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Humidité qui remonte du sol : causes, solutions et traitements efficaces

7 min
Difficile
7 étapes
28 décembre 2025
Humidité qui remonte du sol : causes, solutions et traitements efficaces
Illustration : Humidité qui remonte du sol : causes, solutions et traitements efficaces © info.fr
Rédigé par L'équipe de la rédaction
Mis à jour le 28 décembre 2025
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En bref

L'humidité qui remonte du sol est causée par les remontées capillaires : l'eau contenue dans le sol migre verticalement dans les murs poreux par capillarité. Le traitement le plus efficace consiste en l'injection de résine hydrofuge à la base des murs, créant une barrière étanche.

L'humidité qui remonte du sol touche de nombreuses habitations, particulièrement les maisons anciennes construites avant 1960. Ce phénomène, appelé remontée capillaire, concerne principalement les bâtiments dont les matériaux poreux sont en contact direct avec un sol humide, sans protection adaptée.

Les étapes à suivre

Étape 1 : Comprendre le phénomène des remontées capillaires

Les remontées capillaires se produisent lorsque l'eau présente dans le sol remonte dans les matériaux de construction poreux comme la pierre, la brique ou le béton. Ce phénomène physique est comparable à un sucre posé sur du café : le liquide remonte naturellement par les réseaux de capillaires microscopiques du matériau. L'eau circule dans le sol et entre en contact avec les maçonneries dépourvues de coupure capillaire. Les maisons construites avant 1950 sont particulièrement vulnérables, car les constructeurs ne mettaient pas en place de rupteurs de remontées capillaires. Le frottement de l'eau contre les matériaux crée une charge électrique qui lui donne la force de monter dans les capillaires du terrain et des murs.

💡 Depuis 1961, le DTU 20.1 impose des coupures de capillarité à 15 cm au-dessus du niveau du sol pour les constructions neuves.

Étape 2 : Identifier les causes principales

Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de l'humidité qui remonte du sol. La proximité d'une nappe phréatique constitue une cause majeure : lors de saisons pluvieuses successives, l'humidité peut remonter jusqu'aux fondations du bâtiment. Les terrains humides ou marécageux où l'eau stagne en permanence favorisent également ce phénomène. Un mauvais drainage autour des fondations, l'absence d'étanchéité au niveau du soubassement, ou encore une canalisation enterrée rompue peuvent provoquer des remontées capillaires. Les matériaux poreux comme les pierres calcaires, le grès vosgien, les briques en terre crue ou le pisé sont particulièrement sensibles. L'absence de protection entre le sol et les fondations aggrave le problème.

💡 Vérifiez si votre maison est construite sur une nappe phréatique ou près d'un cours d'eau : ces situations augmentent considérablement les risques.

Étape 3 : Reconnaître les signes d'humidité au sol

Les traces d'humidité au sol sont parfois moins visibles que sur les murs, mais tout aussi alarmantes. Observez l'apparition de taches sombres ou de zones mouillées sur le sol et le bas des murs. La présence de moisissures ou de champignons, accompagnée d'odeurs désagréables, constitue un signal d'alerte. Les efflorescences, ces dépôts blanchâtres de sels minéraux, apparaissent lorsque l'eau s'évapore à la surface des matériaux. Le décollement des revêtements muraux, l'écaillement des peintures, le boursouflement de l'enduit et la déformation du parquet (qui se gondole ou se soulève) sont des symptômes caractéristiques. L'apparition de salpêtre et la dégradation progressive des matériaux de construction doivent vous alerter immédiatement.

💡 Selon l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur, le taux d'humidité optimal pour un logement se situe entre 40 et 60%.

Étape 4 : L'injection de résine hydrofuge : le traitement de référence

L'injection de produit hydrofuge représente le traitement le plus recommandé par les professionnels de l'humidité. Cette méthode consiste à forer des trous tous les 10 à 15 centimètres à la base des murs, en oblique vers le sol. On injecte ensuite une résine ou une crème hydrofuge qui va créer une barrière étanche dans toute l'épaisseur du mur, stoppant la remontée d'eau par capillarité. Le prix varie entre 100 et 180 euros par mètre linéaire. Les produits modernes comme le SikaMur InjectoCream-100 sont des crèmes concentrées à base de silane qui remplacent les anciennes solutions diluées. Le traitement est inodore, sans solvant et ne nécessite pas de gros travaux. Les effets sont immédiats, mais il faut plusieurs mois pour que l'humidité s'évapore complètement des murs.

💡 Une étude comparative récente a démontré que les procédés d'injection de produits hydrophobes permettent d'obtenir les meilleurs résultats contre les remontées capillaires.

Étape 5 : Les autres solutions professionnelles

Le drainage périphérique consiste à creuser une tranchée drainante autour des fondations pour évacuer l'eau stagnante et réduire la pression hydrostatique. Le coût d'un drainage complet varie entre 3000 et 10000 euros selon la taille du bâtiment. Le cuvelage implique la réalisation d'un caisson étanche en appliquant une membrane imperméable sur les murs et le sol des caves ou sous-sols. La pose d'une membrane d'étanchéité en caoutchouc, bitume ou polyéthylène haute densité le long des murs extérieurs nécessite de décaisser le mur. L'électro-osmose, technique plus innovante, utilise des champs électromagnétiques pour forcer l'humidité à redescendre vers le sol. La saignée murale avec membrane consiste à réaliser une découpe horizontale dans le mur pour installer une couche étanche.

💡 Le budget de traitement des remontées d'humidité peut aller de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros selon la technique choisie.

Étape 6 : Faire appel à un professionnel : diagnostic et expertise

Avant tout traitement, un diagnostic professionnel est indispensable. Un expert en humidité utilisera des outils comme une caméra infrarouge et un hygromètre pour détecter les niveaux d'humidité et en déterminer la cause exacte. Le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) et l'Agence Qualité Construction (AQC) travaillent sur l'amélioration de la prédiction des risques liés aux remontées capillaires. Un diagnostic rigoureux permet d'identifier si le problème provient réellement de remontées capillaires ou d'autres sources comme des infiltrations, de la condensation ou des fuites de plomberie. Le professionnel vous remettra un rapport détaillé avec les relevés d'humidité et les recommandations adaptées à votre situation. Il est conseillé de faire intervenir plusieurs professionnels pour comparer les avis.

💡 Méfiez-vous des entreprises qui ne proposent qu'une seule solution : elles ont tendance à vous vendre leur méthode même si elle n'est pas la plus adaptée.

Étape 7 : Prévention et entretien à long terme

Pour les constructions neuves, plusieurs mesures préventives sont essentielles. Depuis 1961, le DTU 20.1 impose des coupures de capillarité à 15 centimètres au-dessus du niveau du sol via une bande anti-capillarité ou un mortier d'imperméabilisation de 2 centimètres d'épaisseur. Un chaînage en béton armé à 5 centimètres au-dessus du sol extérieur sur toute l'épaisseur du mur constitue une protection efficace. Veillez à maintenir une bonne ventilation dans votre logement en aérant régulièrement. L'installation d'un déshumidificateur peut s'avérer nécessaire dans les habitations particulièrement humides. Surveillez régulièrement l'état de vos sols et murs pour détecter rapidement tout signe d'humidité. Assurez-vous que les canalisations et gouttières ne sont pas obstruées pour éviter l'accumulation d'eau près des fondations.

💡 Aérer 10 minutes par jour et maintenir le chauffage en hiver permet d'assécher l'air et de limiter les problèmes d'humidité.

💡 Conseils et astuces

  • Faites réaliser un diagnostic professionnel avant d'entreprendre tout traitement pour identifier précisément la cause de l'humidité
  • Privilégiez l'injection de résine hydrofuge pour un traitement efficace et durable des remontées capillaires
  • N'appliquez jamais de revêtement étanche sur la partie abîmée du mur : cela ne fera qu'empirer le problème
  • Demandez plusieurs devis auprès de professionnels qualifiés pour comparer les solutions et les tarifs proposés
  • Assurez un bon drainage autour de votre maison en vérifiant régulièrement l'état des gouttières et des canalisations
  • Maintenez une ventilation efficace dans votre logement pour éviter l'accumulation d'humidité dans l'air ambiant

❓ Questions fréquentes

Comment savoir si l'humidité vient du sol ?

Les signes caractéristiques sont des taches sombres au bas des murs (jusqu'à 1,5 mètre de hauteur), des efflorescences blanchâtres, le décollement des revêtements, des moisissures et une odeur de moisi. Un professionnel peut confirmer le diagnostic avec un hygromètre et une caméra infrarouge.

Quel est le prix pour traiter les remontées capillaires ?

Le coût varie selon la technique : l'injection de résine hydrofuge coûte entre 100 et 180 euros par mètre linéaire, le drainage périphérique entre 3000 et 10000 euros, et le budget total peut aller de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros selon l'ampleur des travaux.

Peut-on traiter soi-même les remontées capillaires ?

Pour un problème léger, vous pouvez appliquer une peinture anti-humidité ou injecter vous-même un produit hydrofuge acheté en magasin de bricolage. Cependant, pour un traitement durable et efficace, il est fortement recommandé de faire appel à un professionnel qualifié.

Combien de temps faut-il pour que les murs sèchent après traitement ?

Après l'injection de résine hydrofuge, les effets sont immédiats pour stopper les remontées, mais il faut compter plusieurs mois (généralement 6 à 12 mois) pour que l'humidité accumulée dans les murs s'évapore complètement et que les murs s'assèchent totalement.

Les maisons récentes sont-elles touchées par ce problème ?

Les bâtiments construits après 1961 sont normalement protégés grâce aux normes DTU 20.1 qui imposent des coupures de capillarité. Cependant, des remontées capillaires peuvent survenir si la coupure anti-capillarité a été mal réalisée, mal positionnée ou si les fondations ne sont pas suffisamment étanches.

📚 Sources

Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :

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