Un an après la mort de Gabriel Bée : hommage à Augé et plainte en préparation
Le 21 mai 2026, famille et élus se réunissent à Augé tandis que la famille prépare une plainte avec constitution de partie civile après le classement sans suite
Un an après la mort de Gabriel Bée, tué de deux tirs de gendarme à son domicile d'Augé le 21 mai 2025, un hommage est organisé sur les lieux ce jeudi. L'enquête classée sans suite en mars 2026 n'a pas mis fin à la mobilisation la famille prépare une plainte avec constitution de partie civile.
Un an après la mort de Gabriel Bée, tué de deux tirs de gendarme à son domicile d’Augé le 21 mai 2025, un hommage est organisé sur les lieux ce jeudi. L’enquête classée sans suite en mars 2026 n’a pas mis fin à la mobilisation : la famille prépare une plainte avec constitution de partie civile.
L’essentiel
- Le drame : Gabriel Bée, 33 ans, est mort dans la nuit du 20 au 21 mai 2025 à Augé, touché par deux tirs d’un gendarme intervenu pour tapage nocturne.
- Classement sans suite : Le parquet de Niort a classé l’enquête sans suite le 10 mars 2026, retenant la légitime défense.
- Hommage le 21 mai 2026 : La famille et des élus locaux organisent un rassemblement sur le lieu du drame à Augé.
- Plainte en préparation : La famille prépare une plainte avec constitution de partie civile pour contester le classement sans suite.
- Précédent mobilisation : Une marche blanche avait réuni entre 150 et 280 personnes à Augé en septembre 2025.
La nuit du 21 mai 2025 : deux coups de feu pour un tapage nocturne
Les faits remontent à la nuit du 20 au 21 mai 2025. Des gendarmes sont dépêchés à Augé, petite commune rurale des Deux-Sèvres, pour une intervention de tapage nocturne au domicile de Gabriel Bée. L’homme, âgé de 33 ans, est atteint par deux tirs. Il décède sur place.
Selon la famille et son avocate, Me Stéphanie Brémaud, les gendarmes seraient arrivés sans gyrophare ni sirène et sans s’annoncer clairement, d’après une vidéo d’environ une heure filmée par Gabriel Bée lui-même lors de l’intervention. Ce point est au cœur de la contestation judiciaire.
La mère de la victime, Isabelle Bée, avait déclaré peu après le drame à France 3 : « Mourir pour du tapage nocturne, c’est invraisemblable », réclamant la vérité sans appeler à la vengeance.
Classement sans suite : la procureure invoque la légitime défense
Le 10 mars 2026, le parquet de Niort a classé l’enquête sans suite, selon 20 Minutes et Le Parisien. La procureure de la République Sophie Lacote a justifié cette décision en estimant que « la vie ou l’intégrité physique du militaire était menacée par Gabriel B., alors armé d’une matraque télescopique ». Elle a qualifié l’usage de l’arme de « nécessaire et proportionné ».
La famille et son avocate ne l’entendent pas ainsi. Me Stéphanie Brémaud affirme qu’il y a « quelque chose qui n’a pas été vu » dans l’enquête et conteste les conditions d’intervention, selon La Nouvelle République et Ouest-France. La vidéo filmée par Gabriel Bée constitue la pièce centrale sur laquelle s’appuie la défense de la famille pour préparer une plainte avec constitution de partie civile.
Un hommage ce 21 mai 2026 à Augé
Ce jeudi 21 mai 2026, jour anniversaire du drame, la famille a organisé un rassemblement sur le lieu même de la mort de Gabriel Bée, à Augé. Des élus locaux participent à cet hommage, selon La Nouvelle République. L’événement vise à maintenir une pression publique sur la question des protocoles d’intervention des forces de l’ordre.
Ce n’est pas le premier rassemblement. En septembre 2025, quatre mois après le drame, une marche blanche avait déjà réuni entre 150 et 280 personnes à Augé, selon France 3 et La Dépêche, pour réclamer vérité et justice. La mobilisation autour de ce cas illustre la persistance des interrogations sur les conditions du tir, malgré le classement sans suite.
La plainte avec constitution de partie civile : la prochaine étape judiciaire
Face au classement sans suite, la famille dispose d’une voie légale : déposer une plainte avec constitution de partie civile. Cette procédure permet de saisir directement un juge d’instruction, contournant la décision du parquet. Selon La Nouvelle République et Ouest-France, la famille s’y prépare, appuyée sur les images filmées par Gabriel Bée et sur les contestations de Me Brémaud quant aux modalités d’intervention.
Les raisons exactes pour lesquelles l’enquête initiale n’aurait pas, selon la défense, exploré certaines pistes n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade. La plainte avec constitution de partie civile devrait préciser ces griefs devant un juge.
Contexte dans les Deux-Sèvres
Augé est une commune rurale de 23 km² comptant environ 887 habitants en 2022, selon l’INSEE, avec une estimation à 869 habitants en 2025. Dans ce territoire peu peuplé, à une vingtaine de kilomètres de Niort, préfecture du département, le drame a eu un retentissement important. Les Deux-Sèvres, département de 377 000 habitants environ, ne sont pas familiers des affaires de tirs policiers mortels de cette nature.
Le cas de Gabriel Bée s’inscrit dans un débat national plus large sur les conditions d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre lors d’interventions à domicile. Des situations comparables ont été rapportées dans d’autres régions françaises, comme à Bourg-lès-Valence (Drôme) en février 2025, où un échange de tirs avait également alimenté les discussions sur la doctrine d’intervention - bien que les circonstances diffèrent, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
La question des procédures judiciaires en matière d’usage de la force par les agents de l’État est régulièrement soulevée par des associations et des familles de victimes à l’échelle nationale. Dans les Deux-Sèvres, c’est désormais le cas Gabriel Bée qui porte ce débat localement.
La marche blanche de septembre 2025 : un précédent local
Quatre mois après les faits, en septembre 2025, la famille avait déjà su mobiliser. La marche blanche à Augé avait rassemblé jusqu’à 280 personnes selon les estimations, un chiffre significatif pour une commune de moins de 900 habitants. Des témoignages avaient alors été recueillis par France 3 et La Dépêche, illustrant l’ampleur du traumatisme local et la demande de transparence sur les circonstances exactes du tir.
L’affaire avait également suscité une couverture nationale via Le Parisien, 20 Minutes ou encore Ouest-France, sortant Augé de l’anonymat rural pour des raisons douloureuses. Un an après, la famille maintient la pression par des voies à la fois symboliques - l’hommage - et judiciaires - la plainte en préparation.
Le dépôt de la plainte avec constitution de partie civile déterminera si un juge d’instruction sera saisi pour rouvrir l’examen des circonstances de la mort de Gabriel Bée.
Sources
- Le Parisien : Deux-Sèvres : l'enquête sur la mort d'un homme tué par un gendarme classée sans suite
- 20 Minutes : Deux-Sèvres : l'enquête sur la mort d'un homme tué par un gendarme chez lui classée sans suite
- La Nouvelle République : Un an après sa mort, un hommage à Gabriel Bée, tué chez lui au cours d'une intervention des gendarmes
- France 3 Nouvelle-Aquitaine : Tapage nocturne, mort tragique et quête de vérité : une marche blanche après que l'intervention policière ait tourné au drame