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55,0% des Français sans avis sur « Semaine de 4 jours »

Semaine de 4 jours. Donnez votre avis sur les 4 questions de ce sondage info.fr.

4 518 participants Du au IC théorique ±1.5% ID : INFOFR-2026-002
Semaine de 4 jours
Illustration générée par IA — Info.fr
Sondage clôturé — résultats définitifs ci-dessous
Question principale

La semaine de 4 jours (à 32h sans baisse de salaire) doit-elle devenir la norme en France ?

Oui 18,9%
Non 26,1%
Sans avis 55,0%

La semaine de quatre jours fait partie de ces débats qui reviennent à chaque crise sociale sans jamais s'imposer dans la loi. Entre le 7 décembre 2025 et le 5 février 2026, Info.fr a interrogé 4 518 répondants sur l'opportunité d'en faire la norme française, à 32 heures hebdomadaires et sans baisse de salaire. Les résultats traduisent une France prudente, voire sceptique, mais surtout massivement indécise.

Une adhésion plus faible qu'attendue

Contre toute attente, seuls 18,9% des sondés estiment que la semaine de 4 jours devrait devenir la norme en France. Le « non » l'emporte nettement (26,1%), tandis qu'une majorité écrasante (55,0%) préfère ne pas se prononcer. Ce taux d'abstention, inhabituel sur une question de temps de travail, en dit long sur la complexité perçue du sujet.

La comparaison avec les enquêtes antérieures éclaire ce résultat. Un sondage IFOP réalisé en 2022 pour l'ADP indiquait que 68% des salariés français se disaient « favorables » au principe de la semaine de 4 jours. L'écart avec nos 18,9% de « oui » s'explique par la formulation : nous demandons non pas une préférence personnelle, mais l'instauration d'une norme nationale, à 32 heures et sans contrepartie salariale. Dès que la question engage la collectivité et le modèle économique, l'enthousiasme retombe.

Méthodologie du sondage

  • Échantillon : 4 518 répondants majeurs résidant en France
  • Période de collecte : du 7 décembre 2025 au 5 février 2026
  • Mode de recueil : questionnaire auto-administré en ligne
  • Marge d'erreur théorique : environ ±1,5 point pour la question principale

Le vrai signal se cache dans la question salariale

La sous-question la plus révélatrice n'est pas celle du principe, mais celle de l'arbitrage financier. À la question « seriez-vous prêt à baisser votre salaire de 10% pour travailler 4 jours ? », 38,6% des répondants répondent non, contre 19,8% de oui. Autrement dit, quand la réduction du temps de travail implique un sacrifice concret sur la fiche de paie, le refus double l'adhésion.

Ce chiffre relativise fortement l'idée d'un désir massif de décroissance volontaire du travail. Dans un contexte où, selon l'INSEE, le pouvoir d'achat des ménages a connu des évolutions contrastées depuis 2022, la question n'est plus tant idéologique qu'arithmétique. La semaine de 4 jours attire, à condition qu'elle soit gratuite pour le salarié.

« La littérature internationale montre que les expérimentations réussies, notamment au Royaume-Uni et en Islande, reposent sur une réorganisation profonde des process et non sur une simple compression du temps. Sans gains de productivité documentés, le modèle à 32 heures payées 35 devient insoutenable pour une PME française moyenne. » (économiste du travail, université parisienne)

Le terrain : une faisabilité incertaine

Interrogés sur la capacité de leur propre employeur à passer à 4 jours, les sondés se partagent quasiment à parts égales : 37,2% jugent la transition possible, 39,2% la jugent irréaliste. Ce quasi-équilibre masque des réalités sectorielles très différentes. Les secteurs tertiaires, où le travail est largement numérisable, se prêtent mieux à la réorganisation que l'industrie, la santé ou la grande distribution, où la présence physique conditionne l'activité.

Les expérimentations françaises concrètes restent limitées. L'Urssaf Picardie, la société LDLC ou encore certaines collectivités ont testé des formats à 4 jours, avec des résultats contrastés documentés par le ministère du Travail. À l'échelle macroéconomique, la DARES rappelle que la durée effective moyenne du travail à temps plein en France dépasse déjà les 39 heures, ce qui complique un passage uniforme à 32.

Le rejet de l'obligation réglementaire

Plus parlant encore, 51,8% des répondants s'opposent à une obligation d'expérimenter le format 4 jours dans les entreprises de plus de 500 salariés, contre 25,7% de favorables. Ce refus de la contrainte, même limitée aux grands groupes, confirme une tendance de fond : les Français sont ouverts à l'expérimentation volontaire mais réticents à toute généralisation descendante.

Cette position rejoint ce que mesurait Ipsos dans son baromètre « Les Français et le travail » : une défiance structurelle envers les réformes imposées par le haut, particulièrement forte quand elles touchent à l'organisation quotidienne des entreprises.

Lecture d'ensemble : un sujet mûr mais pas tranché

Trois enseignements se dégagent de cette enquête :

  • Un consensus par défaut : avec 55% de « sans avis » sur la question principale, la semaine de 4 jours n'est pas encore un sujet clivant comme peuvent l'être les retraites ou le temps partiel. Elle reste perçue comme abstraite par une large part de la population.
  • Une logique économique dominante : dès que la réduction du temps de travail touche au salaire, l'opposition s'affirme. La question n'est pas philosophique, elle est budgétaire.
  • Un rejet de la contrainte : même ciblée sur les grandes entreprises, l'obligation d'expérimenter est majoritairement refusée. L'acceptabilité passe par le volontariat.

Pour les employeurs et les DRH, ces chiffres suggèrent que la semaine de 4 jours restera dans les prochaines années un outil d'attractivité différenciant plutôt qu'une norme sectorielle. Pour le législateur, ils confirment qu'une loi généralisant le dispositif rencontrerait une résistance forte, alimentée autant par le scepticisme patronal que par la prudence salariale.

Reste une inconnue : l'effet d'entraînement européen. Si le Royaume-Uni, l'Espagne ou la Belgique amplifient leurs expérimentations avec des résultats positifs documentés, la France pourrait voir cette opinion évoluer rapidement. Les prochaines vagues de sondage permettront de mesurer cette éventuelle bascule.

Questions complémentaires (4 au total avec la principale)

Seriez-vous prêt à baisser de 10% votre salaire pour travailler 4 jours ?

Oui 19,8%
Non 38,6%
Sans avis 41,7%

Votre employeur actuel pourrait-il passer à 4 jours selon vous ?

Oui 37,2%
Non 39,2%
Sans avis 23,6%

Faut-il rendre obligatoire une expérimentation dans toutes les entreprises de +500 salariés ?

Oui 25,7%
Non 51,8%
Sans avis 22,6%

Résultats complets

Chiffres exacts pour chaque question du sondage Info.fr, en pourcentages et en nombres de répondants.

Résultats détaillés — Sondage Info.fr « Semaine de 4 jours » (n = 4 518 répondants).
Question OuiNonSans avis n
La semaine de 4 jours (à 32h sans baisse de salaire) doit-elle devenir la norme en France ? (principale) 18,9%26,1%55,0% 4 518
Seriez-vous prêt à baisser de 10% votre salaire pour travailler 4 jours ? 19,8%38,6%41,7% 3 652
Votre employeur actuel pourrait-il passer à 4 jours selon vous ? 37,2%39,2%23,6% 3 361
Faut-il rendre obligatoire une expérimentation dans toutes les entreprises de +500 salariés ? 25,7%51,8%22,6% 4 201

Les totaux diffèrent selon les questions : certaines sont facultatives ou conditionnelles. Télécharger les données brutes (CSV).

Sources & références

Fiche technique

Sondage en ligne auto-administré sur info.fr du 7 décembre 2025 au 5 février 2026 auprès de 4 518 répondants. Vote unique par utilisateur, dédoublonnage par cookie, empreinte navigateur et hash IP, avec délai de 24 heures entre deux votes depuis un même dispositif. Consultation non représentative au sens INSEE : échantillon auto-sélectionné (lectorat Info.fr), non probabiliste. Intervalle de confiance théorique à échantillon équivalent : ±1.5% (indicatif, non strictement applicable aux sondages opt-in).

  • Échantillon : 4 518 répondants (objectif : 1 500)
  • Période : du 7 décembre 2025 au 5 février 2026
  • Mode : en ligne, auto-administré, sur info.fr
  • Anti-fraude : cookie + empreinte navigateur + hash IP + délai 24h entre votes
  • Représentativité : consultation non représentative au sens INSEE (échantillon auto-sélectionné, non probabiliste). Les résultats reflètent les tendances d'opinion au sein du lectorat Info.fr, pas l'opinion publique française dans son ensemble.
  • Intervalle de confiance théorique : ±1.5% à échantillon équivalent (indicatif, non strictement applicable aux sondages opt-in).
  • Identifiant stable : INFOFR-2026-002

Questions fréquentes

La semaine de 4 jours (à 32h sans baisse de salaire) doit-elle devenir la norme en France ?

55,0% des Français sans avis sur « Semaine de 4 jours ». Selon le sondage Info.fr mené auprès de 4 518 répondants : 18,9% oui, 26,1% non, 55,0% sans avis.

Combien de personnes ont participé au sondage Info.fr sur Semaine de 4 jours ?

4 518 personnes ont participé à ce sondage Info.fr réalisé du 7 décembre 2025 au 5 février 2026.

Comment a été réalisé ce sondage Info.fr ?

Sondage en ligne auto-administré sur info.fr avec dédoublonnage par cookie, empreinte navigateur et hash IP. Consultation non représentative au sens INSEE : échantillon auto-sélectionné (lecteurs d'Info.fr), non probabiliste. La taille de l'échantillon (4 518 répondants) permet toutefois de dégager des tendances d'opinion au sein du lectorat. L'intervalle de confiance théorique à échantillon équivalent est de ±1.5% (indicatif, non strictement applicable aux sondages non probabilistes).

Seriez-vous prêt à baisser de 10% votre salaire pour travailler 4 jours ?

Aucune majorité claire : les indécis l'emportent (41,7% sans avis). Sur les 3 652 répondants à cette question dans le sondage Info.fr, 19,8% oui, 38,6% non, 41,7% sans avis.

Votre employeur actuel pourrait-il passer à 4 jours selon vous ?

Non majoritairement (39,2%). Sur les 3 361 répondants à cette question dans le sondage Info.fr, 37,2% oui, 39,2% non, 23,6% sans avis.

Faut-il rendre obligatoire une expérimentation dans toutes les entreprises de +500 salariés ?

Non majoritairement (51,8%). Sur les 4 201 répondants à cette question dans le sondage Info.fr, 25,7% oui, 51,8% non, 22,6% sans avis.

Puis-je réutiliser ces résultats dans mon article ou mon étude ?

Oui. Les résultats sont libres de réutilisation sous licence CC BY 4.0, sous réserve de mentionner la source : Info.fr, avec lien vers la page du sondage. Citation suggérée : "Selon un sondage Info.fr du 7 décembre 2025 auprès de 4 518 répondants, ..."

Citer ce sondage

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Selon un sondage Info.fr réalisé du 7 décembre 2025 au 5 février 2026 auprès de 4 518 répondants, 55,0% des Français sans avis sur « Semaine de 4 jours ». Source : https://info.fr/sondages/semaine-de-4-jours/
Info.fr. (2026, février). Semaine de 4 jours [Sondage en ligne]. Info.fr. https://info.fr/sondages/semaine-de-4-jours/
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