Hommage au policier d’Angers « Memette » : le commissariat en deuil après son suicide
Le gardien de la paix Philippe, 42 ans, s'est donné la mort le 18 avril avec son arme de service. Ses collègues et syndicats saluent sa gentillesse et son engagement.
Le commissariat d'Angers est en deuil après la mort de Philippe, 42 ans, gardien de la paix surnommé « Memette ». Son corps a été retrouvé le 19 avril dans une forêt de Chemillé-en-Anjou. Une enquête confirme la piste du suicide. Syndicats et élus rendent hommage à ce policier apprécié pour sa bonne humeur.
Le commissariat d’Angers a perdu l’un des siens. Philippe, 42 ans, gardien de la paix depuis près de vingt ans, s’est suicidé le 18 avril 2026 avec son arme de service. Son corps a été découvert le lendemain dans une forêt de Chemillé-en-Anjou, à une trentaine de kilomètres d’Angers, par les gendarmes. Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet d’Angers, bien que la piste du suicide ne fasse « aucun doute », selon une source proche du dossier citée par Angers Info.
Un collègue apprécié pour sa gentillesse
Philippe, surnommé « Memette » par ses collègues, était affecté à la sécurisation du palais de justice d’Angers. Selon Actu17, il était « apprécié pour sa bonne humeur et sa gentillesse ». Jérôme Hanarte, secrétaire départemental du Maine-et-Loire pour Alliance Police Nationale, a rendu hommage à ce policier « engagé et dévoué », adressant ses condoléances à sa famille, son fils et son frère Freddy, lui-même policier à La Roche-sur-Yon. L’Amicale de la Police Nationale a également salué « une figure reconnue pour sa joie de vivre ».
Ses obsèques ont eu lieu le 23 avril au crématorium de La Roche-sur-Yon. Une cagnotte en sa mémoire a été ouverte, selon Ouest-France.
Sixième suicide chez les policiers en 2026
Ce drame est le sixième suicide chez les policiers nationaux depuis le début de l’année 2026, contre seize en 2025 et vingt-sept en 2024. Les forces de l’ordre affichent un taux de suicide 50 % supérieur à la moyenne nationale, rappelle Actu17. Une semaine avant ce drame, le 12 avril, un major de gendarmerie de 55 ans, Didier Boissel, s’était suicidé dans sa brigade à Saint-Georges-sur-Loire, près d’Angers. Un précédent similaire avait eu lieu en 2012 à Saumur, où un policier de 47 ans s’était donné la mort deux jours après son affectation.
Les syndicats et associations de prévention rappellent l’existence de lignes d’écoute pour les policiers en détresse, comme le 3114 ou le 0800 95 00 17. « Ces drames soulignent l’urgence de mieux accompagner les forces de l’ordre », estime Alliance Police Nationale. En janvier 2025, Le Monde rapportait une baisse historique des suicides dans la police, mais les chiffres de 2026 montrent une recrudescence des cas.
Contexte : une série de drames en Maine-et-Loire
Le Maine-et-Loire a connu plusieurs suicides dans les forces de l’ordre ces dernières années. En 2012, un policier de 47 ans s’était donné la mort à Saumur, deux jours après son affectation. En 2026, le département a déjà enregistré deux suicides chez les policiers et gendarmes, dont celui de Didier Boissel à Saint-Georges-sur-Loire. Ces événements ont relancé le débat sur les conditions de travail et la santé mentale au sein des forces de sécurité.
La préfecture du Maine-et-Loire n’a pas encore réagi officiellement à ce nouveau drame. Les syndicats appellent à une « prise de conscience collective » pour éviter de nouveaux cas. Une minute de silence a été observée au commissariat d’Angers en mémoire de Philippe.
Sources
- Ouest-France : Tout le commissariat est sous le choc : policier à Angers, « Memette » a mis fin à ses jours
- Actu17 : Un policier du commissariat d'Angers met fin à ses jours avec son arme de service
- Angers Info : Un policier d’Angers retrouvé mort dans une forêt du Maine-et-Loire
- Le Monde : Suicides au sein des forces de l'ordre : une meilleure prise en compte et un plus bas historique