2025, contre 652 en 2020, selon l’INSEE.
- +4,7 % : hausse des atteintes volontaires à l’intégrité physique en Gironde en 2025, selon la préfecture.
Ce qui s’est passé le 5 mai
Grégory Lecru, directeur de cabinet du préfet Étienne Guyot, a présidé la cérémonie d’assermentation. Les 44 collaborateurs de DomoFrance ont prêté serment conformément à l’article 29 du code de procédure pénale, qui définit le statut de garde particulier assermenté. Ce statut leur confère la capacité de constater par procès-verbal certaines infractions sur le patrimoine du bailleur.
La préfecture de Nouvelle-Aquitaine et Gironde a relayé l’événement sur ses comptes officiels, Twitter et Facebook, confirmant les détails de la réception.
Un ancrage dans la convention de novembre 2024
Cette assermentation ne sort pas de nulle part. Elle découle directement d’une convention de sécurisation de l’habitat social signée le 28 novembre 2024. Dix-huit organismes bailleurs sociaux girondins en sont signataires, dont DomoFrance. La convention a été initiée par la préfecture de Gironde, en lien avec l’autorité judiciaire, selon les Echos Judiciaires.
L’objectif affiché : structurer la coopération entre bailleurs, Police Nationale de Gironde et Gendarmerie pour améliorer la tranquillité résidentielle dans les logements sociaux du département. Les gardes particuliers assermentés constituent un maillon opérationnel de ce dispositif : présents sur le terrain, ils peuvent formaliser des constats transmissibles aux forces de l’ordre.
Ce type d’approche partenariale rejoint des logiques similaires dans d’autres départements. En Loire-Atlantique, 224 forces de l’ordre ont récemment été déployées aux abords des écoles dans une optique comparable de présence renforcée sur des espaces sensibles.
Contexte dans la Gironde
La Gironde est le premier département de Nouvelle-Aquitaine en volume de logements sociaux. En 2025, on y compte 681 logements sociaux pour 10 000 habitants, contre 652 en 2020, soit une progression de 4,4 % sur cinq ans, d’après les données INSEE. Bordeaux Métropole concentre 86 % des logements agréés dans des zones tendues de la région, selon l’Union régionale HLM Nouvelle-Aquitaine.
Dans ce parc en expansion, les tensions de voisinage et les incivilités constituent un défi récurrent. Le bilan 2025 de la délinquance en Gironde, publié par la préfecture en février 2026, fait état d’une hausse de 4,7 % des atteintes volontaires à l’intégrité physique, tirée notamment par les violences intrafamiliales (+7,4 %) et les violences sexuelles (+4,4 %). Ces chiffres concernent l’ensemble du département et ne se limitent pas au parc social, mais ils illustrent le contexte dans lequel s’inscrit le dispositif.
Un contrat territorial 2024-2026 pour la production de logements sociaux, impliquant l’État, Bordeaux Métropole et la Conférence Départementale HLM, accompagne par ailleurs le développement du parc. DomoFrance y contribue comme l’un des opérateurs de référence du département.
Un dispositif déjà pratiqué ailleurs
L’assermentation de gardes particuliers dans le logement social n’est pas une innovation girondine. Périgord Habitat, bailleur de Dordogne, a mis en place un dispositif identique pour traiter les incivilités sur son parc social, comme Grand Lyon Habitat en Auvergne-Rhône-Alpes. Ces précédents montrent que la pratique se diffuse progressivement parmi les bailleurs sociaux français.
Sur ce terrain, la coopération entre bailleurs et forces de sécurité intérieure reste un levier privilégié face aux difficultés de gestion locative. Les faits de vandalisme et dégradations sur des équipements collectifs illustrent la nature des atteintes que ces dispositifs cherchent à contenir.
À l’échelle nationale, l’Union sociale pour l’habitat prévoit en 2026 une collecte des faits d’incivilités et de délinquance constatés en 2025 dans le parc social, selon l’organisme. Cette remontée alimentera un observatoire national, auquel les données girondines sont susceptibles de contribuer.
Prochaine étape
Les 44 gardes particuliers de DomoFrance sont désormais opérationnels sur le parc social girondin. L’évaluation de leur impact sur la tranquillité résidentielle dépendra en partie des données que remontera la collecte nationale de l’Union sociale pour l’habitat prévue cette année.
Sources
- Préfecture de la Gironde (@PrefAquitaine33) : Assermentation de 44 collaborateurs de DomoFrance
- Préfecture de Nouvelle-Aquitaine et Gironde : Réception des gardes particuliers DomoFrance
- Echos Judiciaires : Gironde : une convention de sécurité de l'habitat social
- Périgord Habitat : L'assermentation de gardes particuliers pour traiter les faits d'incivilités sur le parc social